Les Oiseaux de Barbara

Les Oiseaux de Barbara
Ludovic Lecomte – Andrea Espier
La cabane bleue 2025

Rappelle-toi, Barbara…

Par Michel Driol

Barbara, dont le mari marin-soldat est parti au loin, s’assied tous les jours face à la mer et attend. Un jour elle achète un serin, qui lui redonne la joie de vivre. Mais, au matin, l’oiseau seul ne chante plus. Barbara comprend qu’il est enfermé, et elle ouvre la porte de la cage. Dès lors, chaque jour, Barbara achète un oiseau et le libère. Elle a retrouvé le sourire.

Un album dans lequel les plus âgés reconnaitront comme un hommage à Prévert. Il pleut sans cesse sur Barbara dans l’illustration, comme il pleuvait sans cesse sur Brest... Et quant à l’ouverture de la cage, elle résonne comme un écho au poème bien connu, dans lequel il faut effacer tous les barreaux de la cage. Même sens de la liberté, même façon de dire quelle connerie la guerre, avec d’autres mots, avec une autre histoire. Les vers libres du texte, libres de rimer ou pas, sont aussi comme un hommage à Prévert, avec quelques jeux de mots, comme ces larmes qui pleuvent, mais surtout dans leur façon de s’intéresser à Barbara, une de ces petites gens meurtries par la vie que l’on regarde passer. Que l’on regarde passer dans le texte – on, les autres habitants – , alors que l’auteur s’intéresse à elle, à son histoire, à sa vie, et à sa façon de lui redonner du sens en rendant leur liberté aux oiseaux, en comprenant le lien entre son propre enfermement dans ses souvenirs et celui des oiseaux dans leur cage.  C’est un album qui montre une double libération, elle des oiseaux, celle de Barbara avec beaucoup de tendresse pour le personnage, et de poésie à la fois dans la fiction racontée, dans le texte, et dans les illustrations. Celles-ci passent des couleurs froides de la tristesse aux couleurs chaudes de la vie retrouvée, de la pluie qui envahit tout au soleil éclatant, montrant ainsi le parcours effectué par Barbara, sa façon de se donner un but dans la vie.

Un album qui raconte une histoire toute simple, avec beaucoup de douceur et d’humanité envers son personnage,  et qui évoque la solitude et la mélancolie, montre le pouvoir des oiseaux et donne, symboliquement, leur liberté ou leur libération en exemple. Nul ne peut vivre en cage, qu’elle soit réelle ou psychologique.

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