Le Diamant express – Colette enquête

Le Diamant express – Colette enquête
Laure Monloubou
Amaterra 2026

Sur les traces d’Hercule Poirot, ou de Miss Marple

Par Michel Driol

Colette vit à bord d’un train de luxe, entre son père, cuisinier, sa mère lingère, et un précepteur, Fernand Dubois, dont elle n’apprécie guère la compagnie. C’est qu’à l’école Colette préfère la compagnie d’une ancienne chanteuse d’opéra qui a élu domicile dans le train, Mme Gigliotti. Lorsqu’entre Lausanne et Milan quelqu’un vole la bague de fiançailles que l’héritier des papeteries Pertelman destinait à sa future femme, il faut bien que le coupable soit l’un des passagers. Et lorsque le secrétaire de James Pertelman est retrouvé assassiné, pas de doute, il faut que Colette mène l’enquête…

Un vol, un meurtre, un train de luxe, des passagers de la meilleure société, des employés, et même un détective privé… voilà les ingrédients de ce roman policier, véritable whodunit pour enfants, en hommage, bien sûr, à Agatha Christie.  Un roman sans violence, sans sang, malgré le meurtre commis. Tout est fait pour préserver les jeunes lecteurs, qui, à la suite de Colette, sont invités à mener l’enquête parmi un nombre restreint de suspects, présentés et illustrés dans les premières pages, juste avant un plan du train, histoire de mieux suivre l’intrigue. Le point de vue, c’est, bien sûr, celui de Colette, intrépide, bien sûr, gourmande, aux jugements parfois hâtifs ou arbitraires, et plus attirée par Romeo et Juliette que lui raconte Mme Gigliotti que par les leçons de son précepteur, un curieux homme qui bredouille lorsqu’il est amoureux, et ne voit les autres qu’à travers des figures géométriques… C’est enlevé, plein d’humour, construit autour de chapitres courts, écrits dans une langue accessible à tous. Bref, c’est une bonne initiation au roman policier à énigme à destination des jeunes enfants, d’autant plus que les illustrations, pleines de vie et de charme un peu rétro, évoquant les années 30, aident à entrer dans l’histoire.

Des passagers un peu déjantés, hors norme, excentriques, ou qui ne sont pas ce qu’ils prétendent être, sur un trajet entre Lausanne, Milan et Vérone, voilà un roman qui est un hommage aux romans policiers, mais aussi aux voyages en train, réels ou littéraires, qui ont toujours quelque chose de magique sur les longues distances.. L’ouvrage n’est-il pas dédicacé à Richard Trevithick, inventeur de la première locomotive…

Ligne 135

Ligne 135
Germano Zullo, Albertine
La Joie de lire, 2013

Espace-temps

Par Anne-Marie Mercier

Ligne 135L’espace, le temps, deux notions à la fois normées relatives, sont explorés dans cet album avec beaucoup de simplicité et de richesse. Une enfant voyage en monorail (japonais) entre le lieu où elle habite, la ville, et celui où réside sa grand-mère, la campagne. C’est un voyage.

Le paysage s’étire sur un format très allongé, tracé à la plume ; seul le train est coloré et il l’est avec des couleurs qui claquent : jaune fluo, orange, vert. II montre divers états de la ville, de la zone, de la vraie et de la fausse campagne ; des architectures réalistes ou biscornues, des animaux étranges, jalonnent un parcours qui frise parfois l’impossible. Le texte évoque les discours des adultes sur le monde qui serait trop vaste pour un enfant, sur le temps qui s’écoulerait de plus en plus vite, sur la vie insaisissable…

A quoi l’enfant répond par la puissance du désir et de l’imaginaire.