Derrière le petit écran

Derrière le petit écran
Carole Trebor, Clotka

Gulf Stream (et toc !)

 Pour faire le tour du sujet

Par Fanny Lignon

Derrière le petit écran.gifL’auteur, Carole Trébor, est à la fois réalisatrice et spécialiste du décryptage des émissions de télévision.

Son ouvrage est un abécédédaire qui ne veut pas dire son nom. A comme « Annonceurs », « Audimat » ; B comme « Bilan », « Bouquet » ; C comme… 54 articles de trois pages pour faire le tour d’un média que l’on croit trop souvent bien connaître. La succession des entrées peut, parfois, prêter à sourire : « Chazal (Claire) », « Couleur », « Dangers » !), mais n’oublions pas que ce livre est destiné à être consulté et non lu de la première à la dernière page. On pourrait d’ailleurs presque le soupçonner, en cela, de se calquer sur une certaine façon de consommer la télévision.

Destiné principalement aux collégiens, cet ouvrage s’appuie sur des informations historiques précises et sur des anecdotes marquantes. Dans un style clair, agréable à lire, il aborde sans tabou et de façon simple des choses extrêmement complexes (« Censure », « Egalité, diversité, quotas », « X »…) L’auteur incite en permanence le lecteur à s’interroger. Un système de renvois l’engage à naviguer d’un chapitre à l’autre pour en apprendre plus ; un index lui permet de se documenter sur des thèmes plus transversaux (« Amour », « Déontologie », « Pression »…) ; des encarts posent des questions et suggèrent des discussions. En fin d’ouvrage figure une biblio-filmo-webographie brève mais qui va à l’essentiel.

Un mot enfin pour louer les illustrations de Clotka, qui accompagnent parfaitement les questionnements qui traversent le texte. Son folioscope de bas de page, qui raconte l’histoire d’une téléspectratrice, des émotions qui la submergent et de sa réaction lorsque son poste explose, ouvre à lui seul tout un débat !

Chat-nouille

Chat-nouille 
Gaëtan Doremus

Rouergue, 2010

 Dans « LJ », il y a « littérature »

 par Christine Moulin

 chat-nouille.jpgOn aimerait aimer ce petit album, carré comme tous ceux de l’éditeur, au nom même du goût que l’on a pour le Rouergue. Pour le dessin aussi, fluide, au crayon rehaussé d’orange. Pour la bonne bouille du chat héros de l’histoire, sans doute nommé Mistigri (mais son nom disparaît rapidement pour la dénomination « le chat »).

Oui, mais voilà, le propos est tellement évident, pesant et didactique qu’on n’y arrive pas. Derrière ce chat anonyme, on reconnaît tellement vite tous les adolescents scotchés à leur écran et leurs jeux vidéo qu’il n’y a aucune surprise, aucun décalage, aucun déplacement. La leçon est assénée : la télévision, les jeux vidéo, c’est nul ; il vaut mieux lire et aller faire un tour dehors. Sinon, on devient lisse, mou et blanc… !

Quand le livre fait son auto-promotion sans nuances, on a bien envie de se précipiter sur son canapé et de s’offrir une grande orgie de télé !