Le Vélo de Jules

Le Vélo de Jules
Louise Chaput et Annick Gaudreault
Editions de l’isatis 2026

Récupérer, réparer, rouler…

Par Michel Driol

Au bout de la ruelle, le père de Jules – le narrateur –  a trouvé un vieux vélo. Jules et lui le réparent, le repeignent, regonflent les pneus, et voilà Jules parti pour de grandes balades ! Une dernière page documentaire retrace en grandes lignes l’histoire du vélo.

Voilà un album écologique, véritable ode au bricolage, aux savoir-faire manuels, qui montre comment on peut donner une seconde vie aux objets abandonnés au lieu de les jeter, dans la bonne humeur, et la complicité d’un père et d’un fils. Il est fier, Jules, sur la couverture. Fier de quoi ? D’avoir un vélo ou de l’avoir réparé, repeint, avec son père ? Fierté du travail accompli, et bien accompli.

Le texte joue avec les rimes et les assonances, sans avoir une présentation en vers, pour se donner plus de musicalité et de légèreté. Il fait parfois appel à des dialogues pleins de la poésie décalée de livrets d’opéra – façon Offenbach ! Les illustrations veulent occuper tout l’espace de la page, montrant le père et le fils bien occupés, dans un faubourg québécois entre ville et jardin public.

Un album qui fait le choix de la légèreté, pour montrer, par la pratique, comment on peut donner une seconde vie aux objets,  comme les vélos, moyen de transport doux s’il en est ! Pour aussi montrer aux enfants que réparer vaut mieux qu’acheter !

Mon père le plus grand des agents bricoleurs

Mon père le plus grand des agents bricoleurs
Barroux
Little Urban 2019

Bricoler ensemble

Par Michel Driol

Voici un album qui parle d’un papa bricoleur… Est-on dans les stéréotypes de genre ? Certes non. En 14 doubles pages, qui chacune porte un titre, on découvre progressivement les facettes de ce père bricoleur, vu par sa fille, future bricoleuse. Cela va de la caverne à la sieste, en passant par la guerre et les cartes postales. Et, bien sûr, l’album parle de la relation entre un père et sa fille qui partagent la même passion du bricolage.

D’entrée de jeu, on est dans un imaginaire enfantin : la petite fille assimile son père à un agent secret, qui change de tenue le weekend, afin de bricoler. Dès lors, il possède un coin secret, et une assistante, sa fille… Tous les attributs liés au bricolage sont là : les multiples boites qui servent à ranger, les outils aux noms poétiques et énigmatiques,  les blessures aussi… Au service de tout le quartier, le bricoleur sait aussi se faire inventeur, et proposer à sa fille, en grand secret, une invention qui les rapprochera encore plus… On trouvera peut-être que la mère est quasi absente, réduite à un rôle d’infirmière ou de spectatrice. Cela participe de la volonté de l’auteur de mettre en évidence la relation père fille.

Le récit est conduit avec beaucoup d’humour, en particulier à cause du regard de la petite fille et de son ton familier et ses énumérations qui tentent de dire l’univers du père. Les objets sont quasi animés : le père leur redonne vie dans son espèce de jardin secret qu’il partage avec sa fille. Les illustrations – souvent en double page – montrent un univers coloré, désordonné, et donnent une impression de joie et de bonheur dans la complicité qui se noue.

Un album à la fois joyeux et tendre, plein de poésie et de douceur, qui montre que le bricolage n’est pas réservé aux garçons !