Après grand c’est comment ?
Claudine Galéa
Espace 34 (théâtre jeunesse), 2013
Titus ou la difficulté de grandir (pour les parents !)
par Sophie Genin
En 2008, Claudine Galéa avait écrit un très bel album, grand format : Au pays de Titus. Il ne devait pas devenir une pièce mais… c’est maintenant le cas ! Titus, le garçon qui se tait, traverse donc des scènes à la fois très quotidiennes et, en même temps, situées dans la tête de ce petit garçon très imaginatif, assis sur son escalier et qui rêve, sans faire de bruit, ce petit garçon qui entend les objets lui parler, de la soupe à la viande dans son assiette, en passant par son lit, les nuages, le vent, le lézard…
Nous entrons dans son monde, sur la pointe des pieds, spectateurs invités, nous le suivons et nous compatissons : qu’il est difficile d’être différent, surtout face à des parents prêts à tout pour le rendre « normal », comme le montrent ces quelques répliques :
« FINIS TON ASSIETTE
TU T’ES LAVE LES DENTS ?
TU AS MIS TON PULL A L’ENVERS
TU N’AS PAS LES MEMES CHAUSSETTES
TU N’AS PAS OUBLIE TON SLIP ?
Tu es trop lent Titus
Tu vas nous mettre en retard »
Ce à quoi Titus répond, avec toute la poésie tendre,légère et originale dont est capable Claudine Galéa :
« Les grands voudraient que je bouge que je m’agite
que j’esticule
Moi je m’assois sur l’escalier
Et je m’en vais (…)
Je nuage
Avec les nuages
Je papillonne
Avec les papillons
(…) Je foumille
Avec les fourmis
J’aire
Avec l’air
Je chemine
Et je chemin
Main dans la main »
C’est de cette façon qu’il faudrait découvrir ce très beau texte, main dans la main avec son héros si attachant, en attendant de le voir mis en scène ! Et si cette écriture vous plaît, vous irez lire les pièces jeunesse antérieures : L’Heure blanche et Toutes leurs robes noires ainsi que La Nuit MêmePasPeur et Petite Poucet.

« Chapitre 1 : Le Blues du supermarché, chapitre 6 : Les raviolis et les Ricains, chapitre 8 : changer les habitudes et savourer, chapitre 9 : avec 10 euros et de l’amour, chapitre 10 : les ingrédients magiques, chapitre 13 : ma mère mijote ».
Sur la quatrième de couverture de cet album animé qui ne paie pas de mine au premier abord, on trouve une citation de George Bernard Shaw (écrivain irlandais ayant obtenu le prix Nobel de Littérature en 1925) :
Le héros anthropomorphe de Lo Gruhier, nouvelle plume et illustratrice prometteuse, devrait rapidement rejoindre ses condisciples de L’Ecole des Loisirs. En effet, tous les éléments constitutifs de ce petit album, qui ne paie pas de mine, le prouvent : le petit cochon au mauvais caractère qui ronchonne rappelle nombre de jeunes enfants qui se reconnaîtront et fera sourire beaucoup de parents ! De plus, l’éloge de l’ennui et de la lenteur comme moteur créatif fonctionne à merveille lorsque Ptit Cochon découvre un escargot devant chez lui. L’investigation concernant sa provenance, en suivant la trace de bave de son chemin, va emmener le jeune héros très loin.