Une Souris nommée Miika

Une Souris nommée Miika
Matt Haig, Chris Mould (ill.)
Traduit (anglais) par Valérie Le Plouhinec
Hélium, 2021

De l’intérêt en amitié

Par Anne-Marie Mercier

Après Un Garçon Nommé Noël, qui montre un garçon nommé Nicolas arriver dans le grand nord au pays du Père Noël, des fées et des lutins, voici développée l’histoire de son amie, la souris. On y découvre ses origines, son enfance malheureuse et son premier vol, auquel elle a été poussée par la faim (on passe successivement du merveilleux au réalisme à la manière de Dickens). Elle vit chez la fée Vérité, une fée qui ne dit que la vérité et à qui cela cause bien des ennuis : tout le monde la fuit, y compris (et surtout) les autres fées. Elle s’ennuie et s’est liée avec la seule souris présente dans les environs de Lutinbourg, Bridget, qui veut qu’on l’appelle Bridget la Brave. Pour satisfaire celle qu’elle déclare son amie, elle est prête à faire bien des choses et à courir de très grands risques. Mais cela en vaut-il la peine ? Est-elle vraiment son amie ?

L’histoire est pleine de rebondissements ; on y affronte des Trolls en furie, il y a de la magie, des poursuites… Mais c’est surtout sa morale qui est attachante : il y est dit par la voix de la fée Vérité qu’il faut être soi-même, ne pas chercher à se faire des amis en prétendant être autre, s’accepter avant tout.
« On ne choisit pas qui on est. Mais c’est comme ça, donc pas la peine de se détester. »
« Sois toi-même. Sois entièrement toi. N’essaie pas de te faire toute petite pour imiter quelqu’un. Et bien sûr trouver sa place c’est bien. Mais pas aussi bien qu’être exceptionnel. »
Fin de l’histoire : Miika est enfin heureuse d’être elle-même, et c’est un exploit bien plus grand que d’avoir vaincu des trolls, sauvé Bridget, etc.

La Valse de Noël

La Valse de Noël
Boris Vian
Nathalie Choux
Grasset (« la collection », 2017

Croire au Père Noël?

Par Anne-Marie Mercier

Le principe de « la collection » de Grasset : « puiser dans le patrimoine littéraire des textes adaptés aux jeunes lecteurs » et proposer à un/e artiste contemporain de l’illustrer en suivant un cahier des charges contraignant : travailler pendant une semaine seulement, et en utilisant une palette limitée à trois ou quatre couleurs.
Après les Histoires naturelles dont nous avons parlé sur lietje, voici Boris Vian à travers un texte peu connu, écrit en 1955 (voir dans l’album les détails sur ce texte fournis par Nicole Bertolt, de la Fond’Action Boris Vian).
On retrouve le goût de Vian pour les accumulations dans cette liste de tous ceux que Noël intéresse (ou non) : enfants, bébés, parents, dévotes, mais aussi travailleurs de la mine, clochards, soldats…, et des cadeaux qu’ils reçoivent (ou non). On retrouve aussi un appel à la paix et au partage, qui rappelle que Noël ce n’est pas que pour les cadeaux :

Valse des gens de la terre
Qui partageront en frères
le pain et le sel

Mais, pour ceux qui savent lire, la fin est moins rose :

C’est une valse éternelle
Pour ceux qui préfèrent
Plutôt que de faire la guerre
Croire au Père Noël…

Les illustrations de Nathalie Choux donnent la part belle à un beau gris, rayé de fines rayures bleues ; il fait le fond de toutes les images, en dehors de celles où apparaissent des soldats, donnant une note douce et un peu mélancolique à la fête.

Le Fil rouge

Le Fil rouge
Géraldine Collet, Cécile Hudrisier

Philomèle, 2011

Au fil des contes

Par Anne-Marie Mercier

maquette-fil.inddL’expression « fil rouge », est prise ici au pied de la lettre comme au sens figuré : c’est celui qu’une petite fille tire, faisant apparaître des personnages de conte, puis le Père Noël, dont le pull se détricote. C’est aussi celui de la fantaisie, de l’accumulation joyeuse, de la juxtaposition des contraires, du jeu avec l’imaginaire et l’image.

Fondées en 2009, les éditions Philomèle publient des albums pour les jeunes enfants qui jouent sur les mots et les situations, avec simplicité et originalité.