Couleur Colère

Couleur Colère
Emmanuel Trédez, Amandine Piu
Flammarion, Père Castor, 2023

Explosions

Par Anne-Marie Mercier

La colère est rouge, c’est bien connu ou du moins c’est ce que l’on trouve très habituellement dans les albums (voir Le Livre en colère, Nina en colère, Rouge de colère, etc.)  qui évoquent cette émotion (et même en BD (par exemple dans la série « Largo Winch » (t. 18, Colère rouge, 2012).
On voit aussi apparaitre dans cet album (paru la première fois en 2018) certains traits que l’on retrouve dans Grosse Colère (L’école des loisirs, 2000) de Mireille d’Allancé,  montrant la colère comme un monstre qui sort de l’enfant et sème la destruction dans sa chambre, sans épargner ses jouets préférés. L’originalité de Rouge Colère tient en partie au fait que l’enfant est une fille, chose assez rare dans ce domaine, la colère ayant été le plus souvent représentée sous des traits masculins (quand la tristesse était conjuguée au féminin… voir dans La Nouvelle Robe de Bill (Bill’s new Frock, 1989, L’école des loisirs (neuf), 1997)).
La liste des effets (rougeur, traits déformés, étouffement) et des bruits (cris, hurlements, mots durs) déclinent les temps de colère et ses effets sur le corps, les objets et l’entourage. La référence aux animaux allège un peu le propos en créant des effets comiques qui revitalisent des comparaisons usées grâce aux images (le caractère de cochon, par exemple). Si les illustrations montrant la petite fille sont remarquablement dynamiques, celles qui représentent les parents, en arrière-plan, sont au contraire statiques : Ils apparaissent désemparés et incapables de faire quoi que ce soit.
La chute montre une enfant honteuse et repentante. Le rouge passe au bleu, retour au calme, jusqu’à la prochaine fois (verte). Il n’y a pas de solution proposée, mais c’est une description dans laquelle certains et certaines se reconnaitront.
Le thème des émotions est bien rebattu, souvent sans grande originalité depuis quelques années, notamment depuis la parution du livre animé d’Anna Llenas, La Couleur des émotions (Glénat, 2014), et de son entrée dans les écoles maternelles qui en ont fait un ouvrage repère et l’ont exploité jusqu’à la corde. L’éditeur a suivi et l’on a vu se succéder album, cahier de coloriage, peluches…, les produit dérivés et ouvrages annexes se sont multipliés.
Signalons la parution chez Amaterra, de l’original  Rue de la peur, par la même illustratrice, Amandine Piu, avec un scénario de Gilles Baum, chroniqué sur lietje par Michel Driol. Le même duo avait réalisé Tout noir, (encore une chronique de Michel Driol sur Lietje). Et, on peut revoir sur la colère Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait de Véronique Seydouxet Hélène Georges (Rouergue, 2022) ou l’Abécédaire de la colère d’Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 2008).

 

 

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