Le Petit Chaperon rouge

Le Petit Chaperon rouge
Charles Perrault et Dominique Lagraula
(Les Grandes Personnes), 2019

                       Chaperon pop !

Par Anne-Marie Mercier

Album pop-up, récit en images composées de formes géométriques, ce Petit Chaperon Rouge semble au premier abord sans texte, mais ce n’est pas le cas : celui-ci se trouve caché sous des rabats. C’est bien d’avoir le texte intégral de Perrault, mais il n’est pas indispensable ici : on devine que la meilleure lecture qu’on puisse en faire serait de le « lire » à voix haute avec un enfant, ou, mieux, de lui demander de nous le raconter.

Solide, beau, raffiné, c’est un très bel objet, assez solide même s’il vaut meiux le m mettre dans des mains respectueuses. Pour le voir déplié, cliquer !

 

La Légende du roi errant

La Légende du roi errant
Laura Gallego Garcia
Traduit (espagnol) par André Gabastou
La joie de lire (hibouk), 2019

Aventures en poésies

Par Anne-Marie Mercier

Il était une fois, un prince… beau, brave, intelligent, savant, et surtout poète. Et le conte s’arrête là dans sa dimension simple et linéaire.
En effet, la suite introduit de la complexité, de la souffrance, de la contradiction et du hasard. Le héros change, contrairement à la plupart des personnages des contes, et le point de vue du lecteur également. Walid, prince de Kinda, ne se mariera pas pour devenir roi à son tour : il deviendra «roi errant».
Ce conte, riche et néanmoins très facile à lire, est d’abord celui d’une chute : Walid ne supporte pas qu’un simple tisseur de tapis compose une poésie plus belle que la sienne lors de chaque concours annuel, et qu’ainsi il l’humilie et surtout l’empêche de concourir au grand rassemblement de poésie d’Ukaz, où se retrouvent les meilleurs poètes du monde. La vengeance de Walid sera cruelle et lente, comme le sera en retour son long cheminement vers le remord et l’expiation, le dépouillement de tout ce à quoi il tient, jusqu’à la vie même.
Que la poésie soit au cœur d’un livre d’aventure est une belle surprise et on apprend beaucoup sur l’art des poètes arabes de la période pré-islamique, et leurs qasida avec leurs trois parties, nasib, rahil, madih (le thème de la femme aimée et disparue, le voyage dans le désert, l’éloge du prince…). Que cette poésie soit le but de toute une vie, ce à quoi on aspire, plus que les richesses ou le pouvoir, ou l’amour même, est aussi un beau sujet. Que le cœur et donc ce qu’on a vécu et la manière dont on a vécu soit le feu qui nourrit les plus beaux poèmes ajoute encore à l’intérêt du propos.
La quête de Walid, parti à la recherche d’un tapis maudit, et trouvant au bout de son errance la vraie poésie et un sens à sa vie qui, dans le même mouvement, le fait disparaitre, évoque un peu celle du Rahat Loukoum à la pistache du quatrième roi, dans Les Rois mages, roman en forme de conte de Michel Tournier : cherchant une chose, on y ruine sa vie, et on trouve une chose plus précieuse encore. C’est un superbe livre d’aventure, plein de rebondissements, de belles scènes, de paysages exotiques, et de poésie.
Les éditions La joie de lire avaient déjà publié cette traduction en 2013; cette réédition est un beau livre au format poche, avec une très belle couverture, et une belle typographie.

Nicolas le philosophe

Nicolas le philosophe
Alexandre Dumas, Christophe Merlin

Grasset jeunesse, « La collection », 2018

Par Marion Mas

« La collection », de Grasset jeunesse, entreprend de faire revivre des textes du patrimoine littéraire en les faisant illustrer par des artistes contemporains. C’est ainsi que Nicolas le philosophe, d’Alexandre Dumas, nous est donné à redécouvrir. Après 7 ans passé au service de son maitre, Nicolas estime qu’il est temps de prendre sa retraite ou du moins, de retourner chez sa mère. Il demande donc ses gages – un lingot d’or – et s’en va. Mais un lingot d’or, c’est lourd à porter. Aussi, lorsqu’il rencontre un homme à cheval, il s’empresse d’échanger le lingot contre la bête. Cependant, celle-ci n’est guère obéissante. Dès qu’il le peut, Nicolas l’échange donc contre une vache. Et ainsi de suite, jusqu’au dépouillement complet.
Nicolas est-il un benêt ou un ascète ? C’est bien la question que pose le texte : les personnages successifs qu’il rencontre lui tiennent des discours de plus en plus longs, avec des arguments de plus en plus fallacieux. Du reste, ils sont représentés sous des traits de plus en plus caricaturaux (le braconnier et le rémouleur par exemple). Les illustrations, en léger décalage avec le texte – le braconnier porte un monocle et un costume ottoman – participent de l’ambiguïsation du propos. Jouant sur le contraste entre des décors très précis à l’esthétique art-déco et des personnages stylisés allant du type à la caricature, elles lui donnent également une portée intemporelle, en mêlant les références au monde occidental et oriental, et au XIXe siècle aussi bien qu’à l’époque actuelle. Le pari est on ne peut mieux tenu et réussi !

Éléphant a une question

Éléphant a une question [2011, Uitgevertj De Eenhoornbvba]
Leen Van Den Berg, Kaatje Vermeire
cotcotcot éditions, 2018

Par Marion Mas

Tout commence avec la question de l’éléphant : comment sait-on qu’on est amoureux ? Pour y répondre, l’assemblée très démocratique de tous les animaux se réunit autour de la fourmi, ravie de suppléer à Monsieur Tortue (dont la femme est malade) dans le rôle de président et de greffier. Chacun des animaux, à tour de rôle, propose une réponse, que la fourmi note scrupuleusement sur son cahier. Les illustrations, en léger décalage avec le texte, lui donnent une profondeur poétique.
Mêlant le collage, le travail d’après photo et le trait de crayon, elles combinent le réalisme de la représentation au surréalisme des compositions.. Au fil du récit, se développe également le thème végétal : mis en relief par l’exploitation du grain de la page et des effets de matière, il donne à voir une harmonique de l’humain, du végétal et de l’animal, unis en une grande symphonie amoureuse. La palette chromatique, très sombre au début du récit, s’éclaircit au fur et à mesure de son avancée, jusqu’à la pointe finale de la fable, qui constitue une autre réponse à la question de l’éléphant…

Si l’on me tend l’oreille

Si l’on me tend l’oreille
Hélène Vignal
Rouergue (doado), 2019

L’alchimie des rebelles

Par Anne-Marie Mercier

Un monde qui semble appartenir à l’époque médiévale, un roi autoritaire, trois provinces, l’une maritime, une autre agricole, et la troisième, dite des Vents chauds, plus aride ; une décision du roi oblige les habitants à se cantonner à l’une des provinces, à rompre de ce fait tous les liens qu’ils avaient avec ceux qui vivent ailleurs et à renoncer à leur vie itinérante, pour ceux qui la pratiquaient (saltimbanques, marchands forains, artistes…). On pourrait se trouver face à un récit classique reprenant des motifs bien connus de contes, avec un ou des héros qui mènent une révolte, forcément victorieuse : les saltimbanques contre le pouvoir, etc.
Point du tout.
Il n’y a aura pas de héros victorieux, pas de victoire, juste une survie et un refus d’obéir chez une poignée de personnages : une diseuse de « bonne » aventure, une vieille, coiffeuse qui cherche à rejoindre son mari marin, un musicien ombrageux, un propriétaire-fabricant-animateur-sonorisateur de manège qui parle à ses animaux de bois, une enfant acrobate trouvée dans la forêt parmi les cadavres de ceux qui formaient sa famille… tous partagent pendant un temps la même roulotte, le même chemin ou le même abri et vivent la même précarité sous le regard hostile des sédentaires.
« Un mélange d’abattement et de colère, un cocktail de molécules incendiaires qui avait commencé à circuler dans leurs corps, passant par les kilomètres de vaisseaux, sous forme liquide ou gazeuse. Il était fait de bile, de sang frais et d’adrénaline, de vent iodé, de cortisol et de soufre. La chimie des Récalcitrants était en marche en eux et ils n’y pouvaient rien. Ils se croyaient abattus, vaincus et ils étaient en fait en cours de transformation et laissaient secrètement s’opérer l’alchimie des rebelles. Celle qui croît dans la solitude et le doute et ne connaît que l’évidence du refus pour la guider. » (p. 91)
L’histoire s’ouvre, après une brève présentation de la situation, par un viol, celui de l’héroïne, Grouzna, la devineresse, elle se poursuit avec la description de sa vie errante et solitaire, changée ensuite par la nécessité de s’unir pour survivre et arriver là où chacun le souhaite. Elle rencontre l’un après l’autre ceux qui formeront sa compagnie, sa famille de cœur. Dans leur route vers le littoral, chacun doit abandonner un peu de lui-même et devenir autre. Tous ne parviendront pas à bon port car ce monde est cruel pour les faibles. Le récit est inventif, sensible et poignant. Il est porté par des personnages originaux et attachants, et surtout par une belle écriture.
Cette petite troupe de Récalcitrants (comme les nomme l’administration) est portée par une chimie propre :

Pot d’âne

Pot d’âne, recette en verre
Sophie Tiers
CMDE (« Dans le ventre de la baleine »), 2016

Ingrédients : une princesse, un âne, un roi, un prince

Par Anne-Marie Mercier

Cette réécriture d’un conte de Perrault est un peu différente dans son principe de celle du Petit Poucet et des autres contes publiés au CMDE, réécrits par Marien Tilet (voir Chronique précédente). Autant qu’une variation sur le conte célèbre de « Peau d’âne », il s’agit ici d’un exercice de style, assez réussi, qui consiste à raconter (plus ou moins) la même histoire en n’utilisant que des mots pris  dans un livre de cuisine.
Il y a de la virtuosité, de l’humour, de la poésie même dans ces télescopages de mots et de sens. Ainsi la princesse s’adresse-t-elle à son père : « Mon roi./ Je te prends l’animal/ Te dénude de thon or/ Ce coffre cette nuit/ M’entoure de son pelage/ Tas bête se transforme et s’adapte/ À mets chairs/ À mets côtes/ Amont sors/ […] Je te laisse sans chemise,/ Parée de matière grise/ avant que tu m’écosse me rendre grosse ».
Elle attend le prince et prépare le fameux gâteau : « Dans ce palais Je ne suis plus reine/ De Saba je passe aux abats/ Et fond au rang le plus bas./ […] Les vapeurs culinaires/ Font marcher droit verre ailes / Les pas de l’étranger ».
Éloge de la forêt et des herbes, de la fuite et de l’errance, tout autant que louange  aux arômes et saveurs lourdes d’une cuisine d’autrefois, c’est un livre qui se savoure, et qui donne faim.

Les illustrations fragmentaires et délicates, allusives autant que le texte, composent un puzzle dont les morceaux, réunis dans la dernière page, complètent l’image de cette femme animale et invitent à refaire le chemin pour mieux le saisir : à repasser les plats, donc ?

Pour écouter ce livre et voir des images de la performance à laquelle il a donné lieu voir ici (patienter un peu, le départ est un peu lent)

Ogre

Ogre
Marien Tilet, Mac McGill
CMDE (« Dans le ventre de la baleine »), 2019

Un ogre en pleurs dans la forêt des contes

Par Anne-Marie Mercier

Étendu dans la neige, les orteils mis à nus par le Petit Poucet qui a profité de son sommeil pour lui voler ses bottes, l’ogre parle. Il se remémore toute l’histoire à travers un ultime chant de deuil dont voici le prologue :

 

«  Me voici, à l’orée de ma fin étendu
La neige en bon linceul a recouvert mes pieds
Eux qui toujours de cuir ont été revêtus
Et franchissaient sept lieues d’un pas décidé […]

Si la fin m’enveloppe, c’est vers mes filles que file
La somme de mes pensées qui cruelles et habiles
resteront jusqu’au bout à me tenir la main
Me rappeler encore quel geste fut le mien ».

Il déroule toute l’histoire, depuis l’arrivée des sept frères à la maison de l’ogre, l’apitoiement de sa femme grâce à l’éloquence du Poucet (« disant que, même ogresse, ma femme possédait l’âtre / caché au cœur de chaque enfanteuse de ce monde / qui se rallume d’un rien quand un tout petit tombe »), le meurtre de ses filles, la poursuite, l’assoupissement au cours duquel les bottes de sept lieues sont dérobées, et son attente de la mort, couché dans la neige. Tout cela est raconté en beaux alexandrins, où chaque mot a son poids, ses sons et son sens en harmonie avec l’histoire contée.
Le seul ajout à la tradition de ce conte est la prophétie en forme de supplication délivrée par les filles de l’ogre à leur père, à la veille du drame, et l’ivresse de l’ogre qui lui fait oublier sa promesse et ne pas reconnaitre ses enfants. Ogre moderne, tendre mais sauvage quand il a bu, et mourant de remord ensuite, c’est un ogre en pleurs que celui-là, bien noir, comme les illustrations qui marient l’encre de chine en à plats ou en volutes tourmentées (avec la technique entre autres, de la carte à gratter) et le blanc des stries et de l’espace, faisant de l’apparition de la neige, à la fin, une délivrance.
Parmi les œuvres qui revisitent les contes en prenant le point de vue du « méchant » (Le Géant de Zéralda, etc.) celle-ci est une belle réussite, qui ne s’adresse pas aux très jeunes lecteurs, mais aux lecteurs confirmés amateurs de contes, de réécritures ou de poésie.
Voir plus, sur le site du CMDE.
Ogre fait partie de la « trilogie de la forêt » publiée par Marien Tillet  au CMDE (collectif des métiers de l’édition)  lietje a rendu compte des deux ouvrages prprécédents :  rouge Chaperon Petit Le., Et Gretel .
Mediapart en parle : « L’infanticide ou la tradégie du conte de fée » Cédric Lépine.

Demain, on parlera de Pot d’âne de Sophie Tiers, paru également au CMDE.

Calum ou le bonheur à portée de long nez

Calum ou le bonheur à portée de long nez
Rachel Corenblit, Julie Colombet
Sarbacane, 2018

Plaidoyer végétarien

Par Anne-Marie Mercier

Un tamanoir, ce n’est pas forcément noir depuis le poème de R. Desnos et ses tamablancs, tamableus, tamagris… Ici, ils sont bleus ou parme, et ils s’appellent Calum (prononcer Côlm), Ralum, Paluma Picassa (peintre célèbre), Krakum Luna (célèbre astronaute), Laluma, Baluma… tandis que les fourmis (noires, brunes, rouges…) s’appellent Louis, José, Marcello et Marcella, Sophie, Fofie et Sossie. Il y a parmi elles/eux, comme chez les tamanoirs, des explorateurs/trices, des surfeuses, des artistes… , et surtout il y a Dorothée, la préférée de Calum, le tamanoir ami des fourmis.
Pour cette raison, contrairement à tous les tamanoirs, Calum refuse de manger des fourmis ; sa mère a beau les lui préparer de toute les façons imaginables, sucrées, salées, cuites ou crues, c’est non. Transposant la situation des végétariens dans le monde animal, les auteures proposent une fin qui réconcilie toutes les générations avec une amitié entre espèces autrefois ennemies, scellée par un nouveau régime alimentaire : tartes aux pommes, muffins aux morilles, spaghettis au pesto, frites sans rien… un régime très enfantin et joyeux comme réponse à une question qui divise de nombreuses familles.

Tous cela est dit avec de larges images aux couleurs tendres et douces comme le bon Calum, et des gros plans drôles sur le peuple des fourmis. Calum, héros de rien contrairement à tous les membres de sa famille, est l’inventeur d’une nouvelle façon de vivre.

Cendrillon ou la Belle au soulier d’or

Cendrillon ou la Belle au soulier d’or
Jean-Jacques Fdida, Delphine Jacquot (ill.)
Didier Jeunesse, 2013

Un conte que l’on croit connaître…

Par Christine Moulin

L’enchantement commence dès le prologue, trop long à reproduire ici, mais magique, autant que l’épilogue qui lui fait écho… Il se poursuit quand on découvre les splendides illustrations de Delphine Jacquot, dont le réalisme onirique provoque l’émotion et parle au cœur. L’enchantement perdure quand résonne la voix du conteur, à l’écriture précise, évocatrice, qui semble venue de très loin et pourtant nous parle à l’oreille: « Un homme vivait en grand bonheur avec son épouse ». Quelle belle variation sur les incipits qui évoquent le bonheur pour mieux le faire cesser! L’histoire, on la connaît mais la voici superbement renouvelée.
Les mots en sont à la fois familiers et étranges: « Quand Cendrillon allait au pré, la mauvaise lui donnait juste un doigt de bouillon froid, trois grains d’orge, un croustillon de pain et la maudissait: « Tiens, étrangle-toi avec » ». Les assonances, sans être pesantes, bercent le lecteur d’un chant envoûtant: « Cendrillon a remercié et a couru frotter les cornes de la vachette en rêvant de pains dorés et de bolées de lait ».
Les variantes réveillent l’intérêt. Ainsi, l’aide pour les tâches impossibles imposées à Cendrillon par sa belle-mère est fournie à Cendrillon par sa mère, dont la voix monte « de dessous la sépulture », et par une vache, la roussette aux cornes dorées, que condamne bientôt la méchanceté de la marâtre et de sa fille. « Cendouillon » sera également aidée, plus classiquement, par des « serins et passereaux », mais aussi par un arbre, qui saura l’enrober « d’une parure de fée », pour lui permettre d’aller non pas au bal, mais à la messe, et ce par trois fois, comme le réclame la loi des contes. Les robes de Cendrillon, comme celles de Peau d’Âne, sont autant d’hymnes à la nature et aux éléments car en la première, « se paysageaient montagnes, prairies et vallées, avec mille animaux venant y gambader », la deuxième « semblait d’océan, rivages et poissons frétillants ». Quant à la troisième, « on ne savait si elle était faite de linges ou de nuées, tout en courants d’air, volutes azurées, et mirages de ciel où des oiseaux de paradis venaient virevolter ». Le soulier n’est pas oublié! Afin de le passer au pied de Cendrillon, le conteur opte pour un moyen radical et terrible de se débarrasser de la marâtre et de sa fille, qui finissent ébouillantées, pendant que Cendrillon tend au prince une noisette dont tous deux cassent la coque et mangent l’amande…

Ainsi renouvelé, le conte parle de deuil, de consolation, de résilience:  pour renaître, il faut savoir faire confiance en la puissance du temps qui passe ( » Le temps passa alors comme un jour sans pain, Puis survinrent les termes du destin ») et des forces de vie.

Dans la même collectionLa Barbe Bleue ou conte de l’oiseau d’ourdi, Le Petit Chaperon Rouge ou la petite fille aux habits de fer blanc, La Belle au bois dormant ou songe de la vive ensommeillée.

 

Comment le Petit Poucet a semé des gaines en jetant des cailloux

Comment le Petit Poucet a semé des gaines en jetant des cailloux
Mathilde Paris, Marion Tigréat
Dyozol, 2018

Poucet découpé

Par Anne-Marie Mercier

Le conte du Petit Poucet est ici très réécrit : l’enfant, qui vit dans une ville moderne, grise et triste, entend ses parents s’inquiéter de leur peu d’argent. Il part à la recherche d’un trésor qui, dit-on, se trouve au-delà du pont, dans la forêt. Semant des cailloux gris, il part en quête, et rencontre un géant très gentil, sa femme, et leurs six filles qui s’affairent gaiement aux travaux de la terre.
Il découvre chez eux que le bonheur n’est pas dans ce que l’on possède mais dans l’amour d’une famille. Il rentre chez lui avec cette leçon et les graines données par le géant : tout fleurit alors dans la ville triste et la nature rend à tous le bonheur.
L’histoire a perdu les aspects sombres et terrifiants du conte, même si les auteurs insistent sur l’angoisse de l’enfant, son errance lorsqu’il ne retrouve plus son chemin… et la leçon en est un peu convenue. L’illustration faites de formes colorées découpées dans des pièces de feutrine, donne à l’image un relief intéressant.