Groutch, le vilain petit hamster

Groutch, le vilain petit hamster
Groutch, qui veut gagner un biscuit ?
Lise Benincà et Clémence Lallemand
Gallimard jeunesse (giboulées), 2026

Anti-héros animaux

Par Anne-Marie Mercier

Dans la série des héros insupportables, voilà un nouveau venu : Groutch est plein de défauts, et il ne s’amendera pas. Lecteur, vous voilà prévenu. Cela ne l’empêche pas de se faire une amie ou quelque chose qui y ressemble : une chauve-souris s’installe chez lui sans le lui avoir demandé (et sans respecter les multiples interdictions d’entrer qu’il avait installées autour de chez lui) et devient sa colocataire ; il lui donne même un nom, Roseline, qui devient Rosie. Ensemble, ils font ce que Groutch faisait déjà très bien tout seul : terroriser les autres animaux, manger des choses douteuses, être vilain et ne pas se laver. Des héros !
Dans le deuxième volume, Rosie s’ennuie et Groutch, qui ne voit pas pourquoi il faudrait faire quelque chose, organise pour la satisfaire un « concours de rien ». Il est fait pour les incapables : pour gagner le biscuit récompense, il faut… ne rien faire, et ce n’est pas si facile…
C’est une série assez minimale, facile mais efficace. Les deux héros sont vilains à souhait (mais pas terrifiants du tout) ; les autres personnages (un hérisson, un paon, une grenouille, un escargot, un hibou qui se prend pour une lampe) sont caricaturaux et débordés par l’énergie négative du hamster. Reste à voir comment elle pourra se renouveler et se poursuivre sur ces bases.

 

 

A l’école de Louisette. Trois histories pour les jeunes lecteurs

A l’école de Louisette. Trois histories pour les jeunes lecteurs
Bruno Heitz
Casterman, 2015

Petits lapins studieux

Par Anne-Marie Mercier

Vous aviezalecoledelouisette déjà lu Mouton Circus, Et un raton laveur ! et l’Heure du Grimm ? Si non, voilà le moment de vous rattraper et si oui, pourquoi pas, de l’offrir autour de vous, pour de multiples raisons. Tout d’abord Louisette la taupe et ses amis les jeunes lapins sont très sympathiques, et plein de fantaisie, ils vivent des situations cocasses. L’art de Bruno Heitz pour croquer des scènes, son jeu avec les différents plans, les vues des terreirs en coupe, le rythme de leur enchainement, tout cela en fait une belle BD.

Enfin, c’est très pédagogique sans se prendre au sérieux  : on y aborde la poésie (à travers l’Inventaire de Prévert, ou les fables de La Fontaine : Louisette a vécu dans un terrier situé sous une école), l’Odyssée, les contes… et le comportement des enfants à l’école et notamment avec les animaux est vu de manière savoureuse : tous rêveront d’avoir un hamster sous le plancher de l’école (Et un raton laveur ! ) qui leur souffle les tables de multiplication.