La terre est rouge

La terre est rouge
Philippe Latger, Robert Sanyas
Soc & Foc, 2012

Singulier sensible

Par Dominique Perrin

 « Ici la terre est rouge.
Le sang s’est répandu en granules de terre pour nourrir la vigne.
Elle pousse dans ma gorge.
C’est ici que je suis né. »

Poète du quotidien jonglant entre l’instant, le jour et les années inembrassables, Philippe Latger fait d’un lieu fondamental – le perpignanais, rendu par lui humable et palpable –, la source d’un rapport au monde d’une acuité et d’une ouverture souvent saisissantes. L’ancrage très évident de cette poésie dans notre aujourd’hui semble à la mesure de son insertion dans une tradition lyrique très longue, à la fois populaire et savante, égotiste et intimement tournée vers ce qui n’est pas lui. Les éditions Soc & Foc offrent ici une rencontre avec un fil de ferriste de la sensation faite verbe ; la présentation écrite de cette parole si bien faite pour la profération trouve dans l’œuvre de Robert Sanyas un répondant sensible à sa mesure – en direction d’un public nettement tourné vers l’âge adulte.

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