La guerre des livres

La guerre des livres
Alain Grousset

Gallimard, Folio Junior, 2009, 2013

Book wars

Par Christine Moulin

product_9782070651009_244x0Voici une réédition d’un roman d’Alain Grousset. Le problème qu’il abordait il y a quatre ans en est encore un: faut-il craindre la disparition des « vrais » livres, sur papier? le tout numérique est-il dangereux? On se doute un peu de la réponse… Mais l’argumentation n’est pas pesante. Parce qu’elle se développe au sein d’un récit de science-fiction digne des aventures de Lucas avec combats (celui qui ouvre le roman est un modèle…), factions, empereur, fille d’empereur, héros en forme de Jedi (Shadi), faux traîtres, vrais traîtres, et même quelques maîtres (certes moins pittoresques que Maître Yoda mais quand même…). Autre charme: le décor est un labyrinthe borgésien, une immense bibliothèque qui renferme tous les livres (ou presque) de l’univers. De quoi rêver… Enfin, en exergue de chaque chapitre, figurent des citations sur la lecture, certaines assez connues (« Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux », Jules Renard), d’autres peut-être moins (?) (« Les livres nous obligent à perdre notre temps de manière intelligente », Mircea Eliade), en tout cas, toutes très belles (« Lire, c’est aller à la rencontre d’une chose qui va exister », Italo Calvino).

La Fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada

La Fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada
Christophe Nicolas, Guillaume Long
Didier jeunesse, 2013

La lecture est un jeu…

Par Anne-Marie Mercier

tagadaComment décrire cette « méthode » de lecture ? Son titre en dit beaucoup; ajoutons que ce professeur a un assistant nommé « tsoin-tsoin », un petit oiseau qui se démène sur toutes les pages pour accompagner efficacement les lettres nécessaires à la leçon.

Voici le début du texte :

« Leçon n°1 : Tu ne sais pas lire, c’est dommage. Mais la grande personne qui te lit ce livre sait lire. Il faut en profiter. Ta grande personne peut lire des mots faciles comme bébé, bobo, mémé, popo. Elle peut aussi lire des mots difficiles, comme plénipotentiaire ou hexakosioihexekontahexaphobie. Qu’est ce que ça veut dire ? La grande personne qui sait lire te l’expliquera plus tard. »

Suivent des leçons sur les avantages qu’il y a à savoir lire (bonne idée de commencer par aiguiser le désir d’apprendre avec de vraies raisons), les lettres, voyelles et consonnes (on est dans une méthode syllabique traditionnelle), les cas compliqués (comment faire le son [k])… enfin, en 10 leçons, l’affaire est réglée.

Ce n’est peut être pas si simple, mais en tout cas on s’amuse, les illustrations sont tordantes, parents et enfants riront ensemble, et ce livre pourrait être un accompagnement joyeux de méthodes moins mécaniques et sans doute plus efficaces mais moins drôles, quoique… le rire fait bien des miracles.

Le Mystère des buveurs d’encre

Le Mystère des buveurs d’encre
Eric Sanvoisin, illustrations de Martin Matje et Olivier Latyk
Nathan, 2011

Lire à la paille

Par Emilie Raveu master MESFC Saint-Etienne

Odilon dévoreur de livres. Voilà un petit garçon pas comme les autres : il se nourrit de livres.  Grâce à sa paille, il aspire les mots et vit de belles aventures. D’abord,  il devient un mordu de lecture, puis il tombe amoureux, il est ensuite happé dans une histoire et enfin il doit sauver son amoureuse d’une indigestion d’un livre effrayant.

L’auteur a trouvé là une idée originale, en utilisant au sens propre des expressions comme « dévorer un livre », « croquer des paragraphes », être « mordu de lecture »….. Il nous embarque dans un monde imaginaire et on se laisse facilement prendre au jeu même si parfois le suspens retombe.

Toutes ces histoires sont regroupées dans un joli coffret, et lorsqu’on ouvre la boite, on trouve un stylo magique pour lire les mots disparus et résoudre un mystère. Les enfants se laisseront embarquer à coup sûr. Ce livre est un bel objet agrémenté de quelques jolis dessins colorés qui illustrent l’histoire tout en laissant place à l’imagination.

C’est un petit livre

C’est un petit livre
Lane Smith
Gallimard jeunesse, 2012

Livre, mode d’emploi

Par Anne-Marie Mercier

Même si cet objet sur lequel on s’interroge, carré, cartonné, n’est pas recommandé avant trois ans, il s’adresse à de tout jeunes lecteurs. Dans un dialogue entre un petit âne et un jeune singe, statique et répétitif, l’un pose des questions (« ça se mâchouille ? », « on peut s’asseoir dessus ? »…) en manipulant un objet qui ressemble à celui que l’on tient en main ;  tandis que dans un ouvrage précédent  (C’est un livre) il cherchait une prise ou une souris pour le faire fonctionner. L’autre répond invariablement « non », jusqu’à la dernière réplique qui reprend le titre : « ça se lit, c’est un livre, petit âne ». Entretemps, le petit âne aura pu expérimenter de multiples possibles. Bel éloge du livre qui rappelle un vieux titre du Père Castor (Mes livres) : ça se lit, mais on peut faire aussi des tas d’autres choses avec.

Je cherche un livre pour un enfant. Le guide des livres pour les 8/16 ans

Je cherche un livre pour un enfant. Le guide des livres pour les 8/16 ans
Toni di Mascio
Gallimard jeunesse, 2011

Qui cherche trouve

par Anne-Marie Mercier

Je cherche un livre pour un enfant 8_16 ans .gifDans la même collection que le livre précédent consacré à la tranche des zéro-sept ans, cet ouvrage propose de nombreux titres pour les pré-adolescents et adolescents accompagnés de synthèse sur différents sujets (les séries, la science-fiction, les enfants et la lecture). Un premier chapitre donne des idées de lecture en fonction du niveau du lecteur et non de son âge (il y a une bonne mise au point sur cette question de l’âge, p. 13). Un deuxième chapitre est organisé par genres : fantasy, policier, fantastique et science-fiction. Le suivant donne des titres d’ouvrages classés par thèmes : récit de vie, aventure, humour, amour, histoire, monde contemporain. Une dernière partie propose des repères : historique, lieux de lecture, éditeurs, sites… Et une bibliographie qui propose d’autres recueils du même genre mais aussi des titres d’ouvrages sur les moyens d’inciter les enfants à lire.

 Le grand mérite de cet ouvrage, comme le précédent est de s’appuyer sur le goût des enfants et adolescents, de mêler classique et contemporain, « grands » et « petits » éditeurs et de proposer de nombreuses ouvertures, regards critiques, réflexions et conseils ; par exemple celui-ci : « les adultes que nous sommes devraient éviter de juger une lecture d’enfant (trop) à l’aune de leur regard de lecteur qui a déjà un parcours littéraire (et de vie) derrière lui », accompagné d’un conseil judicieux : relire un ouvrage qui nous a beaucoup plu, enfant ou adolescent, et se demander si on en a été décervelé, ou bien?

 

Ceux qui n’aiment pas lire

Ceux qui n’aiment pas lire
Rachel Corenblit, illustrations de Julie Colombet

Rouergue (zig zag) , 2011

Pour leurs parents

Par Anne-Marie Mercier

Rachel Corenblit,Julie Colombet, Rouergue (zig zag), lecture,bibliothèqueHistoire d’un garçon qui n’aime pas lire, destinée on le suppose à ceux qui n’aiment pas lire.

On a des doutes : ceux qui n’aiment pas lire… ne le liront pas ou n’entreront pas dans ce récit sans véritable intrigue. Les autres seront malades de voir la destruction d’une bibliothèque présentée comme une simple bêtise, malgré le charme et la cocasserie des images.

Au public visé : si vous n’aimez pas lire, achetez-le à vos parents pour qu’ils arrêtent de vous embêter avec ça.