M comme la mer

M comme la mer
Joanna Concejo
Traduit du Polonais par Margot Carlier
Format, 2021

Profondeurs

Par Anne-Marie Mercier

M est un jeune garçon. M est aussi la mer.
M est face à la mer, il se souvient de son enfance, il s’inquiète de son adolescence à peine entamée, il s’interroge sur ce qu’il y a au-delà de la mer.
Les rares pages de texte dans cet album au grand format sont insérées au milieu d’images (pastels, aquarelles, crayons de couleur ?) représentant la mer sous différents éclairages, dans différents états, du calme plat à l’agitation, bordée de sable ou occupant toute la page, toujours profonde. La mer avec ses coquillages et ses belles algues, et ses châteaux de sable au milieu de tout un ensemble : une ville de sable, en dernière page, prouvant bien que l’enfant est devenu grand et qu’il aimerait passer à autre chose.
On retrouve le style délicat de Joanna Concejo, décliné ici dans plusieurs techniques, tout entier dédié à la mer, où les notions de vide et de plein n’ont plus de sens et où sous la surface, des êtres étranges comme des pensées s’agitent. L’album offre une superbe plongée dans l’âme tourmentée d’un enfant qui ne l’est plus (enfant) ou qui ne voudrait plus l’être et une bouffée de nostalgie aux adultes : les images sépia imitant de vielles photographies et ressuscitant des lumières jamais oubliées évoquent tous nos étés… à la mer.

Voir une très jolie vidéo et une belle analyse sur le Blog du « petit carré jaune ».

 

Va-t-en, Grand Monstre Vert !

Va-t-en, Grand Monstre Vert !
Ed Emberly
Kaléidoscope, 2021

Grosse Colère
Mireille d’Allancé
L’école des loisirs, 2021

Belles rééditions

Par Anne-Marie Mercier

Publiés l’un en 1996 (Kaléidoscope) et l’autre en 2000, ces deux rééditions sous la forme d’albums carrés et cartonnés arrivent au bon moment, dans une période où l’on travaille de plus en plus sur l’expression des émotions. Chacun travaille la question de manière différente mais efficace et ces sont des albums qui ne laissent pas les enfants indifférents, suscitant souvent d’abord un sentiment de crainte, puis de jubilation.
La peur est bien présente dans Va-t-en, Grand Monstre Vert !, mais elle est contrôlée : c’est le fait de tourner les pages qui fait apparaitre puis disparaitre le monstre : on voit d’abord ses yeux, puis son nez, puis sa bouche (avec de grandes dents…), etc., et on les fait disparaitre dans l’ordre inverse où ils sont apparus, toujours en tournant les pages. Ce beau travail de découpe peut inspirer les artistes et bricoleurs en herbe, mais surtout il aide à conjurer la peur en se rendant maitre de ce qui la provoque.

Grosse Colère est un livre métaphorique dans lequel la colère d’un enfant sort de sa bouche sous la forme d’un jet de vapeur rouge pour former une créature nommée « la Chose ». Elle se fait le double de l’enfant et exprime sa rage, cassant tout dans sa chambre, jusqu’à son jouet préféré. Lorsque l’enfant comprend les conséquences de ses actes, il se met à réparer, défroisser, soigner ces objets malmenés, avant de se réconcilier avec son entourage. Pas de condamnation ni de jugement, mais une histoire simple dans laquelle l’enfant est seul face à cette « chose » qui le dépasse. Situation angoissante, dissociation inquiétante, certes, mais parlante.
Dans ces deux albums, l’enfant oest mis face à son émotion et arrive à la canaliser ou à la mettre à distance. Reste à aider le lecteur à franchir ces pas au moment d’aborder ces émotions fortes.

Mais où est Momo ? Vive les vacances

Mais où est Momo ? Vive les vacances
Andrew Knapp
Les grandes personnes, 2021

Cherche et trouve au grand air

Par Anne-Marie Mercier

Dans la grande collection des cherche-et-trouve, cet album a plusieurs originalités : tout d’abord on n’a pas un personnage à trouver (comme le célèbre Charlie) mais deux : Momo et Boo, deux petits chiens noirs et blancs, avec une belle symétrie entre eux, oreilles dressées vs oreilles tombantes, truffe noire encadrée de blanc ou de noir, etc. Les petits chiens ont un talent réel pour se dissimuler (mais pas trop) et on peut ajouter la recherche d’un ours en peluche, présent discrètement sur toutes les images. À la recherche des personnages s’ajoute celle d’objets, présentés avec les chiens en page de gauche, sous la forme d’un imagier.

On commence les pages de droite par une image de chambre d’enfant (où trouver les deux chiens et un réveil, un livre et une balle), on continue avec l’arrière d’un camping-car bourré de bagages, puis un lieu de pêche, un canoë sur la rive d’un lac, une table de pique-nique, une forêt.. jusqu’à un feu de camp (on cherchera un yukulélé, une poêle et une bûche) et enfin une tente éclairée dans la nuit (en plus des deux chiens comme toujours, on cherchera un chapeau, une lampe et enfin le fameux ours en peluche) : c’est toute un jour de voyage dans la nature sauvage et grandiose, bien balisé avec des objets du quotidien.
Troisième originalité : des photographies composent cet album. Son format carré aux bords arrondis et ses pages en carton fort en font un objet à emporter partout et à feuilleter sans modération.

C’est l’histoire…

C’est l’histoire…
Corinne Dreyfuss & Charlotte des Ligneris
Seuil Jeunesse 2021

This is the end, beautiful friend,

Par Michel Driol

Il n’est jamais évident ou simple de parler de la mort aux enfants. Cet album s’y essaie avec un angle et un dispositif originaux. On suit les derniers moments d’une très très vieille dame, qui se déshabille et range soigneusement ses vêtements sur sa chaise.  Puis elle  se couche, et ferme les yeux. Après un tendre sourire, son histoire est finie.

Le texte est à la fois explicite et implicite : il dit la fin d’une histoire, sans prononcer le mot mort. Mais les illustrations, elles, ouvrent presque à un autre univers. Dans un premier temps, un décor urbain, celui d’un immeuble aux nombreux habitants, tous affairés. Derrière un rideau, la vieille dame. Une fois ses rideaux fermés, on voit la vie continuer dans les autres appartements. Mais il faut soulever le rabat des rideaux pour voir la chaise, l’armoire et les vêtements déposés. Cependant, des nuages blancs voilent de plus en plus l’immeuble. Une fois la vieille dame couchée, l’album s’ouvre sur des pages à grands rabats, sur des paysages de nature : deux enfants qui jouent au cerf-volant, une scène de montagne peuplée, puis deux personnes âgées se tenant par la main et regardant le soleil se coucher sur la mer. C’est alors que la vieille dame se confond avec la montagne au bord de la mer, qui lui fait comme un lit. Sur la dernière illustration, la vie continue, sans elle, dans la ville.

Cette fin n’a rien de triste : elle est l’ouverture vers un autre monde, un autre univers, qui est à la fois celui de la nature et peut-être celui des souvenirs. Le texte, au passé composé, évoque les actions simples, d’un corps qui se dénude, puis des gestes de repos avec les mains qui se posent sur le ventre  et les yeux qui se ferment, comme préludes à un endormissement. Le passage qu’est la mort est donc à la fois célébré, avec une dimension métaphysique de lien apaisant avec l’univers entier que la vieille dame rejoint, et, dans le même temps, comme dédramatisé  à travers des gestes qu’on dirait quotidiens, même s’ils sont effectués ici pour la dernière fois. Les illustrations évoquent à la fois ces univers  familiers, pleins de détails et de vie quotidienne, et en même temps, par le jeu des métaphores, cette ultime transformation vers l’inconnu qu’est la mort.

Comprenne donc chacun à sa façon : les uns verront donc dans cet album le récit d’un endormissement, d’autres y liront une approche philosophique de la mort. C’est là la marque des grands albums jeunesse.

Bastien ours de la nuit

Bastien ours de la nuit
Ludovic Flamant & Sara Gréselle
Versant Sud 2020

Rêves imbriqués…

Par Michel Driol

Sébastien, sans domicile fixe, se prépare à passer une nuit dehors en plein hiver, dans une ville. Une fois endormi dans ses cartons, Bastien, un ours, sort de son corps et arpente la ville. Il y rencontre une dame avec ses chiens, un violoniste. Il rêve à un monde ancien, à la forêt, puis vient retrouver le corps de Sébastien.

Comment parler de la misère aux enfants ? Cet album apporte une réponse qui fait la part belle à l’imaginaire. Il y a cette figure imposante, inquiétante et tranquille de l’ours qui arpente la ville, véritable roi déchu (sa couronne est celle des rois de l’Epiphanie…), à la rencontre d’autres marginaux, d’autres exclus comme lui. Il y a les rêves qui s’enchainent, Bastien comme le double nocturne de Sébastien, à la façon du Cidrolin des Fleurs bleues de Raymond Queneau. Au cœur de l’album est enfoui le rêve d’un temps ancien, d’avant la ville, comme un paradis perdu, désormais inaccessible.  Le texte, concis, laisse la part belle à l’imaginaire du lecteur et à l’illustration : la grisaille de la ville le soir, le marron de la fourrure de l’ours, quelques taches de vert (une couverture, un lampadaire, des billets), comme une marque d’espoir ou de nature dénaturée. On le voit, c’est la sobriété qui prime à la conception de cet album pour dire la solitude, l’errance nocturne, la fatigue aussi.

La fin se veut à la fois ouverte et énigmatique : Bastien, c’est la chaleur de Sébastien en allée faire un tour… Au lecteur d’interpréter ce rapport entre les deux personnages, ce mouvement de va-et-vient, ce jeu entre le repos et le mouvement, le sommeil et l’errance, le réel et le rêve.

Un album onirique, sans moralisation, pour dire la solitude dans la ville, la misère des sans-abris, la force du rêve…

Courez, courez, petits singes !

Courez, courez, petits singes !
Julia Kepes (1952)
Didier Jeunesse (Cligne cligne), 2016

Au galop dans la page

Par Anne-Marie Mercier

Trois léopards affamés rencontrent trois petits singes ; ils décident de « n’en faire qu’une bouchée », et les voilà partis dans une course tout à fait folle, dans les arbres, sur le fleuve,  sous les feuilles, dans le sable…
En chemin, les petits singes, toujours souriants malgré la situation, trouvent divers animaux (crocodile, buffles, tortue, serpent, crabes…) qui, volontairement ou non, brisent l’élan des léopards et leur permettent de se réfugier à l’abri où ils pourront continuer à s’amuser et manger noix de coco et bananes.
Sur le fond blanc de la page, de larges aplats verts et bleu figurent le décor ; les silhouettes des léopards et des singes se détachent avec netteté. Le texte, simple et bref, commente succinctement les évènements et encourage de manière répétitive, comme le titre l’indique, les petits singes astucieux. C’est léger, drôle et dynamique : un beau classique qui a reçu en 1952 la médaille Caldecott.

Demain est presque un autre jour

Demain est presque un autre jour
Michel Galvin
Le Rouergue, 2020

Presque…

Par Anne-Marie Mercier

Contrairement à mon habitude, pour vous donner une idée de l’ « histoire » je vais me contenter d’un résumé parfait, fourni par l’éditeur : « Comme tous les matins Jaunejohnny prend son cabas et va rejoindre ses compères Gojo et Polo pour le pique-nique de la page 22. Seulement voilà, une énorme tâche vient maculer les pages de l’histoire. les trois compères s’efforcent de la déplacer en vain. ils finissent par la cacher sous la nappe et bon débarras ! Mais la tache laisse des traces, elle est tenace et réapparaît en négatif dans les rêves des trois amis dès la nuit tombée. »

Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’un album sur l’album, un détour « méta », où ce sont les personnages qui se débattent avec la forme ou plutôt l’informe, même si on nous promet que, sûr, à la page 22 il y aura un pique-nique (thème banal et tranquille, cher à la littérature pour la jeunesse…), sauf qu’il n’y en a pas, à cause de la tache… L’aventure est essentiellement graphique, et évoque un peu le travail de Paul Cox (notamment dans le livre à taches) avec un jeu sur les motifs, les rayures, gribouillis, débordements de matière. Jaunejohnny, Polo et Gojo, les trois personnages moustachus coiffés de curieux chapeaux et vêtus de longs manteaux jaune bleu et rouge sont malmenés dans tous les sens, et c’est une joyeuse pagaille conceptuelle, un beau « tachemard ».
C’est aussi un bel hommage à l’album révolutionnaire des Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, chef-d’œuvre du groupe qui a fourni les costumes et les noms de John, Paul et George. Ringo y figure aussi, en absent, dans la dédicace face à la page de titre : « À Ringo, l’étoile manquante, le Sergent débarqué ». Bel hommage, effectivement, à la fantaisie et à l’énergie du groupe (pourquoi avoir fait débarquer Ringo ? c’est un mystère de plus…); et peut être au johnnyjohnny de Boris Vian?
Comme toujours, on n’est sûr que d’une chose : c’est de n’avoir pas tout compris, et c’est parfait. Voilà une pierre de plus à notre intérêt pour Michel Galvin dans lietje : voir nos articles sur Pablo et Floyd, La Vie rêvée,  Le Vilo de TorticoloLe grand trou américain.

 

 

Radio Banane

Radio banane
Clémentine Mélois et Rudy Spiessert
L’école des loisirs, 2021

Allo ? allo la terre ?

Par Anne-Marie Mercier

« Au cœur de la jungle, dans un pays lointain, vivait un petit singe nommé Aristote. Aristote avait beaucoup de temps libre. Il faut savoir que les singes ne sont pas comme nous autres les humains, toujours occupés à des choses importantes. Ils n’ont pas de rendez-vous, ne se brossent pas les dents, ils ne sont pas pompiers, danseurs ou cosmonautes. Les singes se contentent d’être singes et ça leur suffit. »

Après ce beau début, plein d’humour, on pourrait s’attendre à des aventures purement animales, mais la suite est aussi originale que le nom d’Aristote : il trouve un avion accidenté, joue avec sa radio et lance au micro, avec son ami le Toucan, un bulletin météo (« il va faire beau »), des blagues, des nouvelles… Le jeu plait à d’autres animaux qui viennent raconter leurs propres blagues, proposer des recettes de cuisine loufoques, si bien que Radio Banane a l’air d’une vraie radio populaire (assez stupide il faut le dire, mais c’est ce qui est drôle aussi), que des pilotes qui survolent la jungle l’entendent et communiquent sa fréquence, que d’autres personnes s’enthousiasment et que la mystérieuse radio devient la station où tout le monde veut prendre la parole : arrive un DJ, un créateur de mode, la présidente (ou chancelière) d’une république européenne accompagnée de deux gardes du corps, un rocker, tous parfaitement reconnaissables pour les lecteurs adultes du moins.
On ne dévoilera pas comment se passe la rencontre ente les animateurs de la station et ces personnages, ni les relations qui se nouent entre eux, mais tout reste très fantaisiste et très drôle, léger comme un petit singe – qui « se contente d’être singes et ça lui suffit ».
Vous pouvez aussi vous amuser à chercher les citations détournées de « Booz endormi » de Victor Hugo, de Kessel, de Barthes… Clémentine Mélois est depuis peu membre de l’OuLiPo, et ça se voit.
Elle est plasticienne et auteure de différents ouvrages pour les enfants et pour les adultes, dont un  roman photo, Les Six Fonctions du langage (« une débauche d’images lascives sur fond de Roland Barthes, dépravation lexicales à gogo, c’est très très chaud ! » d’après Augustin Trapenard).
On peut écouter une présentation de Radio banane sur France Culture.

 

 

Bonjour veaux, vaches cochons

Bonjour veaux, vaches cochons
Olivier Douzou, Frédérique Bertrand
Rouergue (« comptines en continu »), 2021

Le nouveau fablier

Par Anne-Marie Mercier

En ces temps où l’on commémore la naissance de La Fontaine, il est bon de se rappeler que la poésie pour la jeunesse ne se limite pas à ses Fables et que d’autres font parler les animaux avec art et en plusieurs volumes.
Le titre lui-même est un programme et répond à l’ « adieu, veau vache, cochon, couvée » de la fable de « Pierette et le pot au lait ». L' »adieu » se fait « bonjour », la morale sérieuse explose sous le rire et le jeu.
Un ours court sous la pluie, faisant jouer les lettres qui composent le mot ‘ours’ : «  cours ours », « courage », « au sec ours »… ; le dindon clôt une série d’onomatopées, le hamster fait des claquettes avec Mademoiselle Ginger et l’on entend vraiment le tac tac tac de leurs pas dans le texte, la truite fait des mathématiques folles, le chat avance sur un rythme de cha-cha-cha, la crevette est « fatiguette », elle est « épuisette », crevée, quoi… elle en a plein les gambas ou les gambettes,… Enfin, bien d’autres s’ajoutent à cette ménagerie originale, jusqu’à un bigorneau qui fait du rappel au-dessus de la mer.
Calembours, onomatopées, rythmes claquants, assonances et jeux avec les mots s’enchainent de manière ébouriffante tandis que les animaux-jouets bien connus des amateurs de la collection « comptines en continu » s’agitent de manière joyeuse dans les décors colorés de Frédérique Bertrand.

Rois et reines de Babel

Rois et reines de Babel
François Place
Gallimard jeunesse, 2020

Histoire de l’humanité ?

Par Anne-Marie Mercier

Tout ce que l’on aime chez François Place, et qu’il réussit à merveille est là : images au dessin fin, fourmillant de détails, subtils coloris ; récit mélangeant le conte, le mythe, la chronique, de celles qui auraient pu être tirées d’Atlas oubliés même par les fameux géographes d’Orbae. Des amours , de grandes vertus et des crimes, des rois, des reines, des serviteurs, des colonnes de cavaliers, des horizons sans fin et l’océan au loin.
Ce grand album au format vertical se rapproche d’un autre grand album de François Place, Le Roi des Trois Orients, à la différence que celui-ci se déployait dans l’horizontalité, alors qu’ici le chemin se fait en verticalité, vers le haut, et parfois vers le bas : Nemrod, fameux roi chasseur de la Bible, poursuit un cerf blanc jusqu’à un rocher où il découvre la grotte d’un ermite qui lui conseille d’épargner l’animal. Le roi décide de construire une tour gigantesque sur cet emplacement ; ses descendants poursuivent le même projet, en le dénaturant souvent et en causant la mort de nombre d’ouvriers qui y travaillent. La prospérité revient avec le règne de reines : leur sagesse leur fait ouvrir l’édifice vers la mer et le vaste monde, construire des ports et des bibliothèques (on retrouve l’univers d’Orbae), et des jardins suspendus : la tour atteint à la perfection, après quoi elle ne peut que disparaitre et ne demeurer que dans le monde de la légende. Les dernières pages nous font retrouver l’ermite et le cerf, qui ont survécu à ce rêve de grandeur humaine.
On retrouve les représentations de la tour Babel à travers les âges, les rêves de bibliothèque infinie, mais aussi les images de leur destruction, comme dans La Tour de Schuiten et Peeters. C’est une belle réécriture de mythe de Babel. C’est une réflexion sur la puissance de l’imaginaire et de l’effort humains comme sur leur fragilité et un parcours de superbes paysages naturels et architecturés.