L’Homme qui faisait vieillir

L’Homme qui faisait vieillir
Rodrigo Lacerda
Traduit (portugais, Brésil) par Dominique Nédellec
La Joie de lire (encrage), 2012

Shakespeare, Victor Hugo, Raymond Carver, et nous, et nous, et nous

Par Anne-Marie Mercier

Pedro a seize ans au début du roman, et sans doute vingt à la fin. Il vieillit donc, mais pas tout à fait dans le sens où on l’entend habituellement. Tout commence lorsqu’il essaie de se faire passer pour plus vieux que son âge ; il rencontre un étrange personnage qui recroisera sa route par hasard à plusieurs reprises. C’est à lui qu’il a recours lorsqu’il s’interroge sur son orientation en licence d’histoire, avec l’impression qu’il n’est pas fait pour cela et une ignorance totale de ce qui lui correspondrait.

Avec ce vieux professeur qui lui propose des défis en apparence (et pour une part, véritablement) absurdes, il découvre la littérature : cela donne de beaux passages sur la découverte par un jeune lecteur de la poésie, de Shakespeare, Raymond Carver, Victor Hugo… On voit comment une mère peut éveiller ses enfants à la poésie (plus ou moins), comment un film peur débloquer une situation (une adaptation du Roi Lear au cinéma), comment l’amour peut faire lire autrement.

Pedro se découvre surtout lui-même, découvre l’amour, la mort, la patience, l’attention aux êtres et aux choses, et surtout au temps.

Ce roman figure sur la liste des œuvres conseillées par l’éducation nationale pour le collège.

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