L’Attente

L’Attente
Maïa Brami, Clémence Pollet
HongFei, 2021

Aventure immobile

Par Anne-Marie Mercier

L’attente est un sujet difficile à traiter (à moins de suivre l’exemple de En attendant Godot); on pourrait le croire impossible en littérature de jeunesse où l’on imagine souvent qu’il faut absolument de l’action et des aventures pour intéresser le jeune lecteur. Pourtant, l’enfance est bien un moment où l’on attend beaucoup, et où l’espoir est roi.
Le personnage de ce livre est tout de même un aventurier plongé dans une nature sauvage, et il poursuit un rêve : voir un oiseau de paradis. Il ne s’agit pas de le capturer, ni de le photographier, mais juste de le voir et de s’assurer ainsi de l’existence de cet oiseau de légende. Voilà une belle situation métaphysique. L’oiseau apparait à la fin, décevant, puis se révélant : l’explorateur, désappointé par sa première apparition, l’a-t-il enfin vu sous cette dernière forme ? on ne le sait pas.
Les illustrations de Clémence Pollet, en trois couleurs où différents tons de vert et d’orange dominent, décrivent par elles-mêmes les différents aspects de l’attente : progression, répétition, régression… La monotonie du décor, les yeux hallucinés de l’explorateur derrière ses jumelles, la déconstruction du paysage de jungle qui accompagne son délire et enfin la vision finale de l’oiseau en parade, sont autant de grands moments de cette histoire qui est bien une aventure, finalement.

M comme la mer

M comme la mer
Joanna Concejo
Traduit du Polonais par Margot Carlier
Format, 2021

Profondeurs

Par Anne-Marie Mercier

M est un jeune garçon. M est aussi la mer.
M est face à la mer, il se souvient de son enfance, il s’inquiète de son adolescence à peine entamée, il s’interroge sur ce qu’il y a au-delà de la mer.
Les rares pages de texte dans cet album au grand format sont insérées au milieu d’images (pastels, aquarelles, crayons de couleur ?) représentant la mer sous différents éclairages, dans différents états, du calme plat à l’agitation, bordée de sable ou occupant toute la page, toujours profonde. La mer avec ses coquillages et ses belles algues, et ses châteaux de sable au milieu de tout un ensemble : une ville de sable, en dernière page, prouvant bien que l’enfant est devenu grand et qu’il aimerait passer à autre chose.
On retrouve le style délicat de Joanna Concejo, décliné ici dans plusieurs techniques, tout entier dédié à la mer, où les notions de vide et de plein n’ont plus de sens et où sous la surface, des êtres étranges comme des pensées s’agitent. L’album offre une superbe plongée dans l’âme tourmentée d’un enfant qui ne l’est plus (enfant) ou qui ne voudrait plus l’être et une bouffée de nostalgie aux adultes : les images sépia imitant de vielles photographies et ressuscitant des lumières jamais oubliées évoquent tous nos étés… à la mer.

Voir une très jolie vidéo et une belle analyse sur le Blog du « petit carré jaune ».

 

Jefferson

Jefferson
Jean-Claude Mourlevat
Gallimard jeuness (folio), 2021

Du vent dans les saules version polar militant

Par Anne-Marie Mercier

La parution d’un roman de Jean-Claude Mourlevat est toujours un événement, tant cet auteur possède un style fluide, une belle langue et excelle dans différents genres. Ici, il travaille le genre policier, proche même du thriller : Jefferson, le héros, un hérisson, découvre le corps de son coiffeur (un blaireau) assassiné et se débrouille si mal avec cette situation qu’il est accusé du meurtre. Il s’enfuit, et avec l’aide de son ami Gilbert (un cochon), il enquête au pays des humains pour trouver les vrais assassins. Filatures, enlèvement, torture même, et suspens fort ancrent le récit dans le genre de façon décidée.

La particularité de ce roman est qu’il mêle des pays aux populations différentes : l’un est celui des animaux, très anthropomorphisé : Jefferson a un pantalon (il fait pipi dedans plusieurs fois d’ailleurs), une maison, des objets, et va chez le coiffeur, par exemple, et il sera question de parapluies… Les animaux ont des activités proches de celles des humains, comme participer à un voyage organisé pour visiter une belle ville et loger à l’hôtel.
C’est justement le moyen que Gilbert trouve pour faire voyager Jefferson incognito, en l’inscrivant avec lui à un voyage qui les emmène visiter la ville où se trouvent les meurtriers. Les épisodes sont très drôles, chacun des participants a un petit (ou gros) travers, une manière de gripper l’organisation ; la patience de la jeune guide humaine est mise un peu à l’épreuve.
Sans en révéler davantage, on signalera aux parents qui feront lire ce livre à leur enfant qu’il risque bien de devenir végétarien après cette lecture. En effet, au-delà des genres du polar et du gentil roman animalier, Jefferson est un roman à thèse qui condamne fortement la consommation de viande et la présente comme un archaïsme dont l’humanité va se défaire peu à peu. Roman prophétique ?

Lou et l’agneau La Famille Dodo

Lou et l’agneau
La Famille Dodo
M.B. Goffstein
Didier jeunesse (« Cligne cligne »), 2019

Petits trésors américains des années 60

Par Anne-Marie Mercier

Ces petits bijoux, joliment traduits en français et publiés dans la collection « Cligne cligne » de Didier qui réédite des chefs d’œuvre oubliés de la littérature de jeunesse, datent l’un de 1966 (Sleepy People) pour l’édition originale, l’autre de 1967 (Brookie and her lamb). Dessin minimal, un simple tracé à l’encre noire sur fond blanc qui esquisse les silhouettes de l’enfant et de son agneau apprivoisé, silhouettes  remplies de gris aquarellé pour la famille Dodo, et histoires minuscules dans un petit format cartonné élégant.

Dans Lou et l’agneau, on présente un agneau à qui une petite fille, Lou (beau jeu de mots évoquant la fable, mais aucune violence ici), a appris à chanter et à lire : mais chaque fois on constate que son seul répertoire est « Bêê, bêê bêê ». N’importe, Lou en est contente et une jolie promenade et des scènes de tendresse le prouvent.

Sleepy People/ La Famille Dodo est plus onirique (forcément) : quatre personnages, dans lesquels on reconnait un père, une mère et deux enfants, vêtus d’une chemise de nuit et d’un bonnet de nuit dorment tout le temps et partout, dans une pantoufle, par exemple. Le récit est proche de comptines évoquant bâillements, étirements, sommeils et chocolats chauds, et s’achève avec la berceuse chantée par maman Dodo, qui endort à coup sûr les bambins.

Les deux livres sont très charmants, une petite bibliothèque idéale pour rire le jour des apprentissages (cet agneau est à l’image de l’enfant qui entre à l’école) et s’endormir au soir.

Rappelons, dans la même collection le très bel album, atemporel lui aussi, de Margaret Wise Brown illustré par Rémy Charlip, Une Chanson pour l’oiseau. Une troupe d’enfants trouve un oiseau mort, s’interroge, et décide de l’enterrer joliment. Ils chantent une petite chanson « comme font les adultes comme quelqu’un meurt » et passent à autre chose. Voir la chronique de François Quet sur lietje.

Atlas des lieux littéraires

Atlas des lieux littéraires
Cris F. Oliver, J Fuentes (ill.)
Traduit (espagnol) par Françoise Bonnet
Éditions Format, 2021

Embarquement immédiat

Par Anne-Marie Mercier

Plutôt qu’un Atlas, il s’agit d’un guide touristique : il propose différentes destinations pour lesquelles on indique comment d’y rendre, quoi mettre dans ses bagages, quels lieux visiter, où dormir, où manger, le moyen de communiquer avec les habitants, une géographie sommaire (de belles cartes stylisées, réalisées par J. Fuentes aident à se repérer), des renseignements sur l’économie, la religion ou le régime politique… Des conseils sur ce qu’on peut acheter et ramener chez soi comme souvenirs de voyages.
Il donne aussi divers conseils, et parfois insiste sur le fait qu’il vaudrait mieux ne pas se rendre dans cet horrible pays (ceux de 1984, ou de Hunger games, par exemple) ; si l’on passe outre, on bénéficie de quelques conseils de survie, tirés de l’expérience des héros des romans.
Tous ces éléments, courants dans les guides de voyage, sont bien plus complexes ici puisqu’il s’agit de pays imaginaires. En effet, même si on y trouve le Londres de Sherlock Holmes et les villes du sud de l’Angleterre fréquentées par les héroïnes de Raison et sentiments de Jane Austen, la plupart des lieux sont purement fictifs et souvent improbables : la majorité des romans sont des ouvrages de fantasy ou de science-fiction et souvent défient les lois d ela logique et de la géographie : Le Pays des merveilles de Carroll, La terre du milieu de Tolkien, le pays d’Oz, Le Château de Hurle, le Pays imaginaire de Barrie, Westeros, Poudlard, les Royaumes du Nord… A ces romans très connus s’en ajoutent d’autres qui le sont moins et que l’on découvre avec la grande envie de s’y plonger. L’ouvrage ne fonctionne pas comme une suite de résumés permettant de connaitre sans lire, mais comme une invitation à entrer dans ces livres.
L’auteure réussit un tour de force en résumant les conditions d’accès à ces pays en quelques lignes de manière précise et drôle : comment en effet se rendre au pays imaginaire d’Alice, dans celui de Peter Pan, ou bien à Lilliput et Blefuscu? Même chose pour le retour : par exemple, si vous décidez de faire un Voyage au centre de la terre, il vous suffira d’attendre qu’une explosion volcanique vous expulse.
Chaque univers est traité en quatre pages, dont une d’image, avec des rubriques qui varient d’un pays à l’autre : comment s’orienter, comment survivre, comment voyager, la flore et la faune… On voit que l’auteure connait parfaitement les univers qu’elle décrit et sait choisir les traits saillants, les incohérences, les merveilles. C’est souvent extrêmement drôle (notamment sur  Peter Pan). La dernière rubrique intitulée « le saviez-vous » donne des renseignements précis sur l’auteur, la conception de l’œuvre, la place de l’intertextualité ; tout cela est très intéressant.
À savourer de 7 à 107 ans.

Feuilleter sur le site de l’éditeur

 

Le Magichien

Le Magichien
Ramadier et Bourgeau
L’école des loisirs (« Loulou et cie »), 2021

Abracadabra !

Par Anne-Marie Mercier

Le Magichien est un petit chien qui, sur une scène, invite le lecteur-spectateur à chercher avec lui le chat qu’il a fait disparaitre d’un coup de baguette. Il faut s’exclamer à chaque étape « Abacadacha ! » et trouver quel rabat actionner. Chaque étape fonctionne avec un dispositif différent et fait surgir un animal étonnant, de plus en plus gros et de plus en plus effrayant (enfin, pas trop).
Si le jeu sur les mots risque d’être peu compris, notamment pour des enfants qui ne sont pas accoutumés à la formule « Abacadabra », et peut-être au mot magicien,  tout le reste est bien adapté à un tout jeune lecteur, qui, mieux qu’un adulte saura soulever des rabats, les écarter, les abaisser… Les couleurs vives, les formes simples, la répétition et la surprise sont un délice.
Et bien sûr, à la fin on retrouve Minette, sous le chapeau du magicien… Bravo, bravo !

Va-t-en, Grand Monstre Vert !

Va-t-en, Grand Monstre Vert !
Ed Emberly
Kaléidoscope, 2021

Grosse Colère
Mireille d’Allancé
L’école des loisirs, 2021

Belles rééditions

Par Anne-Marie Mercier

Publiés l’un en 1996 (Kaléidoscope) et l’autre en 2000, ces deux rééditions sous la forme d’albums carrés et cartonnés arrivent au bon moment, dans une période où l’on travaille de plus en plus sur l’expression des émotions. Chacun travaille la question de manière différente mais efficace et ces sont des albums qui ne laissent pas les enfants indifférents, suscitant souvent d’abord un sentiment de crainte, puis de jubilation.
La peur est bien présente dans Va-t-en, Grand Monstre Vert !, mais elle est contrôlée : c’est le fait de tourner les pages qui fait apparaitre puis disparaitre le monstre : on voit d’abord ses yeux, puis son nez, puis sa bouche (avec de grandes dents…), etc., et on les fait disparaitre dans l’ordre inverse où ils sont apparus, toujours en tournant les pages. Ce beau travail de découpe peut inspirer les artistes et bricoleurs en herbe, mais surtout il aide à conjurer la peur en se rendant maitre de ce qui la provoque.

Grosse Colère est un livre métaphorique dans lequel la colère d’un enfant sort de sa bouche sous la forme d’un jet de vapeur rouge pour former une créature nommée « la Chose ». Elle se fait le double de l’enfant et exprime sa rage, cassant tout dans sa chambre, jusqu’à son jouet préféré. Lorsque l’enfant comprend les conséquences de ses actes, il se met à réparer, défroisser, soigner ces objets malmenés, avant de se réconcilier avec son entourage. Pas de condamnation ni de jugement, mais une histoire simple dans laquelle l’enfant est seul face à cette « chose » qui le dépasse. Situation angoissante, dissociation inquiétante, certes, mais parlante.
Dans ces deux albums, l’enfant oest mis face à son émotion et arrive à la canaliser ou à la mettre à distance. Reste à aider le lecteur à franchir ces pas au moment d’aborder ces émotions fortes.

La Honte de la galaxie

La Honte de la galaxie
Alexis Brocas
Sarbacane, 2021

Une Laureline sans Valérian

Par Anne-Marie Mercier

L’héroïne de ce roman, Meryma, est une rebelle qui a échoué dans une planète poubelle et qui se réfugie dans la Spéculine, une drogue qui nourrit la nostalgie en permettant de revivre des moments du passé, des moments heureux quand on n’en a pas trop abusé, des cauchemars quand on a un peu exagéré. Meryma cherche à retrouver son enfance, sur une planète verte et belle, avec une mère perdue trop tôt et un message de celle-ci qui ne lui est pas resté. En revanche, elle ne cherche pas à retrouver ses heures de gloire en tant que capitaine, pilote virtuose de la Flotte de l’Empire, dans la guerre interminable contre les Patriens, qui implique de nombreuses galaxies.
À 17 ans, Meryma semble avoir sa vie derrière elle et vivre dans une solitude presque complète. Celui qu’elle appelle l’Orphelin, un enfant des rues qu’elle a sauvé, est son seul lien heureux avec le monde réel. Un complot extrêmement complexe la propulse à nouveau aux commandes d’un vaisseau et à la rencontre d’ennemis, certains connus, d’autres inconnus et très mystérieux. Manipulée mais incontrôlable, elle rebondit de défi en défi, d’amour en haine et retour. La liberté, l’indépendance, la poésie des grands espaces, la curiosité inlassable guident Meryma de découverte en découverte et le lecteur avec elle. On rencontre les Patriens, intéressants démocrates clonés, qui luttent contre cet Empire autoritaire dominé par les femmes, on aborde des êtres étranges qui naissent dans des arbres gigantesques, on a du mal à comprendre ce que sont les Veilleurs étranges de Nixte. On voit des planètes exploser, avec tous leurs habitants, des mondes s’effondrer.
Que les espaces infinis sont beaux, même quand ils sont menacés. C’est un magnifique voyage, au long de plusieurs centaines d’années : certains personnages hibernent, mais pas tous en même temps, cela donne des retrouvailles curieuses ; Meryma reste toujours jeune, elle. Enfin, les relations qui l’unissent à son vaisseau, mêlées de complicité et de tensions, sont un charme supplémentaire de cette belle Odyssée du futur, paradoxalement pleine de nostalgie.

Olympia Kyklos

Olympia Kyklos
Mari Yamazaki
Traduit (japonais) par Ryoko Sekigushi et Wladimir Labaere
Casterman, 2021

L’important c’est de participer ?

Par Anne-Marie Mercier

Publié au Japon en 2018, ce petit manga anticipait largement sur les Jeux Olympiques, de cet été 2021. On se tromperait si l’on pensait qu’il s’agissait pour l’auteure de mobiliser par avance l’enthousiasme de ses compatriotes : elle n’aime pas le sport, et ça se voit.
On rit beaucoup des situations ridicules, de la compétition et du regard très distancié qu’elle porte sur les épreuves : le premier épisode montre une course à l’oeuf, inspirée de compétitions de village modernes, très drôle.
Comme dans ses ouvrages précédents (voir Thermae Romae), l’intrigue associe monde antique et monde moderne. Démetrios, peintre sur céramique médiocre, est projeté à plusieurs reprise de sa Grèce du IVe siècle avant J.C. à l’année en 1964, pendant laquelle se sont déroulés les  premiers Jeux de Tokyo. Il est amoureux en secret d’Apollonia, la fille du chef du village, et n’aime que batifoler avec un dauphin. Ses capacités physiques font qu’à plusieurs reprises les autorités du village le forcent à concourir, ou à se battre en tant que champion. Il est sauvé par ses incursions dans le monde moderne où il découvre la course à l’œuf, la barbe à papa, les brochettes de poulet, la beauté de la course et du dépassement de soi pour le seul amour de l’effort.
Le scenario tient essentiellement par l’humour des situations mais on trouve tout de même une réflexion intéressante sur le sport de compétition. Les dessins sont, comme toujours avec cette auteure, l’atout principal de l’ouvrage, mais on est amusé par la pudeur qui fait que les sexes masculins, présents sur les oeuvres antiques, sont absents lorsqu’elle représente ses personnages : voilés par des pans de vêtements ou parfois inexistants, comme sur les poupées d’autrefois… pudeur japonaise ou adaptation française ?

Le Poisson qui me souriait

Le Poisson qui me souriait
Jimmy Liao
HongFei, 2021

Mon ami l’axolotl

Par Anne-Marie Mercier

Comme dans la nouvelle de Julio Cortàzar, un homme solitaire tombe en arrêt devant un bac d’aquarium dans lequel un poisson semble le regarder, et lui sourire. Le voilà son ami.
Il l’emporte chez lui dans un petit bocal rond, et passe son temps à le contempler. Ce poison qui sourit est d’après lui « aussi dévoué qu’un chien et affable qu’un chat. Attentionné comme une amoureuse. »
Un rêve emporte l’homme dans une course heureuse et libre, à la suite de son ami qui l’entraîne dans la nature jusqu’à la mer. Mais le rêve se transforme en cauchemar : il se découvre enfermé  dans un bocal en verre et comprend qu’un poisson, encore plus qu’un chien, un chat, ou une amoureuse, ne doit pas être enfermé si l’on veut qu’il continue à vous sourire.
Magnifiques, les pleines pages de bleu océan ou de nuit de rêve entraînent le lecteur dans une réflexion sur la solitude, une rêverie heureuse, puis inquiétante. Le visage de l’homme, très expressif, apporte une touche de rose et de vie. Les vignettes rythment le récit et donnent chair à cet homme ordinaire, miroir de la condition de ceux qui sont seuls, séparés de la nature, et qui cherchent désespérément un sourire, un visage ami à contempler, un être vivant qui les raccroche au monde.

Pour entendre (en VO) Jimmy Liao présenter son livre et les circonstances de son écriture