Compte sur moi

Compte sur moi
Miguel Tanco
Grasset jeunesse, 2025

Folle des maths

Par Anne-Marie Mercier

Une petite fille cherche sa vocation : elle voit les membres de sa famille passionnés, l’un par la peinture, l’autre par l’entomologie, un autre par la musique, et ses camarades de classe qui vont avec enthousiasme d’une « activité » à l’autre, mais elle ne se sent attirée par rien, sauf… les maths.
Elle les voit dans les structures de jeux du square, dans les ricochets sur l’eau, en faisant la cuisine, en visitant un musée de peinture… Elle nous montre que les maths sont partout. Les illustrations montrant cette fillette dans un décor simple et des activités quotidiennes rendront sans doute ces maths plus accessibles et désirables. L’album est avant tout pédagogique, mais a un certain charme grâce à elles.
Les pages finales récapitulent, dessins à l’appui, ce que sont les fractales dans la nature, les polygones dans les objets du quotidien, les formes, les trajectoires, les ensembles…
Et, bonus, il y a un QR code qui permet d’accéder à des propositions d’activités !

C’est l’occasion de rappeler le projet Myth et maths qui propose d’ »Explorer les maths autrement : ressentir, imaginer et partager pour mieux comprendre », notamment en s’aidant des contes.

Miguel Tanco avait publié chez le même éditeur un ouvrage intitulé « L’ Étincelle en moi » présentant la physique avec le même principe.

La Vraie folle histoire du gros canard jaune

La Vraie folle histoire du gros canard jaune
Nathalie Meynet, Guillaume Plantevin
Océan Jeunesse 2011

La meilleure volonté didactique ne donne pas toujours de bons albums

par Sophie Genin

lavraiefollehistoireL’éditeur indique que le récit de ce comptable qui rêve d’être un gros canard jaune, est « une histoire un peu folle sur le mode du conte traditionnel qui parle des envies et des vocations profondes de chacun, qui peuvent ressurgir à n’importe quel moment de la vie… ». Soit. Mais cette volonté didactique, soutenue en fin d’ouvrage par une page intitulée « Tu veux faire quoi plus tard », semble avoir empêché l’intérêt littéraire.

Qu’est-ce qu’on s’ennuie à suivre ce pauvre homme qui fait un jour (involontairement d’ailleurs, renvoyé de son métier, celui qui, accessoirement, le nourrit) son coming out et sort déguisé pour aller jouer avec les enfants dans les parcs pour des « caresses sur bisous et bisous sur caresses » ! Il affrontera dorénavant la vie en « gros canard jaune ». On peut penser que cet happy end peut pousser les jeunes lecteurs à être eux-mêmes mais le principe de réalité est omniprésent et va en sens inverse de cette idée : être soi-même est incompatible avec le travail ! Le message, surtout en temps de crise, est gênant. Le conte n’est peut-être pas allé assez loin dans le loufoque pour quitter réellement une réalité pas toujours attirante, il est vrai. Dommage que les bonnes intentions ne donnent pas toujours des albums intéressants !