Le Gecko vert de Manapany

Le Gecko vert de Manapany
Yves-Marie Clément, Simon Bailly
Éditions du Pourquoi pas, 2020

Fable réunionnaise écologique

Par Anne-Marie Mercier

Que découvre-t-on le mieux dans cet album ? La flore et la faune de l’île de la Réunion ? un petit lézard vert fort sympathique qui se nourrit de moustiques ? Les vertus de l’argumentation par l’exemple ?
L’argument (ne pas utiliser des pesticides mais tenter de trouver des moyens naturels pour les remplacer) est porté par une jolie histoire de voisinage : des enfants arrivent à transformer leur nouveau voisin, Monsieur Raltoultan et à faire de lui un amoureux de la nature, comme eux. Les illustrations montrent cette belle nature en alliant vert et bleus dans un décor aux lignes simples et proposent ainsi un très joli voyage qui donne envie de découvrir les lieux où vit ce petit Gecko dont l’espèce est menacée d’extinction.

Ma Petite Mésange

Ma Petite Mésange
Gerda Muller, Sophie Chérer (texte)
L’école des loisirs, 2020

Petit doc pour petits oiseaux

Par Anne-Marie Mercier

Avec une légère trame fictive (une petite mésange appelée Tulip, des grands parents mignons dans une maison à la campagne avec une deux-chevaux, un petit-fils en vacances) cet album présente la vie des mésanges, d’une saison à l’autre, en commençant par l’hiver où l’on voit le couple d’humains fournir des graines aux oiseaux.
Au printemps, « Tulip est amoureuse » et fonde une famille avec Pitiou. Des petits naissent, on assiste à leur croissance et à leurs progrès – tous ne survivent pas – et à leur envol loin du nid.
On voit comment nourrir les oiseaux et avec quoi (pas de miettes de pain !). On voit Julien et son grand père (et la grand-mère alors, elle ne bricole pas ?) confectionner un nichoir et un bel abri à graines dans l’atelier. Et surtout on voit les délicieuses images de Gerda Muller où plumes et poils font de soyeux effets. On avait beaucoup aimé son talent et ses images un peu surannées dans La Fête des fruits, on le retrouve ici concentré sur les mésanges et sur d’autres petits oiseaux représentés eux-aussi très délicatement (troglodytes, roitelets…), tantôt sur fond blanc comme dans une encyclopédie, tantôt dans un décor simple proposant des fonds aux couleurs intenses et variées.

 

 

La Fête des fruits

 

Mona aux doigts de miel

Mona aux doigts de miel
Marie Zimmer illustrations de Madeleine Pereira
Editions du Pourquoi pas ? 2020

Le merveilleux voyage de Mona au sein de la ruche

Par Michel Driol

En visite avec sa classe chez un apiculteur, Mona se retrouve sur le dos de Meline, qui la conduit au sein de la ruche dont elle est reine et où on a besoin d’elle pour un travail bien spécifique : écrire des slogans sur les banderoles que les abeilles utiliseront pour manifester et dire qu’elles sont en danger.

A travers ce récit merveilleux se pose la question de l’urgence de la sauvegarde des insectes, des abeilles en particulier, menacées par les insecticides. Pourtant, le texte est plein de légèreté. Mona, la narratrice, est une enfant ordinaire que rien ne prédisposait à vivre cette aventure. Chacun pourra donc s’identifier à elle. Avec une certaine naïveté, elle subit sa miniaturisation, et découvre dans la ruche un univers organisé, où chacun a un travail à accomplir. Il y a là comme un clin d’œil à tout un pan de la littérature de jeunesse qui vise d’abord à instruire en faisant découvrir un univers étranger, et on retrouve là les techniques et les codes de nombreux récits. Mais, tout en respectant l’univers des insectes, il y a aussi comme une façon de les anthropomorphiser et de rapprocher leur univers de celui des hommes, mieux connu par l’enfant lecteur : si la ruche est une usine, pour la sauvegarder, il convient de manifester, de se chercher des alliés (Mona, choisie pour ses qualités d’écriture). Enfin, la conclusion, explicite, incite à faire un pas vers l’autre pour dominer ses peurs en le connaissant mieux. Les illustrations mettent l’accent sur le côté enfantin de l’univers représenté (abeilles qui sourient…), mais aident aussi à prendre conscience de la transformation des campagnes par une agriculture chimique mécanisée.

Un récit fantastique destiné aux jeunes enfants, au service de la défense de la cause des abeilles.

 

Mon petit carré de terre

Mon petit carré de terre
Cathy Ytak Illustrations de Christelle Diale
Editions du Pourquoi pas ? 2020

Il faut cultiver notre jardin

Par Michel Driol

Pour son anniversaire, Tilo fait construire, par sa mère, un petit jardin dans une caisse en bois sur le balcon de l’appartement qu’ils occupent, avec sa sœur, au 9ème étage d’une cité de béton. Malgré les sarcasmes de sa sœur, qui souhaiterait un jardin potager, il plante quatre bégonias, et voit, avec surprise une cinquième fleur pousser… qui s’avère être une carotte que l’on mange en famille.

Publié dans la collection [Pourquoi pas la terre ?], ce récit familial à la première personne – le narrateur est Tilo – repose sur une intrigue minimaliste pour aborder les problématiques liées à notre rapport avec la nature. Devant la plante inconnue qui apparait sans son jardin, Tilo est condamné à choisir entre la laisser pousser et la traiter comme une mauvaise herbe. D’un côté, il y a la grande sœur, dont toutes les paroles semblent motivées par l’envie de s’opposer à son frère, qui propose de l’arracher. De l’autre, il y a Tilo, qui cherche quelle peut être cette plante sans grâce, et qui lui laisse une chance. De façon simple, c’est le thème d’une certaine  biodiversité qui est ici abordé, en incitant à laisser la nature libre de se développer, pour, finalement, apporter aux hommes plus que ce qu’ils en ont souhaité. Cette parabole vaut aussi par l’arrière-plan parfaitement évoqué par Cathy Ytak, avec un soin apporté à l’évocation des petits détails de la vie quotidienne dans un immeuble (balcon servant à faire sécher le linge, ascenseur souvent en panne…), et dans la peinture des relations au sein de cette famille monoparentale au travers de dialogues vivants, souvent plein d’humour et expressifs. Les illustrations de Christelle Diale, très colorées, jouent à la fois sur le réalisme dans la représentation de la ville, des plantes, et l’imaginaire en exprimant le lien entre les plantes et l’homme. Elles se découpent souvent en petites vignettes qui mettent l’accent sur le travail, ou le temps qui passe. Enfin, elles proposent un parcours entre une ville grise au début et une ville où poussent les fleurs à la fin.

Un récit simple et efficace pour contribuer à sensibiliser les enfants à l’importance du jardin… qui se termine par une recette de salade de carottes à l’orange !

La vieille Herbe folle

La vieille Herbe folle
Jo Witek Illustrations de Léo Poisson
Editions du Pourquoi pas ? 2019

Il faut cultiver notre jardin…

Par Michel Driol

Un jour où l’on verse des produits chimiques pour faire pousser les plantes, Tonio,  le fils du maire rencontre une vieille femme mystérieuse, qui a le pouvoir de redonner la vie aux arbres. Elle s’installe dans la forêt, où tout le monde la prend pour une folle. Mais, un jour, les récoltes ne donnent plus, malgré des quantités de produits chimiques de plus en plus importantes déversées. Cette vieille femme en est-elle responsable ? Oui, pensent les gens du village. Non, pense le fils du maire, qui pense qu’elle détient la solution. Mais on ne l’écoute pas. En discutant avec elle, il apprend ce qu’il faut pour faire pousser les plantes. Longtemps après, elle a disparu, mais il est devenu jardinier.

Jo Witek traite ici du problème de la nécessité d’une conversion écologique de l’agriculture à travers un conte à la fois merveilleux, par le personnage de cette femme, fée-sorcière aux pouvoirs magiques, et complétement ancré dans la réalité d’une agriculture productiviste, à base d’intrants chimiques, et de ces acteurs, paysans, qui en sont les premières victimes. Le texte est porté par l’enfant narrateur, devenu adulte, qui constate, émerveillé ce que peut l’étrangère, seule femme dans un monde purement masculin (le père, maire, les agriculteurs réunis au café) et qui va lui donner la recette pour que les plantes poussent. Recette à la fois simple et naturelle, du temps et de l’amour envers la nature, dont le héros découvre la diversité et la beauté dans un voyage merveilleux autour du monde. La technique du conte invite à faire un pas de côté, à utiliser les ressources de l’imaginaire pour amener chacun à prendre conscience de la nécessité d’une rupture avec une forme d’agriculture. C’est là la force de ce texte, qui mêle habilement différents ingrédients narratifs : un personnage allégorique, le sentiment de liberté de l’enfance réfugiée dans une cabane dans les arbres, le désespoir  des adultes victimes d’un modèle économique qui les rend impuissants à trouver les vraies causes de leurs problèmes, le souvenir d’une rencontre qui a changé la vie du héros. Ce texte particulièrement riche et complexe est illustré avec force et sensibilité par Léo Poisson, qui renforce les propositions du texte : scène de guerre pour les traitements chimiques, avec des géants masqués déversant les intrants, techniques des bulles de la Bd pour illustrer les propos tenus dans le café et surtout utilisation des courbes pour montrer le lien intrinsèque entre la nature, les arbres et l’étrangère, ces courbes formant à la fin un cocon à l’image des planètes dans lequel le héros se réfugie.

Un magnifique conte, plein d’optimiste, pour dire aux futures générations  qu’il faut, comme un jardinier, prendre soin de la nature et non l’asservir.

Au fil de l’eau

Au fil de l’eau
Julia Billet illustrations de Célia Housset
Editions du Pourquoi pas ? 2019

Comme un remake du conte du petit poisson d’argent

Par Michel Driol

L’histoire est toute simple : un enfant et son Papé sur une barque libèrent un petit poisson emprisonné dans un sac plastique.

Edité dans la collection Pourquoi pas la Terre, cet album met bien sûr l’accent sur les menus gestes du quotidien qui polluent, détruisent la vie dans les rivières et les océans, mais aussi sur les actes minuscules d’attention à la nature qui peuvent y remédier. Le tout sans moralisation, sans didactisme, simplement par le constat et dans une langue particulièrement poétique et travaillée. C’est bien cette langue qui fait le charme de cet album et lui permet d’échapper à une vision du monde trop simpliste, en rapprochant l’histoire du conte poétique.

On suit ainsi au début et à la fin du texte l’anaphore au fil de l’eau, introduisant à  une vision quasi idyllique de la nature et de la rivière. Quant au milieu du texte, il est constitué par le sauvetage du poisson, traité sous forme d’injonctions adressées par l’enfant à son grand père. Ces injonctions, si elles donnent à voir en la commentant l’action sont aussi écrites dans une langue qui fait appel aux répétitions, aux jeux sur le lexique et les sonorités (Poche, pochon, piège à poisson), aux questionnements de l’enfant face à l’indifférence de ceux qui ont pu ainsi mettre en danger la vie du poisson. Ce dispositif met aussi l’enfant au cœur de l’action, non pas comme étant celui qui agit directement, mais celui qui a le pouvoir de faire agir les adultes. Les illustrations de Célia Housset, souvent en double page, utilisent des couleurs très vives, dans des dominantes bleues et rose/rouge, avec une force qui fait penser à l’expressionnisme – voire au néo-expressionnisme – allemand, comme une façon de lancer un cri d’alerte.

Un album qui s’adresse aux plus jeunes, pour montrer que nous pouvons tous, à notre niveau, agir pour la planète.

Nip et Nimp en voiture

Nip et Nimp en voiture
Lionel Serre
Les fourmis rouges, 2019

« Deux amis » en 2020 : des écolos urbains

Par Anne-Marie Mercier

Nip et Nimp sont deux amis qui vivent dans la ville tranquille de Normal et ont pourtant bien des aventures. Ici, c’est avec trois histoires à bord d’une voiture qui s’appelle, évidemment, Simone.
Au volant de Simone, Nimp défie Frim qui terrorise et assourdit la ville avec son bolide. Nip le sauve du ridicule dans une morale proche du lièvre et de la tortue mais qui met à jour le système « frime », qui a tant de place aujourd’hui.
Les deux amis luttent contre la nouvelle autoroute qu’ils n’ont pas vue venir. Pour sauver leurs ami/es les bêtes transformées en crêpes par les bolides, grâce à une astuce toute simple (vive le bricolage !), ils transforment l’asphalte en espace piétonnier.
Partis pour la mer, ils vivent le cauchemar des bouchons, des parkings bondés et découvrent la présence de Frim, partout : la solution sera dans l’abandon au hasard et à la générosité discrète de la nature.
Ces fables écolos sont portées par un rythme endiablé, un dessin aux contours arrondis et aux couleurs qui flashent, proches (en moins complexe, tout de même) des dessins de style psychédélique. Le grotesque des dessins comme des situations dévoile avec humour la folie de notre temps.
Ces histoires reprennent les personnages d’un premier volume, intitulé La Journée de Nip et Nimp en s’adressant à des enfants légèrement plus âgés, avec des récits plus développés.

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Phalaina

Phalaina
Alice Brière-Haquet
Rouergue, 2020écologie

Thriller écologique : le dépassement de Darwin

Par Anne-Marie Mercier

Le début de Phalaina a des allures de « dormeur du val » : une gracieuse enfant marche seule dans une belle lumière d’automne, mais petit à petit des indices d’une catastrophe récente et d’un danger proche émergent et voilà un engrenage implacable lancé. Des assassinats violents se succèdent, générant autant de fuites de la fillette.  On est donc dans un thriller, et celui-ci est très réussi : le suspens est permanent, très efficace, et les rebondissements de l’intrigue sont souvent inattendus.

La petite fille, orpheline et muette, a des allures d’Oliver Twist. Il est question de détournement d’héritage, de savants un peu fous… La fillette se cache et est enfermée dans divers lieux, dont un horrible orphelinat dirigé par des religieuses. Elle y endure de nombreuses souffrances et apprend qu’elle ne peut se fier à personne ou presque : l’amitié et la bienveillance qui finissent par émerger dans cette noirceur sont incarnées par de magnifiques et étranges personnages, autre originalité du livre. Enfin, on découvrira seulement à la fin du roman, comme il se doit, de qui elle est la fille.
Enfin, l’arrière-plan du roman et sa thèse est celle d’une réflexion sur la cohabitation des humains avec les animaux et d’une condamnation de la prédation générale menée par l’humanité. Des métamorphoses, l’idée de l’existence d’une espèce intermédiaire entre l’homme et l’animal, d’une hybridation possible, ouvre ce beau roman sur la voie du fantastique et de la poésie.
Le récit est entrecoupé de lettres que le savant (dont on a découvert le corps assassiné au premier chapitre) avait écrites à son ami Darwin, qu’il avait accompagné dans son voyage à bord du Beagle. Chacune de ces lettres est une invitation à la réflexion :
« Chaque espèce, chaque race, possède  son propre système de survie adapté à son environnement. Certains choisissent l’attaque et deviennent des prédateurs. […] D’autres espèces préfèrent s’économiser et adoptent un comportement défensif. Ils sont a priori plus fragiles, mais la nature leur propose d’autre armes. Le camouflage, par exemple ».
Ainsi en va-t-il du phalène, papillon de nuit qui donne son titre au roman. La réflexion sur l’animal débouche sur une réflexion large sur la « sélection naturelle » théorisée par Darwin appliquée aux humains. La société est devenue l’environnement naturel des humains, au point que la mode peut y jouer le rôle du camouflage ou de son inverse : « la sélection est devenue culturelle. Elle n’en est pas moins impitoyable ».

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Vert. Une histoire dans la jungle

Vert. Une histoire dans la jungle
Stéphane Kiehl,
De La Martinière jeunesse, 2019

La couleur de l’espoir ?

Par Anne-Marie Mercier

Au commencement, dans l’album et dans les mots, il y a le vert, du vert partout. Le narrateur, un enfant, arrive du « nord » pour s’installer avec sa famille dans la jungle. Il découvre un pays merveilleux où la nature s’offre à eux, menaçante parfois, mais toujours belle et vivante, parcourue par les éléphants, mais aussi les tigres. Les pages sont couvertes de ce vert qui couvre le blanc de la page : ne reste que l’espace nécessaire au texte.

L’album est le récit d’une déforestation, lente au début avec l’arrivée d’autres habitants, la création d’un village. Le blanc gagne progressivement l’image ;  il laisse aussi la place au noir, celui des souches des arbres que l’on a abattus. Si le vert revient, c’est sous la forme du fantasme, à travers le personnage du tigre, revenu grâce au récit de l’enfant devenu adulte: les couleurs reviennent, présentes dans l’image mais absentes dans le réel décrit par un récit plein de nostalgie.

C’est un bel album, elliptique, qui dit la fragilité de notre monde sans dogmatisme, à travers un simple exemple. Il laisse aussi de la place à l’imaginaire à travers la force de l’évocation par les mots et les images d’un paradis à jamais perdu : le nôtre, demain ?

La Forêt d’Alexandre

La Forêt d’Alexandre
Rascal
A pas de loups 2017

Etre un glaneur de rêves (Patti Smith)

Par Michel Driol

Comptable de profession, Alexandre rêve de planter un arbre dans un terrain aride. Si tous le prennent pour un fou, Alexandre persévère et voit grandir son arbre, à force de soins et d’attentions. Alexandre n’est plus, mais son arbre est toujours là, dans une forêt qui porte son nom désormais car son exemple a été suivi.

On pense bien sûr au Giono de L’Homme qui plantait des arbres.  Mais, à la différence d’Elzéard Bouffier, Alexandre ne plante qu’un arbre. Le texte, plein de sobriété, prend son temps pour raconter cette histoire d’amitié entre un homme et un arbre en jouant d’une vaste gamme de temps du passé, depuis le plus que parfait jusqu’à l’imparfait et au passé simple, qui installent avec poésie la narration dans la durée, alors que la fin au présent ouvre sur le monde actuel.  Ainsi la vie avance petit à petit, le rêve devient réalité, et l’arbre se métamorphose en abri, en rendez-vous pour les amoureux, ou en terrain de jeu pour les enfants, au point que l’arbre est un témoignage d’une foi et d’une action et qu’il survit à son « créateur ». Les illustrations, pleines de douceur dans leurs teintes pastel semblent pour nombre d’entre elles inclure une texture d’écorce. Elles évoquent sans doute aucun Magritte : silhouettes, pipe, tendance au surréalisme comme cette pelle dont le manche est un arbre… Elles introduisent dans l’univers poétique du rêve où tout devient possible et ouvrent à un autre monde possible.

Un bel album qui parlera à certains d’écologie et de la nécessité de replanter des forêts, et qui dira à d’autres qu’il faut réaliser ses rêves, quoi qu’on puisse en penser autour de soi.