Ramson & Aki

Ramson & Aki
Aurélie Wilmet
CotCotCot éditions 2026

L’ours qui aimait la forêt et la forêt qui aimait l’ours

Par Michel Driol

Deux personnages pour cet album : un vieil ours qui adore l’ail des ours, et une forêt boréale, Aki. Et, pour lier l’un à l’autre, le vent, sorte d’esprit de la forêt, peut-être. Tout commence au printemps, quand Ramson émerge don long sommeil hivernal, les narines chatouillées par l’odeur de l’ail des ours. Puis arrive l’été, avec les baignades. Et enfin survient l’incendie, qui détruit la forêt. Mais, au printemps, l’ail des ours est encore là, et Ramson le premier à se réveiller…

Ramson et Aki propose un album qui articule différents registres. Un registre très poétique d’abord, avec cette amitié entre un ours et la forêt qui l’abrite, le protège, avec laquelle il échange, il parle. Forêt qui se souvient aussi des légendes anciennes. Avec ce vent, représenté comme un simple trait oranger, véritable souffle de vie, force spirituelle. Avec ce passage des saisons, reprenant un motif  poétique, pictural, musical, bien connu.  Avec cette langue du narrateur, aux phrases souvent longues et enveloppantes, et celle des personnages, parfois dans l’urgence, parfois presque dans la préciosité…. Mais aussi un registre plus écologique, qui illustre la symbiose entre milieu naturel et animaux, qui alerte sur les dangers si actuels des grands feux de forêts, qui atteignent aussi les forêts boréales. Et enfin un registre plus philosophique, l’ours, animal qui ressemble le plus à l’homme, le symbolisant ici dans un milieu dont la fragilité n’est plus à démontrer. Pour autant, les illustrations ne jouent pas sur l’anthropomorphisme, ou la tentation de faire de ce grizzly un nounours bien gentil. Certes, il possède un nom propre, mais on le voit mâcher à belles dents l’ail, se baigner, ruisseler, la fourrure comme mal léchée… Tel qu’il est, il permet néanmoins de susciter l’empathie du lecteur.

Un album qui raconte une histoire simple, avec peu de personnages, accessible aux plus jeunes, mais un album optimiste dont les sens symboliques mettent en valeur la force vitale de la nature, capable de se régénérer après une catastrophe.