Le Jour où les ogres ont cessé de manger des enfants

Le Jour où les ogres ont cessé de manger des enfants Coline Pierré, Loïc Froissart Rouergue, 2018

Fable végétarienne

Par Anne-Marie Mercier

« Il y a très très longtemps, le monde était peuplé par des ogres. Ils menaient une vie paisible et passaient la plupart de leur temps à manger des enfants. Les enfants étaient élevés dans de grandes fermes et nourris avec de bons légumes bio, du chocolat et des céréales de petit déjeuner. »

On voit les ogres se délecter et déguster les marmots en plats assaisonnés, en glaces, pâtisseries… Mais comme tous les bonheurs, celui des ogres n’a qu’un temps : une grave épidémie les rend malades et ils doivent éviter les enfants et se contenter de légumes, en somme, ils deviennent végétariens. Alors, que faire des enfants des élevages ? On les éduque et on leur apprend à faire pousser des légumes, tiens ! Ils grandissent, les ogres se rendent compte qu’ils leur ressemblent, et ne rêvent plus de manger des enfants, ni les leurs, ni ceux des autres. Eux-mêmes perdent leurs dents aiguisées… les deux populations se mélangent et les ogres sont parmi nous. Alors, comment faire pour reconnaître ? La réponse est pleine d’humour et de bon sens… comme les illustrations qui présentent cette histoire loufoque comme un documentaire sur la vie quotidienne des ogres et son évolution, avec ce qu’il faut de distance. Décidément, les ogres servent à toutes les époques pour dire les questions qui taraudent : la famine, les inquiétudes sur la qualité des subsistances la remise en cause des usages alimentaires et l’amour excessif porté à des enfants.

T-Vegi, le petit tyrannosaure dévoreur de légumes

T-Vegi, le petit tyrannosaure dévoreur de légumes
Smriti Prasadam-Halls, Katherina Manolessou
Gallimard jeunesse, 2016

Les T-rex végétariens dont des dinosaures comme les autres !

Par Anne-Marie Mercier

T-vegiSi les albums pour la jeunesse développent beaucoup la question de la tolérance, peu se sont intéressés à la question des choix alimentaires qui font que des enfants peuvent été considérés comme différents des autres, voire moqués. Le végétarianisme, qui se répand aujourd’hui en France avec un certain retard par rapport à d’autres pays, est souvent mal perçu. Voici une petite fable pour dérouiller les esprits.

Quand on est un tyrannosaure rex, on se doit de correspondre à une image de grandeur, de force, et de férocité carnassière. Or, le pauvre Alex correspond en tous points à l’image que l’on se fait d’un T-rex sauf sur celui de l’alimentation : il n’aime que les fruits et les légumes. Las d’être la risée de son entourage, il s’enfuit et tente en vain de se faire des amis chez les mangeurs de végétaux… On le devine, tout finira par s’arranger; les couleurs vives tirant vers le fluo faisaient deviner que rien de vraiment dramatique ne pouvait s’inscrire dans cet univers joyeux.