Nicolas le philosophe

Nicolas le philosophe
Alexandre Dumas, Christophe Merlin

Grasset jeunesse, « La collection », 2018

Par Marion Mas

« La collection », de Grasset jeunesse, entreprend de faire revivre des textes du patrimoine littéraire en les faisant illustrer par des artistes contemporains. C’est ainsi que Nicolas le philosophe, d’Alexandre Dumas, nous est donné à redécouvrir. Après 7 ans passé au service de son maitre, Nicolas estime qu’il est temps de prendre sa retraite ou du moins, de retourner chez sa mère. Il demande donc ses gages – un lingot d’or – et s’en va. Mais un lingot d’or, c’est lourd à porter. Aussi, lorsqu’il rencontre un homme à cheval, il s’empresse d’échanger le lingot contre la bête. Cependant, celle-ci n’est guère obéissante. Dès qu’il le peut, Nicolas l’échange donc contre une vache. Et ainsi de suite, jusqu’au dépouillement complet.
Nicolas est-il un benêt ou un ascète ? C’est bien la question que pose le texte : les personnages successifs qu’il rencontre lui tiennent des discours de plus en plus longs, avec des arguments de plus en plus fallacieux. Du reste, ils sont représentés sous des traits de plus en plus caricaturaux (le braconnier et le rémouleur par exemple). Les illustrations, en léger décalage avec le texte – le braconnier porte un monocle et un costume ottoman – participent de l’ambiguïsation du propos. Jouant sur le contraste entre des décors très précis à l’esthétique art-déco et des personnages stylisés allant du type à la caricature, elles lui donnent également une portée intemporelle, en mêlant les références au monde occidental et oriental, et au XIXe siècle aussi bien qu’à l’époque actuelle. Le pari est on ne peut mieux tenu et réussi !

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