La Terre n’est pas plate

La Terre n’est pas plate
Andrea Antinori traduit par Laurana Serres-Giardi
Rue du monde 2026

Vrai ou faux ?

Par Michel Driol

Premier volume de la collection C’est vrai ou c’est faux ?, La Terre n’est pas plate pose d’abord la réalité de la rotondité de la terre, avec quatre constatations ou expériences faciles à réaliser. Puis on se questionne sur ce que serait la vie sur une terre plate. Un simple trou, et on passerait de la face A à la face B. Certains sports ou loisirs deviendraient dangereux ou impraticables. Christophe Colomb, arrivé au bout, aurait fait demi-tour. Tout serait sans doute plat sur une terre plate, à l’instar des limandes ou des soles, et de nombreux objets auraient une forme différente.  Et si la terre avait une forme différente : au lecteur de l’imaginer ! On termine avec 4 informations scientifiques relatives à la découverte de la rotondité de la terre et à sa mesure.

Conjuguer science, lutte contre les fake news et les clichés, imagination et poésie… c’est possible, ce premier opus le prouve avec brio et humour ! L’album est animé par de multiples personnages qui illustrent la vie sur une terre plate, illustré de nombreux légumes, objets, animaux transformés pour être adaptés  à la platitude de la terre. Le texte, le plus souvent au conditionnel, sait se faire concis pour laisser tout l’espace de la page aux illustrations. Il fait appel aussi bien aux interrogations quant au comportement sur une planète plate, qu’aux exclamations montrant un certain absurde des situations loufoques provoquées, de façon aussi à susciter la réflexion joyeuse du jeune lecteur.

L’album répond à une nécessité, faire adhérer les enfants aux vérités scientifiques, les inciter à se méfier des affirmations erronées, dogmatiques, les pousser à s’interroger sur ce qu’ils entendent. Il le fait avec humour, mêlant habilement ce qu’il faut de sérieux avec ce qu’il faut de légèreté, et beaucoup de poésie. Ne peut-on pas imaginer d’autres formes de planètes, d’autres types de mondes ? Après tout, le Petit Prince n’est pas loin…

De la terre dans mes poches

De la terre dans mes poches
Françoise Lison-Leroy & Matild Gros
Coccotcot éditions 2021

Pour respirer la terre…

Par Michel Driol

Cotcotcot a la bonne idée de republier un poème précédemment paru sous le titre Jean jardinier dans le recueil Dites trente-deux (Editions Luce Wilquin, 1997).

Ce court texte, le premier de la collection matière vivante, célèbre la terre et le jardinage vus par un enfant. Il évoque le plaisir du jeu, de l’imaginaire (pousseront des pommes et des cailloux), de l’odeur de la terre.

Ode au jardinage, et aux joies enfantines qu’il procure, le livre est une façon de relier la nature et la poésie de l’enfance. Les illustrations de Matild Gros, très colorées avec une dominante d’ocre, donnent à voir un monde où humains et végétaux se complètent, voire se confondent.

Ecrit dans une langue simple et accessible superbement illustré, ce poème donne envie de retrouver les plaisirs de l’enfance et de mettre, à son tour, de la terre dans ses poches…