La peau d’un autre

La Peau d’un autre
Philippe Arnaud
Sarbacane, Ex’prim   2012,

 Prise d’otage à l’école,  thriller haletant et tragique

Par Maryse Vuillermet

la peau d'un autre image Thriller   haletant, car il s’agit d’une prise d’otage, dans une école maternelle : un individu armé d’une mitraillette prend en otage toute la classe des petits ainsi que la maîtresse Anna. Le kidnappeur est bizarre, très silencieux, presque doux, le soir, il ne réclame pas de  rançon, il commande des pizzas pour tout le monde. Un interminable face à face commence, une journée, une nuit et encore une journée. L’institutrice essaye de protéger les enfants, de les occuper. Mais c’est Manon, une des élèves qui a l’incroyable intuition de tracer une ligne à la craie  au sol et de faire  comprendre au tueur que cette ligne  ne sera pas franchie mais qu’il doit les autoriser à bouger à l’intérieur de ce territoire.

Le lecteur entend trois voix, celle du tueur, celle de l’institutrice et celle de Manon, la petite fille si intelligente. En étant dans la peau du tueur, peu à peu, au fur et à mesure que son monologue intérieur se déploie, on est amenés à comprendre et connaître son interminable calvaire. Il est un enfant albinos né en Afrique, donc traqué et frappé par ses camarades, retiré de l’école pour être protégé puis exfiltré de son village car même les adultes veulent sa mort. Il arrive en banlieue parisienne  chez un oncle, fréquente quelque temps un collège, il croit avoir trouvé la paix mais,  là aussi, il est ostracisé, et évité. Seuls Léa une jeune fille, dont il tombe amoureux et Serge, le musicien, le considèrent comme un humain.  Il va d’ailleurs quelque temps être parolier du groupe de rock de Serge, il écrit des chansons aux paroles horribles de solitude et de haine. Mais ce bel instant prend fin aussi et il décide  alors de passer à l’acte.

Nous suivons aussi le cheminement  intérieur de  l’institutrice  qui a sauvé tant d’enfants cassés, un moment, elle croit qu’elle va sauver aussi celui-là,  l’enfant blessé  qu’elle perçoit à l’intérieur du colosse menaçant.

Une réussite  pour un premier roman et un texte qui résonne étrangement avec l’actualité !

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