Les nekomatas, Une année en compagnie d’une famille de yôkai chats

Les nekomatas, Une année en compagnie d’une famille de yôkai chats
Ayako Ishiguro, traduit du japonais par Alice Hureau
Le cosmographe, 2025

Ne réveillez pas le chat qui dort !

Par Lidia Filippini

Ce magnifique album d’Ayako Ishiguro est l’occasion de découvrir les nekomatas, ces êtres issus du folklore japonais, peu connus du public français. Au pays du Soleil-Levant, le chat est un animal ambivalent. Souvent associé à la mort, il est à la fois familier et effrayant. Le mythe des nekomatas, chats maléfiques à deux queues, trouve ses origines en Chine mais a très vite été intégré par la culture japonaise. Les nekomatas seraient de vieux chats domestiques ayant acquis le pouvoir de se transformer en puissants yôkais pour se venger des mauvais traitements subis pendant leur vie. Cruels et sans pitié, ils s’amuseraient à torturer les humains allant parfois jusqu’à les manger. On leur attribue également le pouvoir de ressusciter les morts.
Pas de malveillance ni de meurtres dans l’album de Ayako Ishiguro qui nous invite, au contraire, à rencontrer une famille de nekomatas dépourvue de méchanceté. Le lecteur suit cinq chatons kawaiis de leur naissance en février, quelques mois après le mariage de leurs parents, jusqu’à l’anniversaire de leur un an. C’est l’occasion de découvrir les fêtes traditionnelles qui jalonnent l’année au Japon. Chaque double-page correspond à un mois de l’année et met en scène les principaux évènements de la période : fête des poupées, fête des enfants, fête des étoiles, grande compétition sportive du mois d’octobre, cérémonie du nouvel an, etc.
Les illustrations, foisonnantes, fourmillent de détails et invitent le lecteur à prendre le temps de découvrir chaque page tranquillement. Elles sont conçues à la manière d’un imagier, avec le nom de certains éléments inscrit sur des étiquettes blanches. Les paroles des personnages apparaissent également, à la manière d’une BD cette fois, mais sans les phylactères. De ces illustrations se dégage beaucoup d’humour et aussi une grande douceur.
Pourtant, de l’avis de l’autrice, « [l]es nekomatas vivent comme les Japonais… mais pas tant que ça ». On trouve en effet dans leur monde des éléments farfelus et décalés, comme cette méduse électrique qui descend du ciel chaque année pour pondre et dont il ne faut pas toucher les bébés sous peine d’être électrocuté.
A la fin de l’album, un glossaire permet d’en apprendre plus sur la culture japonaise. On y trouve des informations aussi bien sur les fêtes que sur la nourriture, les vêtements ou les armes traditionnelles. Destiné par l’éditeur aux enfants à partir de trois ans, cet album peut donc être lu bien au-delà de cet âge.

 

 

 

L’Imagier des sens

L’Imagier des sens
Anne Crausaz
Askip, 2023

Le monde des sens, le sens du monde

Par Anne-Marie Mercier

Les albums d’Anne Crausaz ont souvent quelque chose de méditatif, au-delà de leur aspect documentaire, comme L’oiseau sur la branche, ou Quel est ce légume ? C’est encore plus vrai ici : l’imagier, au lieu de n’être qu’une série de vignettes montrant des objets, cherche à saisir l’insaisissable, autrement dit les sensations, comme le titre l’indique, mais aussi plus subtilement, les émotions que chacun/e peut éprouver avec ces évocations. Le texte se contente de nommer les choses et les situations, l’émotion naît silencieusement dans chaque lecteur par associations avec ses propres souvenirs.
Cette exploration se fait en sollicitant les cinq sens à travers les quatre éléments : de l’air, on cherche à saisir son odeur, sa consistance, ses manifestations sonores,  la sensation du vent (toucher, odorat, ouïe…). De l’eau, on guette les différentes formes (pluie, neige, lac…).  De la terre, on a retenu la lenteur de la germination, l’odeur après la pluie, le sable chaud, les jeux. Du feu on découvre aussi bien une allumette qu’un volcan (superbes images nocturnes) ou une cuisson d’épis de maïs sur un feu de camp.
Tout est beau et invite à l’évocation ou à la méditation.

 

Georges, le collectionneur désordonné

Georges, le collectionneur désordonné
Pauline Ferrand
Grasset jeunesse, 2025

Où j’ai mis mon chapeau? 

Par Anne-Marie Mercier

Bienvenus dans le monde de Georges!
Il nous accueille avec une série de vignettes présentant ses dernières actualités (l’état de sa plante grasse, le mort de sa grand-mère, le dernier pot de confiture acheté, tout cela en vrac…). Il nous invite à découvrir ses collections : celle d’étiquettes de fruits et légumes (collection d’un légufrulabelophile, apprend-on). Il aime et accumule les différentes formes de pâtes, les chapeaux, etc.
A chaque étape, on apprend les noms de collectionneurs, qui tous se terminent par -phile, et on est invité à jouer, aligner, trier, et surtout à aider Georges à chercher son chapeau.
Les collections apparaissent en vignettes croquées à la hâte, en désordre parfois. Les couleurs apportent une gaité bienvenue dans cet univers qui pourrait sans cela apparaitre étouffant. Au contraire, c’est très gai.
Cet album expose avec humour un trouble neuro atypique TSA (trouble du spectre autistique) et TDAH (trouble déficitaire de l’attention) que l’autrice, dit-on, connait bien.

Je suis là pour toi

Je suis là pour toi
Parapaboom [Vanessa Branchi]
Amaterra, 2026

Tout ira bien

Par Anne-Marie Mercier

Dans cet album cartonné pour les tout petits, toutes sortes de personnages se font du souci : un robot en panne, une femme en retard pour prendre son train, un marin perdu dans la nuit, un fantôme dans un grenier trop poussiéreux…Il suffit de relever la demi page qui forme rabat pour trouver la résolution de chacun des problèmes : arrive un réparateur, un chauffeur, la lune, des nettoyeurs… Chacun apporte assistance, en répétant la formule du titre. Dans les dernières pages c’est un l’enfant qui a peur du noir et qui voit ses deux parents se pencher au-dessus de son lit avec la même formule, revue : « nous serons toujours là pour toi ».
C’est répétitif et sans doute rassurant, simple en tout cas. Avec le dispositif de rabat, les illustrations font l’originalité de l’ouvrage. Très colorées, elles associent des formes géométriques faisant penser à un univers de playmobil et sont représentatives du style de l’autrice, tel que le décrit Ricochet:« Vanessa Branchi, alias Parapaboom. Inspiré par le mouvement artistique futuriste du début du XXe siècle et imprégné d’une esthétique publicitaire vintage, le monde coloré de Vanessa est fait de formes géométriques et de couleurs riches, rempli de personnages joyeux. Ces illustrations sont ludiques et rythmées. »

Le Tour de magie le plus incroyable du monde

Le Tour de magie le plus incroyable du monde
Beatriz Martín Vidal
Grasset jeunesse, 2025

Abracadabra !

Par Anne-Marie Mercier

Une enfant nous arrête dans un jardin public verdoyant, sur une terrasse au-dessus d’un jet d’eau. Elle nous propose un tour de magie : faire apparaitre dans son chapeau ce que l’on veut, un lapin par exemple. Et abracadabra… on ferme les yeux, le temps de quelques pages noires, et le lapin apparait. En regardant bien, on voit que ce n’est pas un lapin vivant mais une peluche un peu fatiguée.
Qu’importe : la magie est dans les mots : la fillette dévoile son prétendu secret et les images nous emportent vers une autre magie, celle de l’évocation. Par ses mots elle fait surgir les amis qui l’ont aidée à trouve un lapin (dragon, lion …). La représentation par l’image est une autre magie ; traités aux pastels gras, elles sont superbes et bien mises en valeur par le grand format allongé de l’album.

Méchant Charles

Méchant Charles
Alex Cousseau, Philippe Henri Turin
Seuil (Seuillissime), 2026

Poémes en flammes

Par Anne-Marie Mercier

Paru en grand format en 2019, cette histoire méritait bien une réédition. Le format poche à couverture souple lui donnera sans doute une plus grande diffusion, au prix d’une perte en dimensions. C’est un épisode d’une série commencée en très grand format avec Charles à l’école des dragons (2010) – voir la critique excellente de Christine Moulin sur lietje. Dans le tome troisième on le voyait tomber amoureux d’une princesse (2015).
Charles est donc un dragon (les enfants adorent, bien sûr !) ; son amie la princesse Cornélia (non, pas Camilla, ha !) est une dragonne. Tout va bien jusqu’ici. Mais Charles est tout petit et elle, immense. Il est poète. Il porte un chapeau melon (normal, on est en 1833). Il a des allergies terribles au pollen.
Toute cette histoire est magnifiquement illustrée dans des couleurs éclatantes. Charles est d’un très beau jaune, sa dragonne en rose et noir fait une élégante cocotte, les fleurs sont écarlates, et l’océan bien bleu. Les points de vue et cadrages varient comme au cinéma : du grand et beau spectacle !
Cette aventure les montre atterrissant sur une île fleurie, d’où arrive le drame : Charles éternue, ils se disputent, Cornélia s’en va, Charles est menacé par une tribu sauvage, s’en pend à plus petit que lui… enfin les catastrophes s’enchainent jusqu’au happy end qui montre les deux dragons réconciliés, fuyant une bataille bien humaine qui se déroule tout en bas alors qu’eux frôlent les nuages. Les dragons sont pacifiques (quand ils ne souffrent pas d’allergie), les hommes non. Ils sont aussi poètes et l’aventure est ponctuée de belles créations de Charles, tantôt amoureuses, tantôt vengeresses, à la manière du Cyrano d’Edmond Rostand (mais en moins bien, ses vers étant souvent du genre mirliton). Charles conclut, voyant les hommes de deux continents s’entretuer : « Regardez-les
Oh qu’ils sont laids
A brandir leur fusil
Comme un second zizi »
Le fait que l’un des camps soit celui des anglais colonisateurs et l’autre celui d’une tribu native n’est pas évoqué : Charles pratique un pacifisme radical.

Un air de trompette

Un air de trompette
Gilles Baum – Clémence Pollet
HongFei 2016

Retour d’Egypte

Par Michel Driol

De retour d’une expédition en Egypte, à la tête de sa Grande Armée, l’Empereur charge le conservateur du musée d’organiser une exposition avec les œuvres d’art qu’il a rapportées. L’empereur est pressé, et le conservateur a à peine le temps d’identifier les objets. Il croit reconnaitre une trompette. Et voilà l’empereur désireux d’entendre le son de cet instrument…  qui se révèle un brule-parfum magique, permettant aux oiseaux, crocodiles et momies volées de retourner en Egypte.

A la base de cet album, une histoire vraie, racontée dans deux pages documentaires, celle d’un pied de brule-parfum pris à tort pour une trompette, ce que l’on ne découvrira que quelques dizaines d’années plus tard.. Ici, Gilles Baum resserre la chronologie, s’amusant à faire de ses personnages des caricatures ridicules. Ce resserrement temporel lui permet aussi de conduire un récit vif et alerte, aussi pressé que son impérial personnage, trop pressé d’exposer ses conquêtes. Mais tous les politiques ne sont-ils pas pressés de faire valoir leurs réalisations ? Un conservateur obligé de se plier à cette temporalité, là où la science demanderait du temps pour analyser, comprendre… Gilles Baum et Clémence Pollet campent à merveille ces deux types d’hommes, dans des expressions du visage et des attitudes corporelles bien révélatrices de qui ils sont.  L’album est plein de truculence et le renversement carnavalesque final s’avère une libération poétique un peu folle qui trouve ses racines dans les mystères – et l’imaginaire – de l’orient.

Les illustrations, particulièrement fouillées et précises, s’inspirent – pour les costumes, les décors, du début du XIXème siècle, mais aussi de certaines miniatures persanes dans la façon de représenter les visages, en particulier celui de l’empereur, qui ne ressemble en rien à Napoléon 1er, mais plutôt à un prince oriental. L’illustration s’amuse aussi avec les représentations de personnages vus de profil, à l’égyptienne. Tout cela crée une ambiance très fantaisiste, animée et vivante par les poses de personnages et les couleurs.

Un album plein de péripéties, de rebondissements, dont on appréciera le double sens du titre… et dans lequel on se moquera gentiment , mais avec jubilation, des puissants et des désirs de conquête.

Je fais un livre

Je fais un livre
Frédérique Rusch
Éditions du livre, 2025

Par Anne-Marie Mercier

Avec un nom pareil, les Éditions du livre étaient bien placées pour publier cet album, ou ce livre.
Au fait, qu’est-ce que c’est ?
Est-ce un mode d’emploi ? On nous dit effectivement comment faire un livre graphique : matériel, feuille, crayon bien taillé, une gomme, des ciseaux, des agrafes, et voilà. On fait des essais, on fait alterner les formes et les couleurs, on trace…
C’est un petit album carré, où il y a du texte, pas beaucoup, et des images, réduites à des couleurs et quelques formes schématiques, certes, mais qui ravissent tout de même l’œil par leur subtilité et la beauté des couleurs, la qualité du papier et des encres.
C’est un livre d’artiste pour les enfants.
« Oups », « tchic », « tchac », les diverses opérations sont rythmées par des exclamations et le locuteur est bien présent avec l’enfant dans cet espace idéal. Et puis quand c’est fini il invite à sortir du livre, et le lecteur avec lui, après un passage par des pages au format réduit, comme un autre petit livre, où le dehors, le ciel bleu et l’herbe verte sont suggérés, juste par la couleur.

Voilà de la belle lecture active.

Fleur d’argent

Fleur d’Argent
Cécilie Eken

Traduit (danois) par Catherine Renaud
Hélium, 2026

Un cocon dans une nature luxuriante

Par Pauline Barge

C’est la fin de l’été, avec sa chaleur étouffante et la rentrée des classes. Pour Jonas, cela n’a pas un goût agréable. Il doit bientôt déménager et l’éloignement prochain avec son meilleur ami Simon le chagrine. Cependant, avant même qu’il ne parte, Simon l’abandonne soudainement. Jonas passe alors ses derniers moments seul, dans le repaire secret qu’ils s’étaient construit, au fond d’une mystérieuse maison à la lisière de la forêt. Ce petit cocon va être chamboulé : la vieille dame qui occupait cette maison, la « Sorcière », décède. Poussé par sa curiosité et son inquiétude, Jonas va devenir malgré lui le gardien de toutes les plantes de cette drôle de demeure. Une banale occupation, jusqu’à ce que Fleur d’Argent fasse son apparition. Cette fillette mi-plante, mi-humaine, lui demande de la sauver, avec toutes les plantes de la maison. Jonas livre alors un véritable combat pour préserver cette nature luxuriante.
Ce court roman est très doux et bienveillant. Il nous embarque d’abord au milieu des plantes et des merveilles de cette fascinante maison. On s’y perd avec Jonas, on ressent ses joies et ses surprises. Ce récit émerveille, par son caractère improbable et sa créativité épatante. La plume de Cecilie Eken est pleine de poésie, faisant de ce sujet et de cette idée d’apparence simple, une histoire totalement envoûtante. Au-delà de son caractère fantaisiste réussi, le roman porte d’autres messages forts pour les lecteurs. L’écologie est un point clef dans ce roman, montrant l’importance de la protection de l’environnement, mais surtout le pouvoir que la nature peut avoir sur nous. Jonas est un personnage touchant par sa générosité et sa bienveillance. De même, son caractère curieux et sa résilience face aux bouleversements de son quotidien font de lui un héros dans lequel les jeunes lecteurs peuvent s’identifier aisément.
Fleur d’Argent est donc un roman brillant, qui restera dans le cœur de chaque lecteur. Une belle lecture quand le mauvais temps et l’attente de la renaissance de la nature nous rongent. Le récit parle beaucoup d’amitié, et c’est également ce que peut être ce roman : un ami, un refuge, pour des lecteurs ayant besoin d’un moment d’évasion, d’un cocon protecteur au sein d’une nature surprenante et attachante.

Direction l’Antarctique. Le continent de glace qui bouillonne de vie

Direction l’Antarctique. Le continent de glace qui bouillonne de vie
Guillaume de Rémacle et Adrienne Barman

Helvetiq, 2026

 

Cap sur la banquise

Par Lidia Filippini

Tout commence dans une classe de primaire où Marc, guide d’expédition en Antarctique, vient présenter son travail. Devant l’enthousiasme des enfants, qui l’assaillent de questions, il décide de les emmener avec lui à la découverte du continent blanc. Les voilà partis en bateau, puis en zodiac, vers des aventures extraordinaires, celles de la nature à l’état pur. Ils vont rencontrer des manchots, des baleines, des phoques, des léopards des neiges, s’émerveiller devant leur beauté et en apprendre plus sur leur mode de vie. Ce voyage sera également l’occasion de découvrir Port Lockroy, une ancienne base scientifique devenue musée, où sont conservées les traces des travaux de ceux qui ont étudié le Pôle Sud entre 1944 et 1962.
Guillaume de Rémacle, l’auteur, est lui-même, depuis plusieurs années, guide d’expédition polaire. Mais il a aussi exercé des métiers encore plus farfelus, comme celui de facteur en Antarctique. À cette époque, il avait également reçu pour mission de compter les manchots d’une colonie pendant la période de la reproduction. Le jeune français explique avoir rencontré par hasard, lors d’un co-voiturage, une éditrice d’Helvetiq qui lui a donné envie de transcrire son expérience sur le papier. Il a choisi, dans ce documentaire, de centrer le regard sur la vie de la nature et non sur les activités humaines. « Ce livre, affirme-t-il, a pour but de montrer comment de la microalgue jusqu’à la baleine, tout le monde est connecté et a besoin les uns des autres pour vivre. » Si le sujet de l’homme est abordé, c’est pour alerter sur ses comportements néfastes : bruits des moteurs qui perturbent les communications des baleines, pêche intensive qui déstabilise les chaînes de prédation, etc. L’idée principale reste tout de même de mieux comprendre les animaux et leur écosystème car les comprendre, c’est les respecter.
Les informations scientifiques sont données en réponse aux personnages enfants qui posent des questions à leur accompagnateur. C’est donc une vision à hauteur d’enfants qui est proposée ici. Cela n’empêche pas le contenu d’être extrêmement riche – bien plus que celui de la plupart des (très) nombreux documentaires sur l’Antarctique qui paraissent chaque année.
Le lecteur désireux d’en apprendre davantage peut scanner un QR code permettant d’accéder à la page web du livre. On y trouve de nombreuses images et vidéos en lien avec l’Antarctique. L’adresse électronique de l’association Ocean youth academy apparaît également en fin d’ouvrage. Cette organisation à but non-lucratif se donne pour mission de « rendre l’éducation sur les océans accessible au plus grand nombre d’enfants possible » en fournissant « les récits et les outils pédagogiques nécessaires pour comprendre les merveilles de notre monde naturel et les protéger ».
Le choix de faire de ce documentaire une bande dessinée est intéressant. Cela crée une dynamique d’échanges entre Marc, le guide polaire (double de l’auteur), et les enfants de la classe (doubles du lecteur) qui explorent l’Antarctique. L’illustratrice suisse Adrienne Barman apporte sa touche colorée et son humour. Elle propose des personnages joyeux et pleins de vie qu’on a envie de suivre dans ce grand voyage. Enfin, comme toujours chez Helvetiq, le soin apporté à la mise en page, à la qualité du papier et de l’objet-livre en général rend cet ouvrage encore plus plaisant.