La Cabane de vacances

La Cabane de vacances
Marie Barguirdjian – Jean Claude Alphen
D’eux 2026

Ecureuils et robinsonnade

Par Michel Driol

En vacances chez Maminou, Alice, Thelma et Paul sont ravis de retrouver leurs habitudes. Mais, un jour de canicule, l’ennui commence à se faire sentir. Implacable, Maminou les envoie dehors. Rencontrant leur voisin Lucas, ils décident de construire une cabane de vacances. Il faut d’abord choisir avec soin l’emplacement. Ce sera près d’un noisetier bien garni. Mais, une fois la cabane achevée, un écureuil arrive, et, quand il leur demande ce qu’est une cabane de vacances, et qu’ils parlent de manger des noisettes, voilà l’animal qui revient avec une foule de ses congénères,  qui occupent tout l’espace, chassant les enfants…

Non sans humour, voilà un album qui parle de vacances chez une grand-mère, du plaisir de retrouver un lieu familier, mais aussi du besoin de nouveau quand on a épuisé tous les jeux, toutes les activités. Cela semble bien saisi sur le vif ! Un album qui reprend aussi le thème de la cabane, lieu refuge, maison en réduction à construire pour s’y sentir bien.  Cabane de vacances, dit le titre, commenté par Paul comme une cabane où on ne fait rien. Eloge de la paresse, du farniente, du loisir, de la gourmandise épicurienne avec les noisettes en abondance Mais les utopies – dans lesquelles les hommes et les animaux communiquent – se heurtent au réel… ici incarné par une famille d’écureuils, conduisant à une chute inattendue.

Le récit est rapide, enlevé, faisant la part belle à des dialogues pleins de vie, montrant les joies et les hésitations de enfants, leurs négociations pour trouver l’endroit idéal… Les illustrations, brossées à grands traits, sans chercher le réalisme, sont pleines de détails et renvoient bien à une certaine naïveté de l’enfance heureuse et libre au sein de la nature.

Un album amusant qui montre comment l’ennui met en route l’imagination, un album qui parle des jeux entre frère et sœurs, voisins, dans un été qu’on voudrait sans fin, un album joyeux qui parle d’amitié et de découverte du monde proche.

Elliot, super- héros

Elliot, super- héros
Cécile Chartre
Rouergue

Le super-héros qui murmurait à l’oreille des cochons d’Inde

Par Michel Driol

eliottChouchou, fayot, bon élève, Elliot voit sa vie basculer le jour où, pour épater  Lisa, il lance maladroitement le ballon dans la fenêtre du directeur. Pendant la punition, le soir, avec deux autres garçons, un néon de la classe explose. Comme dans la série Broken arms… Et cela suffit à donner aux trois punis des superpouvoirs : Elliot parle aux chats, Gaspard rote à volonté, et Robin se téléporte ! C’est la naissance de la bande de super-héros, prêts à sauver le monde, Robin(e) and co, qui arrivent le lendemain matin en tenue de super-héros…  Mais qui sauver ? La femelle cochon d’Inde de Lisa, qui s’est enfuie de la caisse dans la classe ! Cet exploit permettra à Elliot de décider d’apprendre à parler humain, pour les beaux yeux de Lisa !

Ce petit roman désopilant et plein d’humour est raconté à la première personne par Elliot, dans une langue orale juste  et  savoureuse.  Tout y est affaire de langage et de mots : la parole du  narrateur et celle des  enfants ont le pouvoir de faire naitre les superpouvoirs qui n’existent que par le fait de les évoquer, de les raconter… et d’y croire.  La « leçon » faite par Elliott à la maman  cochon d’Inde est un petit bijou d’éloquence et un hymne naïf et fort à l’amour maternel. Cécile Chartre dresse avec délicatesse et tendresse le portrait d’un garçon de 10 ans, ordinaire et naïf, qu’on devine vivre dans sa famille avec sa mère et sa sœur, élève solitaire à l’école qui n’attend que de trouver le chemin des autres.

Un roman drôle et sensible, ce n’est pas incompatible…