Le chien que Nino n’avait pas

Le chien que Nino n’avait pas
Edward van de Vendel, Anton Van Hertbruggen (ill.)
Marie Hooghe (trad.)

Didier Jeunesse, 2014

L’autre chien invisible

Par Christine Moulin

On l’a déjà noté, le thème des amis imaginaires est fréquemment traité en littérature de jeunesse, à tel point qu’un site comme Babelio a pu en dresser une bibliographie fournie. Le chien que Nino n’avait pas vient brillamment s’ajouter à cette liste. Tout est émouvant dans cet album: la présence fantomatique et pourtant si pleine de vie du chien de Nino, dans l’illustration, l’incessante répétition dans le texte de l’expression « le chien que Ninon n’avait pas », tout aussi paradoxale; en soulignant l’absence (ou plus exactement, la non existence) de l’animal, elle sature douloureusement le texte de désir et de rêve. Mais plus émouvante encore, et originale, c’est l’explication que l’on peut deviner de la nécessité pour Nino de se créer ce compagnon: « Le chien que Nino n’avait pas entendait tout ce que Nino entendait. Au téléphone. Avec Papa. Qui appelait d’un pays très, très lointain » (l’image montre un soldat ou un pilote en perdition).

Mais ce qui fait la magnifique spécificité de l’album, c’est que brusquement, en son milieu, le chien invisible disparaît au profit d’un chien réel, « le chien que Nino a maintenant » et évoque alors la belle acceptation de l’amour véritable: « Le chien que Nino a maintenant n’aime pas le lac […]. Il préfère creuser dans le sable. C’est bien aussi ». Ce qui n’empêche pas les rêves, heureusement, comme le suggère la fin…

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