La première fois, on pardonne

La Première Fois, on pardonne
Ahmed Kalouaz
Rouergue (doAdo), 2010

 Comment dire l’insoutenable?

 par Maryse Vuillermet

genere-miniature.gifDans ce roman, une jeune fille de quinze ans, Elodie,  en vacances chez sa grand-mère dans le Pilat feuillette un album de photos familial. Elle cherche à comprendre le bonheur des premières photos puis les vides, les manques et même les photos déchirées.  Elle se souvient que vers cinq ans, elle s’était inventée un renard, un animal qui la comprenne et la console,  car elle a peur des cris de son père, des coups sur le visage de sa mère. Peu à peu, on apprend que sa mère s’est enfuie et qu’elle se cache dans un foyer. Ce livre sur un sujet particulièrement sensible sait procéder par petits touches,  par réseau d’images, images qu’Elodie s’invente pour parler de ça, pour dire l’insoutenable : la culpabilité des enfants, de la mère alors que c’est le père qui crie et frappe. Le livre dit aussi le silence de tous, la famille, les amis, les voisins; tous savent et se taisent, abandonnent cette femme aux coups de son mari. La mère devient passive, terrifiée, puis boulimique. Le livre explique aussi que l’enfant aime quand même ce père qu’il hait. Tout est difficile et nuancé.

Le feuilletage de l’album libère la parole et un dialogue s’engage entre les filles, la mère et la grand-mère.

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