Broadway Limited – Tome 1 : Un diner avec Cary Grant

Broadway Limited – Tome 1 : Un diner avec Cary Grant
Malika Ferdjoukh
L’Ecole des loisirs

Un automne à New-York

Par Michel Driol

BroadwayJocelyn, petit français de 17 ans, débarque à New York pour y prendre des cours de musique avec comme seule adresse en poche la pension Giboulée… une pension pour jeunes filles. Mais, grâce à un potage aux asperges confectionné par sa mère, le voilà admis dans cet établissement où il rencontre six jeunes filles, qui rêvent de devenir comédiennes, danseuses, chanteuses, mais galèrent, pour l’instant, comme chorus-girls, taxi-girls, cigarette-girls ou vendeuses de donuts… On va le suivre, durant un trimestre, à sa découverte de l’Amérique, de Broadway, du monde du jazz, du théâtre et du cinéma, jusqu’au bal de son école et son premier amour avec sa jeune voisine, d’origine turque…

Voilà un livre ambitieux, par son volume, près de 600 pages, entre drame, romance et romanesque,  et qui tient ses promesses. Livre choral, car les personnages principaux (une bonne dizaine) y sont traités à égalité, avec leurs ambitions, leurs rêves, leurs problèmes, et, selon les chapitres, c’est l’histoire de chacun qui se révèle peu à peu, mais surtout celle de Hadley, dans le seul flashback, deux ans plus tôt, à bord du train Broadway Limited, qui donne son titre au roman. Chaque personnage semble porter sa part de mystère, plus ou moins dévoilée (ainsi ce personnage de dragon farouche qu’est l’une des deux propriétaires de la pension se révèle être une ancienne reine de beauté de New York !). C’est un roman fortement inscrit dans la période où il se situe, 1948.  On y retrouve donc la façon dont les personnages y vivent avec les séquelles de la seconde guerre mondiale (l’espoir de paix avec la construction du bâtiment de l’ONU, la bombe atomique récente), les souvenirs de la guerre, de l’exode, des privations et de l’aide apportée au Juifs en France, mais aussi, aux Etats Unis, s’y confrontent et s’opposent à la chasse aux communistes.  Le roman présente donc, sous forme de fresque, cette période, tout en permettant la rencontre des mouvements artistiques à New York (l’émergence de l’Actors Studio), et, à la façon d’un roman historique, met en scène la rencontre entre les personnages fictifs et des personnages historiques (le jeune Woody Allen, qui ne portait encore ce nom, Grace Kelly courant les auditions, Sarah Vaughan, Clark Gable…).  Le tout est traité avec humour et légèreté, à la façon de certaines comédies américaines (ce n’est pas pour rien qu’un des personnages porte le nom de Cosmo Brown,  comme dans Singing in the rain, qu’un des chapitres s’intitule  Moses supposes his toes are roses et  que l’illustration de couverture est tirée de Tous en scène).

On attend donc avec beaucoup d’impatience la suite !

 

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