La Piste cruelle

La Piste cruelle
Jean-François Chabas
L’école des loisirs, 2014

Sans les Indiens

Par Anne-Marie Mercier

la-piste-cruelleChaque livre de Jean-François Chabas est une surprise. Celui-ci l’est en partie par sa narration et en partie par sa fin ou plutôt son absence de « fin ».

Le récit débute in medias res : un grand oiseau se pose près de trois enfants qui marchent seuls dans le désert ; l’aîné, le narrateur, essaie de le tuer avec le revolver que son père lui a laissé et échoue. Affamés, assoiffés, perdus depuis que leurs parents ont disparu, les trois enfants, deux garçons et une fille (entre 11 et 8 ans) tentent de suive la direction qui doit les mener à San Francisco, par un chemin peu fréquenté.

Les circonstances qui les ont amenés là, en 1879, depuis leur pays de Calabre, les choix quant à l’itinéraire, l’achat des armes, les projets, les rencontres, accompagnés de leurs parents puis sans eux, la folie de la mère, tout cela est rapporté petit à petit. Quelques scènes inquiétantes comme la rencontre d’une horde d’animaux enragés et celle d’indiens immobiles et muets en font un récit d’aventures.

Mais ce sont surtout les personnages des enfants qui sont intéressants : l’aîné sérieux, voulant garder son autorité mais doutant de lui et de ses décisions, le second en révolte, la troisième dans une posture proche de celle de la mère, tantôt folle de peur, tantôt aidante. Enfin, le sauveur, Salomon Weismann, juif austro-hongrois cherchant une vie libre est une belle personne, simple et généreuse, un beau portait d’homme.

 

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