Un nom de bête féroce

Un nom de bête féroce
Jean-Baptiste Labrune, Marine Rivoal
Rouergue, 2020

Liberté animale

Par Anne-Marie Mercier

Le chat de l’enfant qui narre l’histoire s’appelle Belzébuth, «un nom de bête féroce », mais l’enfant l’appelle Minou et le voit comme une gentille peluche protectrice. Il grandit avec lui. Puis, arrivé à l’âge de sept ans, l’enfant s‘en désintéresse un peu : il est pris par ses livres, et le chat se met à regarder par la fenêtre. Un jour, le chat disparait. Quand il réapparait, bien plus tard, il refuse de se laisser domestiquer à nouveau. Mais il est là, pas très loin.
Les images de Marine Rivoal sont remarquables dans leur traitement de l’histoire : le chat est posé avec une très belle encre de Chine dans les premières étapes, ce qui lui donne douceur et chaleur. Dans les pages suivantes, il disparait, se fond dans le paysage. La technique du pochoir et les tons de gris rehaussés d’orange créent une atmosphère obscure où le regard cherche, comme l’enfant, à discerner une ombre parmi les herbes ou les branches. La fin évoque un pacte d’amitié lointaine et respectueuse de la nature de chacun (chacun offrant à l’autre ce qu’il pense devoir lui être agréable).
Récit d’amour puis de deuil, et enfin d’acceptation de la liberté reprise, cet album est étonnant tant il sonne juste là où beaucoup d’autres sont faux : même si l’animal ne correspond pas toujours à ce que l’on attend de lui, sa proximité apporte beauté, tendresse, mystère, ce qui vaut bien quelques coups de griffe.
Feuilleter sur le site de l’éditeur

 

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