La Promesse de l’ogre

La Promesse de l’ogre
Rascal, Régis Lejonc
L’école des loisirs (Pastel), 2015

Tuer le père

Par Anne-Marie Mercier

Le fils de l’oLa Promesse de l’ogregre ne veut pas manger de l’enfant comme son père. Il lui fait promettre d’arrêter de les chasser et de les tuer, mais la promesse n’est pas tenue bien longtemps. L’ogre est ici absolument classique, grand, avec une barbe, sale, et maniant un grand couteau… L’histoire se conclut par la mort du père et la survie de deux enfants, le fils de l’ogre et la fillette qu’il a sauvée.

Le titre rappelle vaguement quelque chose : peut-être « promesse de l’aube » ? C’est bien une histoire de parentalité. C’est aussi une histoire d’amour entre un fils et son père, et pourtant de solitude et d’incompréhension. Ce désir de « chair tendre » du père pourrait signifier bien des choses et des situations où l’addiction d’une part et la honte d’autre part sont plus fortes que l’amour. Il pourrait aussi suggérer la nécessité de rompre les coutumes ou croyances mortifères que l’on transmet d’une génération à l’autre. Les dessins de Lejonc rendent magnifiquement ce conte cruel avec une palette très colorée, parfois sombre et grinçante.