Nuit noire, nuit blanche

Nuit noire, nuit blanche
Alice de Nussy et Stéohane Kiehl
Grasset jeunesse, 2026

Au Clair de la nuit

Par Anne-Marie Mercier

Placé sous l’influence revendiquée de Pierre Soulages avec cette phrase « Mon instrument n’était plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir », l’album est effectivement entièrement noir, éclairé seulement par quelques touches de blanc et de gris. Un petit personnage à tête de chat vêtu d’une ample robe nous entraîne dans ce voyage, nous faisant basculer d’un point de vue négatif  (nuit noire, page de gauche) à un autre, plus positif  (nuit blanche page de droite).
La nuit est ainsi décrite tantôt comme terrifiante, tantôt comme rassurante, vide ou pleine, bruyante ou silencieuse. La nuit est un paradoxe permanent. On la contemple dans de superbes images (noires) de fonds marins, de forêts, de ciels étoilés, de lune, de villes… La nuit c’est le monde. La beauté des images fait que malgré le balancement régulier entre côté noir/ côté blanc, c’est le blanc qui l’emporte : la nuit est devenue lumineuse, une prouesse graphique et éditoriale (bravo aux imprimeurs).

Notons que par une malheureuse coïncidence, le titre est également celui d’un podcast de France Inter donnant la parole à la victime d’un viol. L’expression « nuit blanche » peut prendre de multiples sens.

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