Le cadeau livre le plus extraordinaire du monde

Le cadeau livre le plus extraordinaire du monde
Anne-Gaëlle Balpe – Géraldine Cosneau
Père Castor 2017

Les métamorphoses du livre

Par Michel Driol

Un garçon reçoit en cadeau un livre. Déception. Mais le livre lui parle et lui dit tout ce qu’il peut faire avec lui : tourner les pages, à l’endroit ou à l’envers, ce qui ne convainc pas vraiment l’enfant. Se transformer en instrument de musique, en maison, en table… Ce qui fait qu’à la fin le garçon et sa grand-mère sont ravis.

Cet album, de très grand format, permet de jouer avec l’objet livre, de l’explorer, dans sa dimension matérielle et concrète. Il devient ainsi un compagnon de jeu plus polyvalent qu’une console de jeu ou qu’une tablette. Par ailleurs, le livre parle ici avec le lecteur potentiel, pour le convaincre de sa valeur. Ce récit décalé, conduit avec humour, a de quoi séduire et être un véritable remède contre l’ennui, même si on ne sait pas lire ! Peut-être les puristes regretteront-ils qu’il ne s’agit ici que de jouer avec l’objet livre, indépendamment de son contenu. Le livre ne parle pas de personnages, de récit, et s’il est question d’imagination, c’est parce que le livre peut devenir planche à dessin.  Mais ce serait passer à côté de la proposition de cet album, qui met le livre et son lecteur en abyme pour mieux monter cette interaction et ce dialogue nécessaire entre les deux. Quant aux illustrations, très joyeuses et colorées, elles se chargent d’évoquer tout un univers, à la fois familier (les jouets du garçon, ses dessins), mais aussi celui de la musique, des contes et de la création avec les crayons de couleur. Elles font aussi passer le lecteur de l’univers quotidien à celui de l’évasion promise par le livre.

Décidément, le livre n’est pas mort !

Le Souffle de l’été

Le Souffle de l’été
Anne Cortey, Anaïs Massini
Grasset jeunesse, 2017

 Dans le monde de deux amis…

Par  Chantal Magne-Ville

C’est avec un grand plaisir que nous retrouvons Kimi et Shiro, deux lapins dont l’amitié délicate se déclinait au fil des saisons. Désormais, c’est au tout début des vacances d ‘été qu’ils poursuivent leurs jeux, mais ils ont bien grandi !  Ce sont des sentiments beaucoup plus forts qu’ils partagent au travers de quatre petites histoires de rien du tout. Leur complicité semble s’être approfondie, au point que souvent ils n’ont pas même besoin de se parler.
La mise en espace alterne les dessins et le texte en suggérant même des  scènes muettes, par exemple lors de la construction de châteaux de sable ou de jeux de cerfs volants.  Quand Kimi nage seule dans la mer, elle repense aux échanges qu’ils ont eus la veille avec Shiro, et elle peut imaginer la réalisation des rêves qu’il a évoqués.
Si les émotions sont suggérées avec beaucoup de pudeur, les couleurs très vives recréent cependant une atmosphère qui fait la part belle à la fantaisie. L’aquarelle est parfois renforcée par des crayonnés rapidement ébauchés, voire « bougés », qui insufflent une vibrante dynamique qui fait ressentir ce fameux souffle de l’été. Une lecture rafraîchissante, avec de très beaux sentiments, qui toutefois ne confinent jamais à la mièvrerie, grâce à la justesse des dialogues, qui miment avec justesse les tournures enfantines.

Les Animaux de la mythologie

Les Animaux de la mythologie
Martine Laffon / Fred Sochard
Flammarion jeunesse 2017

Animaux prodigieux ou créatures monstrueuses

Par Michel Driol

Le livre réunit, par ordre alphabétique, 26 animaux que l’on rencontre dans la mythologie. Ce bestiaire permet de (re)découvrir des animaux réels, comme le chien ou la chouette, des animaux fantastiques comme le Minotaure ou le Centaure. Les uns sont maléfiques, les autres bienfaiteurs. La métamorphose est omniprésente, que ce soit celle d’un dieu – Zeus le plus souvent – pour séduire, ou d’un humain pour éviter la colère – ou le désir – des dieux. On y croise les dieux grecs, de Zeus à Athéna, des héros comme Hercule ou comme Ulysse, des figures mythiques comme Œdipe. Le recueil permet donc une assez large approche de ces récits fondateurs.

Chaque animal est associé à un récit vivant, conduit dans une langue contemporaine, au présent,  souvent dialogué. Les incipits sont particulièrement soignés pour donner l’envie de se plonger dans le récit qui suit : adresse au lecteur, exclamations, presque comme autant de marques d’un conteur s’adressant à son auditoire. Ces textes donnent ainsi un nouvelle vie et un nouveau souffle à ces mythes qui ne donnent pas toujours de l’humanité ou des divinités des images positives : viols, tromperies, ruses, violences diverses, jalousies, vengeances… : voici le monde que dépeint la mythologie, nous renvoyant à nos instincts ou à nos peurs, nous conduisant à nous interroger sur les valeurs et les comportements de ces personnages.

Les illustrations renforcent ce côté brut et primitif : très stylisées, en trichromie (rouge, vert et noir pour l’essentiel), elles peuvent avoir un côté inquiétant, comme ces serpents qui envahissent la page.

Un album utile qui permettra de prendre connaissance des grands mythes antiques dans une langue accessible, mais invitera aussi à en discuter la signification.

 

Les Aventures intersidérantes de l’Ourson Biloute : la baraque à frites de l’espace

Les Aventures inter-sidérantes de l’Ourson Biloute : la baraque à frites de l’espace
Julien Delmaire, Reno Delmaire
Grasset jeunesse, 2017

Toy story avec nounours

Par Anne-Marie Mercier

L’ourson Biloute – un ours en peluche – est le meilleur ami de Kévin, un petit garçon (trop) sage qui obéit à sa maman et accepte par exemple que son ours passe régulièrement à la machine à laver. Autant dire que, pour un ours aventureux comme Biloute, la vie est (trop) calme. Heureusement, il réalise son rêve en « se » perdant (ou se faisant perdre) lors d’une visite de Kevin à la « Ducasse » (fête foraine, dans le Nord) : il y retrouve les êtres qu’il a vus dans un film, la veille à la télévision – il la regarde en cachette pendant que Kevin dort sagement. Il affronte le terrible Blast Ador, le docteur Veggaline… mais heureusement il pourra compter sur l’aide du héros, lui aussi sorti de la « fiction » pour défendre l’humanité d’un terrible danger …

On pourrait reprocher aux auteurs de manquer de suite dans les idées car cet ours, qui est dit à plusieurs reprise ne pas pouvoir bouger ni parler, a bien des ressources, mais on ne leur reprochera pas de manquer d’énergie et d’imagination : le scenario, fait à l’arrache, va bien avec les illustrations au style un peu sauvage.

Biloute incarne un rêve d’enchâssement de l’imaginaire dans le réel, et met à jour les pouvoirs de la fiction tout en enrobant le propos dans une jouissance du quotidien et de son langage : le ch’ti en fait le sel (un glossaire est fourni en fin d’album). On ne saura pas à la fin si Kevin a fait exprès de perdre son ours pour lui inventer des aventures, mais on constatera qu’il sera ravi de le retrouver devant sa porte… pour de nouvelles aventures. ll y a plusieurs tomes dans ce genre « farfelu, rock-n-roll et déjanté » comme le dit bien Clarabel ).

Incroyables nids

Incroyables nids
Gaëlle Lasnes
Editions Amaterra, 2017

Quel génie du bâti !

Par  Chantal Magne-Ville

Vous ne connaissez pas l’arachnothère ou la rémiz penduline, ou encore le républicain social ? (si ! si ! Ils existent véritablement!). Ne vous laissez pas effrayer….  Ces noms d’oiseaux résonnent bizarrement aux oreilles… mais que dire de leurs nids ? Leur ingéniosité est absolument sidérante. Certains ménagent de fausses entrées pour leurrer les serpents, d’autres cousent point par point des feuilles pour faire des cornets, d’autres encore mettent plusieurs années à bâtir des tours.

L’intérêt du livre réside d’abord dans la variété des architectures, individuelles, parfois collectives, dont on ne découvre pas moins de 38 déclinaisons. Une brève présentation suffit à comprend le choix des matériaux et leur ingéniosité. Le lecteur peut même s’approprier la forme du nid puisque un cache permet d’en découvrir l’intérieur, si nécessaire.

Bien que le contenu scientifique soit pointu, ce livre frappe par son esthétisme, et le soin apporté à la composition de chaque double page, comme un véritable tableau. Les oiseaux sont saisis dans leur mouvement de façon souvent très expressive : la qualité des couleurs sur fond blanc n’a d’égale que la beauté des lignes. Un véritable régal pour les yeux et pour l’esprit.

On peut feuilleter le livre sur le site de l’éditeur, Amaterra ou voir l’autre album, époustouflant lui aussi, publié chez eux par les mêmes auteurs, Des racines à la cime.

Le Nez de Cyrano

Le Nez de Cyrano
Géraldine Maincent d’après Edmond Rostand – illustration Thomas Baas
Père Castor 2017

Il faut imaginer Cyrano heureux…

Par Michel Driol

Cet album adapte, pour les plus jeunes, la célèbre pièce d’Edmond Rostand. Disons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’une adaptation de la totalité de la pièce, l’album se focalisant sur le nez de Cyrano et sur la scène du balcon de l’acte 3, à laquelle il donne une autre conclusion. L’adaptation faite ici procède aussi d’un changement de genre : on passe du théâtre au récit. Mais ce récit se trouve finalement assez proche des mots mêmes de la pièce. Ainsi des expressions de la tirade des nez se retrouvent-elles, en version raccourcie pour les enfants, dans un vocabulaire modernisé (tasse et non hanap, par exemple). Le texte fait la part belle au dialogue, entre Cyrano et ses contempteurs. Puis on arrive à l’amour de Cyrano pour Roxane, amour que Cyrano sent impossible. Le personnage de Christian est montré comme l’anti Cyrano : aussi beau que l’autre est laid, aussi bête et grossier que l’autre est fin. Les deux s’unissent alors pour séduire Roxane avant une chute qui s’éloigne de Rostand. Le beau Christian prend à la lettre les mots de Roxane et s’en va. Cyrano s’évanouit de plaisir.  Roxane ferme ses volets. Mais Cyrano est heureux de savoir qu’il peut être aimé.

Cet album – comme toute adaptation – réinterprète le texte de Rostand. Le ton sait être tout à la fois familier – proche de l’oralité du moins – et poétique, jouant des rimes parfois, enjoué et dynamique. Il est fidèle aux personnages, dont il grossit un peu le trait et les caractéristiques, avec le support de l’illustration. Ainsi le nez de Cyrano, d’une couleur rouge prononcée dans un album en gris et rouge, devient-il support pour des dames prenant le thé, épée pointue et menaçante, perchoir à oiseaux, ou piédestal pour Christian devant la fenêtre de Roxane. Christian n’a qu’une qualité, sa beauté. Tout le reste est défauts : voix, esprit… Quant à Roxane, elle n’est plus la précieuse de la pièce, mais simplement la plus belle fille qui soit. De la sorte, les personnages  sont plus proches du jeune lecteur. L’illustration théâtralise le texte, avec la présence de rideaux rouges, de gigantesques ombres portées…

Ce qui se joue, c’est une variation sur l’être et le paraitre. Qu’est ce qui fait la valeur d’un homme ? La beauté du corps ou l’esprit et la façon d’utiliser la langue ? Ce qui séduit Roxane ici, ce sont les mots et c’est ce qui rend Cyrano heureux.

L’Art à table

L’Art à table
Benjamin Chaud
Helium, 2016

Art (dé)coupable ?

Par Anne-Marie Mercier

Jeu sur les objets (la pipe de Magritte), sur les noms (les œufs au bacon de Francis Bacon), sur les mots (les « poules » de Toulouse-Lautrec), mais surtout jeux sur les styles graphiques et les idées, ces petites scènes de restaurant sont extrêmement cocasses et inventives. Mais elles ne sont pas destinées aux enfants (la mention de la loi de 1949 n’y figure pas, à juste titre) : ceux-ci auraient du mal à saisir le sel de l’ensemble – comme du détail. Mais le fait qu’il soit publié par un auteur et un éditeur qui s’adressent en général pour les enfants est intéressant.

Chaque double page présente sur un fond crème et dans un format carré un artiste à table ou se préparant à manger. Le texte sur la page de gauche commente, plaisante. C’est à la fois un résumé d’histoire de l’art et une suite de calembours, de la farce saine et vigoureuse qui donne envie de croquer dans tous ces mets, même dans l’énorme araignée (qualifiée de « bestiole ») qui sort de l’assiette de Louise Bourgeois…

Révoltées

Révoltées
Carole Trébor
Rageot 2017

Nous les enfants d’une époque fatale *

Par Michel Driol

Moscou – 26 octobre au 2 novembre 1917. Lena et Tatiana, deux jumelles de 17 ans, traversent l’insurrection bolchévique de Moscou, Lena sacrifiant le présent en s’engageant du côté des révolutionnaires, Tatiana en rejoignant un groupe de jeunes artistes, le Club Futuriste de Moscou, qui monte un spectacle à partir des textes de Maïakovski. Un épilogue évoque enfin la vie des deux femmes, entre espoirs déçus et rêves réalisés, purges staliniennes et récompenses officielles.

Ce roman de Carole Trébor célèbre le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre, sans manichéisme, à travers une galerie de personnages attachants. Les deux sœurs d’abord, à la fois semblables et différentes dans leur façon d’apprécier les évènements en cours et de se questionner à leur propos : peut-on briser l’ordre ancien sans violence ? Construit-on un monde de paix et d’harmonie sur une révolution sanglante ? Qu’est-ce que la démocratie ? Leur grand-mère, ensuite, aveugle, croyante, vrai personnage de babouchka russe. Piotr, ouvrier typographe, démocrate convaincu, qui se retrouvera de l’autre côté de la barricade. Tous les artistes du club futuriste, qui conduisent à s’interroger sur la révolution dans l’art et le rôle de l’art dans la révolution.  En quelques jours, tout bascule, et le roman entraine le lecteur dans un récit à suspense, où l’on se demande, non sans émotion, ce qui va arriver à Lena l’insurgée : la narratrice, dont on épouse le point de vue, étant Tatiana. Le récit est émaillé de nombreuses citations de Maïakovski (Le Nuage en pantalon, la Flute des vertèbres…), textes qui font partie du spectacle monté par le Club Futuriste.

Si la langue est parfois un peu plate, voire trop explicite, peut-on en faire reproche à l’auteur ? Non, parce que la narratrice est une jeune fille de 17 ans, qui découvre le monde. Ensuite parce que ce roman se veut « pédagogique », au bon sens du terme. Notes de bas de page, glossaire, photos d’époque, plans de la ville permettront au jeune lecteur de situer cet épisode historique avec lequel il peut n’être pas très familier. C’est donc toute une époque que ce livre parvient à recréer. Ensuite parce qu’il parle de nos rêves d’un monde meilleur, où les pauvres et les exclus pourraient aussi avoir le pouvoir, y compris celui de s’instruire et d’avoir des pratiques culturelles ou artistiques, sans être condamnés à un mode de vie par leur naissance. Utopie ? Oui, peut-être, et c’est là la leçon du XXème siècle. Entre le rêve d’un futur qui changerait la vie et la réalité du stalinisme, l’épilogue trace le destin des trois personnages principaux, jusqu’à leur mort à la fin du XXème siècle, et parvient, en quelques pages, à proposer un bilan nuancé de l’Union Soviétique.

*Les années fatales, poème d’Alexandre Blok –

Elvis et l’homme au manteau rouge

Elvis et l’homme au manteau rouge
Ole Könnecke
De la Martinière jeunesse 2017

Accident de traineau !

Par Michel Driol

Le 24 décembre, un petit bonhomme en manteau rouge sonne à la porte d’Elvis, garagiste au look de rocker, qui vient juste d’installer son sapin. Son traineau est en panne, et il en a besoin pour aller travailler. Tout en rechignant, Elvis consent à réparer le traineau. Mais il faut l’aide d’Ernest, de la casse voisine, d’un paysan pour nourrir les rennes, et du vieux grand père qui offrira son traineau. Malgré tous les indices concordants, personne ne reconnait l’homme au manteau rouge, et si le vieux grand père a son nom sur le bout de la langue, il l’aura oublié à la fin du livre.

Voilà un conte de Noël d’Ole Könnecke particulièrement drôle. La situation de départ est cocasse et surprenante. Les personnages sont attachants : de l’homme au manteau rouge, vraiment ennuyé de manquer sa seule journée de travail, quelque peu manipulateur, oublieux de ses rennes…, à Elvis, homme ordinaire, rockeur au grand cœur, sans parler des personnages secondaires, dont ce vieux grand-père, commentateur des scènes initiales et finales, comme un chœur antique qui aurait perdu la mémoire. Pleins de bonne volonté, tous ces personnages se trompent souvent, échouent, sont maladroits, au point qu’on se demande si cette équipe de bras cassés réussira à réparer le traineau. La traduction de Bernard Friot joue sur un registre de langue simple. On goute la saveur des dialogues, et en particulier la langue parfois peu châtiée de l’homme au manteau rouge ! Les illustrations – ligne claire façon BD – viennent occuper les blancs du texte – assez long – et mettent en relief les attitudes, les regards, les expressions des personnages.  Quelques détails y sont particulièrement croustillants, et contribuent à poser le personnage d’Elvis dans son cadre de vie.

Un conte de Noël déjanté, qui certes parle d’entraide, mais qui permettra surtout au lecteur de jubiler et de se montrer plus malin que les personnages, d’en savoir plus que les personnages, et de comprendre à leur place ce qui se joue !

Le Voyage du chat à travers la France

Le Voyage du chat à travers la France
Kate Banks, Georg Hallensleben
Traduction (anglais) de Pascale  Jusforgues
Gallimard jeunesse (l’heure des histoires), 2016

Il était une fois, deux enfants? – non, un chat

Par Anne-Marie Mercier

C’est une histoire simple et charmante, qui reprend les schémas des livres  prenant pour prétexte une fiction pour transmettre des savoirs géographiques et culturels (comme Le Tour de France de deux enfants et le Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède). Ici, on a un seul personnage, un chat ; s’ajoutent quelques humains sur la première et l’avant dernière double page, et quelques silhouettes à peine entrevues, fuies.

Au début, le chat mène une vie paisible et heureuse, dans le sud de la France, « dans une jolie maison au bord de la mer », qu’il partage avec une vielle dame. A la mort de celle-ci, le chat est expédié avec tout le déménagement dans le Nord, où il est oublié. Affamé et triste, il prend la route et traverse la France afin de retrouver la « jolie maison au bord de la mer » dont le souvenir le hante et l’accompagne tout au long de son périple, difficile et plein de frayeurs. Il le ramène à son point de départ – où il est accueilli par des enfants.

C’est aussi un parcours touristique : notre chat ne va pas en ligne droite mais passe, comme par hasard, par des lieux emblématiques de la France, que l’on reconnait sans qu’ils soient nommés (ils le sont en quatrième de couverture) : Paris, les châteaux de la Loire, le canal de Bourgogne, les Alpes, le Pont du Gard…), occasion d’instruire tout en amusant, et de proposer de belles images aux pastel gras colorés.