Le Coquillage

Le Coquillage
Camille Floue
Thierry Magnier petite poche 2026

Des mots qui font voyager

Par Michel Driol

Mona vit avec sa famille dans un petit appartement.  Elle y partage sa chambre avec ses nombreux frères et sœurs. C’est l’été. Les vacances, c’est au parc, sous la surveillance des frères ainés tandis que les parents travaillent. Dans la vitrine d’un magasin d’antiquités, la fillette a repéré un magnifique coquillage. Un jour, il n’est plus là. Elle s’enhardit à entrer, et lune vieille femme lui offre le coquillage. Il lui suffit de fermer les yeux, de le porter à son oreille, pour être transportée au bord de la mer. Mais quand ses sœurs emplissent le coquillage de papier, cela ne fonctionne plus, et les enfants se rendent chez l’antiquaire qui saura bien retirer le papier, et, au-delà, raconter les histoires liées à chacun des objets de la boutique…

Le Coquillage est un récit qui flirte avec le fantastique, mais reste résolument réaliste. Fantastique de cette boutique pleine d’objets mystérieux, fantastique de la propriétaire, vieille femme mystérieuse. Fantastique du pouvoir des objets. Mais, si l’on côtoie le fantastique, c’est pour rester résolument du côté du réalisme. Réalisme de cette famille, aimante, pauvre, si bien décrite dans la promiscuité de ses conditions de vie, dans la précarité que l’on ressent, et dans l’amour des uns pour les autres. Réalisme des relations et sentiments éprouvés, entre désir d’indépendance, besoin de s’isoler, et vivre ensemble. Un réalisme qui n’exclut pas la poésie. Poésie du voyage effectué à travers les objets de la boutique, mais surtout à travers les mots de l’antiquaire, passeuse d’histoires, passeuse de pays lointains. C’est là, par la langue, par le récit, que le texte atteint une dimension fantastique pour parler avec réalisme du désir d’évasion, de rêve, de voyage, d’aventures…

Un texte sensible qui montre le pouvoir des mots, des histoires, pour s’évader quand on ne part pas en vacances, tout en côtoyant les codes les plus classiques du fantastique.

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