Le Garçon qui volait

Le Garçon qui volait
Jean-Claude Mourlevat
Gallimard (folio junior), 2012

Par dessus les toits, loin du cirque du monde…

Par Anne-Marie Mercier

legarconquivolaitDans la grande tradition des enfants qui partent à l’aventure, le  jeune Tillmann Ostergrimm, s’enfuit et se retrouve dans un cirque  (on pense à Jean-Paul Choppart, à Pinocchio…). Il fuit à quinze ans son père autoritaire et le destin tout tracé qu’il lui impose.

La réalité du cirque s’avère très décevante. Il est montré comme un phénomène et y est malheureux, comme ses amis : la femme minuscule, la femme énorme, le colosse, la calculateur de génie… Révolte, fuite à nouveau, trahison, retrouvailles, l’histoire est pleine de péripéties et tout rentre dans l’ordre, avec de l’amour en plus du côté paternel.

La grande originalité de l’histoire réside dans le talent qui fait que le jeune homme est « recruté » (dans un café, comme on enrôlait autrefois les soldats), talent qu’il découvre au moment de sa fuite : il peut voler. L’alliance entre l’idée de fugue et celle de légèreté est belle. Le talent de Mourlevat fait qu’il sait ne pas abuser des scènes où le « pouvoir » du garçon est mis en œuvre. Ainsi, ce qui pourrait paraître comme une facilité est un ressort de poésie pour un récit initiatique charmant.

Le Secret d’Iona

Le Secret d’Iona
Gil Lewis
Gallimard (folio junior), 2011

Pour l’amour des oiseaux

Par Anne-Marie Mercier

La jeune Iona passe comme un éclair dans la vie du jeune narrateur (11 ans), mais elle détermine sa vie et ses choix : tournant le dos à ses copains, aux exploits en vélo ou à la pêche, il fait un bout de chemin avec celle que tous rejettent et il arrive à partager son secret : un nid qui prouve le retour d’un oiseau d’une espèce quasi disparue en terres écossaises, le balbuzard.

Si la première partie est guidée par la rencontre avec Iona, rencontre qui se termine tragiquement, la seconde suit le parcours d’Iris, la femelle balbuzard, jusqu’en Afrique : le garçon la suit grâce à une bague et à google earth, il tient son journal et l’on voit parfois à travers les yeux d’Iris. Tout cela mène à une autre rencontre, celle de la jeune africaine handicapée Jeneba, et à une belle histoire de solidarité.

Le roman mêle des préoccupations écologiques, sociologiques, humanitaires à la description de la vie quotidienne en Ecosse sans tomber dans l’artifice. Les personnages sont attachants et pittoresques, à peine stéréotypés (juste ce qu’il faut pour la couleur locale), comme les décors. Les événements s’enchaînent naturellement, en maintenant cependant plusieurs suspens. L’ensemble est un roman tout à fait réussi, plein de bons sentiments sans être mièvre, et émouvant.

Le dossier Artémis Fowl Le complexe d’Atlantis (Artémis Fowl, 7)

Le dossier Artémis Fowl
Le complexe d’Atlantis (Artémis Fowl, 7)

Eoin Colfer
traduit (anglais) par Julien Ramel
Gallimard (folio junior), 2011

Petit Vade-mecum Artémis

par Anne-Marie Mercier

Le dossier Artémis Fowl .gifCette édition en poche du volume publié en 2006 propose aux amateurs du héros de Eoin Colfer quelques éléments qui leur permettront de compléter la saga. On y trouve deux courts récits, « les FARfadets », qui retrace l’entrée de Holly dans les forces luttant contre les infractions au code de bonne conduite des êtres féeriques, et « le septième nain », qui retrace une aventure d’Artémis, voleur patenté. Ce volume propose également un alphabet gnomique, des interviews des différents personnages, un Quiz absurde, et  quelques autres renseignements fondamentaux comme les bulletins scolaires d’Artémis…

Le complexe d'atlantis (Artémis Fowl, 7).gif Peu auparavant est paru le septième tome de la série, dans lequel on retrouve le démoniaque Turnball et les ingrédients qui ont fait le succès de la série : suspense, inventivité et humour.  Le jeune héros irlandais met du désordre dans le monde de la féerie, comme d’habitude, mais surtout est lui-même en plein désordre, souffrant d’un syndrome qui produit des troubles obsessionnels, de la paranoïa, et un éclatement de la personnalité. Ce dernier point produit des situations cocasses : le double d’Artémis, Orion, est une sorte de Don Quichotte qui ne fait pas la différence entre la fiction et la « réalité ». Ce volume est annoncé comme l’avant-dernier de la série.