Les Chinchillas dorment énormément

Les Chinchillas dorment énormément
Joëlle Ecormier – Brunella Baldi
Editions møtus 2020

Ainsi va la vie…

Par Michel Driol

Ce matin-là, Achille, le chinchilla de Lili-Rose, a une drôle de façon de dormir. Il est parti, lui dit son grand frère… mais il ne reviendra pas, il est mort. Après une saison de chagrin, Lili-Rose pousse la porte du marchand d’animaux qui lui avait vendu Achille pour adopter un autre animal,  un qui ne meure pas… Mais, à part les jouets mécaniques, tous les animaux proposés  ont un défaut. Ils vivent trop peu, ou  sont invisibles, ou trop rugueux, ou trop grands… C’est finalement avec un autre chinchilla que repart Lili-Rose.

Voilà un nouvel album pour parler de la vie et de la mort aux enfants, du travail du deuil aussi, avec sensibilité dans une langue pudique et métaphorique. Après le temps du deuil vient une autre saison, qui permet de penser un autre futur. Mais nul animal ne répond aux désirs de la fillette, ni dans la réalité, ni dans l’imaginaire, jusqu’à la conclusion qui pose le retour quasi identique du même, l’acceptation finale d’un destin, une façon à la fois de continuer le passé et de le changer en passant d’un chinchilla mâle à un chinchilla femelle. L’album se présente donc comme une leçon poétique de vie, la compréhension que la mort en est partie intégrale. Mort d’un animal familier, certes, mais mort quand même.

Dans des couleurs claires et vives, les illustrations entrainent dans un univers assez fantastique, peuplé de jouets mécaniques, de grenouilles qui font la course ou de fillettes volantes. C’est dire que les illustrations mettent l’accent sur la force vitale,  incitent à s’émerveiller devant le monde, et non à se complaire dans le chagrin.

Un album qui réussit le tour de force de reprendre avec beaucoup de légèreté la thématique baroque de l’universalité de la mort.

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