Les Willoughby

Les Willoughby
Lois Lowry

Traduit (anglais) par Francis Kerline
L’école des loisirs (neuf), 2010

Les Désastreuse et Hilarantes Aventures des non-orphelins Willoughby

Par Anne-Marie Mercier

Les Willoughby.gif« Abominablement écrit et ignominieusement illustré par l’auteur », lit-on dans la page de titre, sous le nom de la famille héroïne de l’histoire. Les termes « lugubre », « ignoble », « dégoûtant », « abject », « ignominieux » (un glossaire est donné dans les dernières pages), rythment le récit, accumulant les détails sinistres dans la vie de ces enfants qui aimeraient bien être orphelins (et méritants, et donc récompensés à la fin de l’histoire), comme dans les livres « vieux jeu » pour enfants « vieux jeu ».

Le livre est un concentré d’allusions à cette littérature à travers des titres (essentiellement anglais et américains – une bibliographie est donnée en fin d’ouvrage, avec des résumés de ces histoires édifiantes – Un chant de Noël de Dickens, La maison aux pignons verts, Heidi…). On y retrouve également des personnages et intrigues classiques (une gouvernante pauvre mais tendre, des parents diaboliques, un enfant trouvé, une famille perdue, des destins qui se rassemblent à la fin…). Le livre offre un festival de caricatures et de situations rocambolesques dignes des romans d’autrefois – pour petits et grands (Willoughby est d’ailleurs le nom d’un personnage peu sympathique de Jane Austen). On y retrouve aussi des éléments modernes de la littérature de jeunesse : la veine des orphelins Baudelaire (pour le côté désastreux), une touche de Marie-Aude Murail (pour la fratrie malmenée mais résistante), un recours massif à l’intertextualité et à la parodie.

Les enfants Willoughby ne manquent pas de ressources. L’aîné a des idées très traditionnelles sur ses prérogatives d’aîné et sur la place des filles, la fille s’affirme (c’est difficile), les jumeaux gagnent en indépendance. Ce qui était séparé est réuni, tout s’arrange, mais pas comme dans les histoires « vieux jeu » où les héros ont « un choix limité ». Lois Lowry ne s’est tenu à aucune limite de vraisemblance et de sérieux, à l’exception de celle de l’unité du style et du ton, et c’est tant mieux.

 

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