Memento Mori

Memento Mori
Conce Codina, Aurore Petit
Rouergue, 2021

Mourir, mais avant… vivre!

Par Anne-Marie Mercier

Il faut bien une formule latine pour faire passer le sujet, peu abordé de manière frontale en littérature de jeunesse. « Memento Mori » : Souviens-toi que tu vas mourir, quelle injonction pour un enfant, dira-t-on. Pourtant, et c’est ce que cet album met en scène, ils sont les premiers à se questionner sur la mort et à demander des réponses à des adultes qui bien souvent les éludent.

De la sortie de l’école à son coucher, un jeune enfant interroge : « qu’est-ce qui peut mourir ? », « est-ce que tout ce qui vit meurt ? », « qui meurt », « de quoi on meurt », « ils vont où les gens quand ils meurent ? ».

Certaines questions suscitent des réponses brèves et simples, d’autres plus détaillées (par exemple comment sont mortes des femmes célèbres : Blanche-Neige, Le Petit Chaperon rouge, Marie-Antoinette, la maman de Bambi… (que des femmes, tiens, sauf le dernier de la liste, Dracula !). Certaines, plus complexes, se déploient sur deux doubles pages : la question « c’est comment d’être mort ? » est répétée et les réponses possibles se succèdent, prudentes, intéressantes, imaginantes.
Loin d’être un album sombre, c’est un livre lumineux, saturé de couleurs, qui se termine en s’ouvrant sur la vie, «  Vivre ! » s’étalant en grandes majuscules, avec des taches colorées,  autour d’un enfant qui, au matin, ouvre ses volets sur le blanc de la page.

C’est un beau parcours, philosophique, naturaliste, littéraire et même historique (avec une mention des personnes qui « finissent » au Panthéon).

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