Retours de Montreuil pour Noël

Des idées pour mettre des livres sous le sapin?
Au salon du livre de Montreuil, nous avons vu beaucoup de merveilles : pour les tout petits, Coucou de Lucie Félix (faire coucou à un enfant à travers un livre aux formes transparentes et colorées, quelle belle idée!).

Pour les petits un peu plus grands, un album cartonné intitulé Trio, un livre qui reprend l'idée de raconter une histoire (et une belle!) avec des formes géométriques et des couleurs, paru chez un nouvel éditeur que nous avons découvert au salon et dont nous reparlerons: Dyozol. Mes petites roues, chez Flammarion évoque avec beaucoup de délicatesse, d'humour et de poésie l'émancipation d'un enfant.

Et puis, pour rêver et réfléchir, un album écrit par Georges Didi-Huberman (oui, le philosophe !), intitulé évidemment Les Lucioles, chez un autre "petit" éditeur, L'Initiale, qui avait fait le très joli Fille Garçon .

Et enfin, le coup de coeur graphique et textuel avec Les riches heures de Jacominus Gainsborough, un grand album de chez Sarbacane, beau comme un livre enluminé et profond comme le temps.

Pour les ados? eh bien regardez nos chroniques récentes : L'apprenti magicien de S. de Castell ou pour les plus âgés Gary Cook, La presqu'île empoisonnée (polar qui  se passe à Lyon) ou pour les lecteurs confirmés NIHIL...

N.I.H.I.L. Le tourbillon du temps

N.I.H.I.L. Le tourbillon du temps
Alex Cousseau
Éditions du Rouergue,
2018

Un chant de glaces et de vent

Par Anne-Marie Mercier

Askold est en prison, il se remémore son trajet, de l’île de pêcheurs où il vivait à la cuisine du roi fou, pour lequel il travaillait. Son compagnon de cellule, Jeremias, récite sans cesse les tables de multiplication. Il est comme « un grenier traversé par des courants d’air », habité par une seule pensée à la fois, qui tourne en rond nuit et jour. Il était l’ami d’une méduse qu’il transportait dans son bocal avant d’être arrêté.
Aanj, une enfant, vit seule dans une cabane en rondins dans les bois, près d’un lac gelé, avec Andoke, un aveugle dont on ne sait ni qui il est, ni quel lien il a avec elle ; il lui apprend les mots, l’écriture (« les mots sont des flèches ») et lui enseigne progressivement à se métamorphoser en animal. Aanj fait des rêves étranges ; grâce à un anneau, une autre fille vit en elle, Magma, qui n’est « pas son double mais son envers », et qui la complète.
Grete navigue avec son père qui invente des appareils et des mots nouveaux (« électricité », par exemple) et cherche des orages pour capter leur énergie ; ils voyagent vers le point central de ce monde d’îles, le « point zéro », d’où émergent parfois des objets venus d’ailleurs (du futur ? d’un autre monde ?), ou des animaux, un sous-marin avec ses marins et ses bombes…
On retrouve au fil des chapitres tous ces personnages et on en apprend un peu plus sur eux. On apprend aussi petit à petit quels liens peuvent les unir à travers un autre personnage, Rosie. Rosie a le don d’ubiquité. Elle est l’amie de Jérémias, l’amoureuse d’Askold, la convoitise du fils du roi fou. Un autre roi, élu « au cas où » (très jolie figure politique) par ses concitoyens, est le père de Jérémias, la guerre est proche et devrait être perdue à moins que le temps ne se replie que le le futur n’émerge dans le présent, sous la forme d’un épervier – sorte de Pihi (« De Chine sont venus les pihis longs et souples/Qui n’ont qu’une seule aile et qui volent par couples »), l’oiseau d’Apollinaire (et du peintre François Hilsum, qui a fait plusieurs toiles intitulées « Pihis »)
C’est beau, énigmatique, riche en imaginaire, poétique: un très beau roman, captivant, qui nous amène par de multiples détours vers une histoire simple fils de roi fou, de fils et de fille de roi sage, d’amour et de vengeance, baignée par la mer, la glace et l’esprit des îles.

Gary Cook vol. 1

Gary Cook, t ; 1 : Le pont des oubliés
Romain Quirot, Antoine Jaunin

Nathan, 2017

 Relève française en SF pour la jeunesse

Par Anne-Marie Mercier

Ce premier volume est une belle surprise. Si le thème du monde post apocalyptique est largement traité par le roman pour adolescents (voir le très beau SIRIUS de Stéphane Servant), l’univers proposé est original : le monde a été englouti par la montée des eaux (thème actuel, avec les questions posées par le réchauffement climatique) et l’humanité est partagée en différentes catégories : ceux qui se sont réfugiés dans les « tours blanches » (que l’on devine privilégiées et modernes) en attendant d’être évacués vers une autre planète et ceux qui sont destinés à rester en bas, logeant soit sous le pont dans une misère poisseuse, soit plus loin, dans des zones de non droit abandonnées de tous.

Le jeune Gary vit sous le pont. Son père a un travail (on comprend lequel à la fin du volume), lui-même essaie de gagner sa vie en pêchant avec ses deux amis, l’énergique Max et l’ingénieux Eliott. Gary, un peu rondouillard, empoté, n’a que deux atouts : il sait bien barrer un bateau etil est lié de manière mystérieuse à un certain M. Melville (!) qui détient des secrets.

nouvelle navette vers l’espace ponctuent la description de plus en plus fouillée de ce monde : petits poissons lumineux comme la mascotte du héros, monstres aquatiques, trafiquants en tous genres, nourritures gluantes et malodorantes, filles énigmatiques… De belles figures tutélaires guident le héros : M. Melville (et avec lui Montesquieu et le Petit Prince – il y en a pour tous les goûts !), le grand-père d’Eliott, scaphandrier de son métier, la mystérieuse Ana, Lou qui semble lui préférer Max… Le héros, mis au défi à plusieurs reprises, finit par se construire, non sans avoir beaucoup tergiversé, trahi, manqué. Cette progression tâtonnante fait une grande partie du charme de ce premier volume.

Petit soldat

Petit soldat
Pierre-Jacques Ober, Jules Ober
Seuil jeunesse, octobre 2018

 14-18 sans tricher

Par Chantal Magne-Ville

Un magnifique album sur la grande guerre, très émouvant,  par la justesse du point de vue et le fait qu’il n’occulte rien. Ainsi, outre les images classiques de la déclaration de guerre ou des combats dans les tranchées, il donne à voir aussi bien la dureté des combats que la vie de l’arrière, la présence de bataillons  des colonies  ou même, parfois, la fraternisation avec l’ennemi.

Le texte, empreint de retenue et d’humanité, évoque sans fioritures le destin de Pierre, un jeune soldat volontaire qui avait cru partir pour quelques semaines et qui eut le tort de déserter deux jours pour  passer Noël avec sa mère. Malgré son retour et ses bons états de service, il sera fusillé pour l’exemple. Le récit des événements est entrecoupé par les commentaires de Pierre, qui s’est trouvé un véritable ange gardien en la personne de Gilbert, qui le considère comme son petit frère, car il a perdu le sien au début de la guerre.

A partir de véritables photos d’époque, d’extraits de presse et de la  lettre que Pierre écrit à sa mère, le récit est  animé par des figurines modelées ou des soldats de plomb qui restituent magnifiquement  l’atmosphère de l’époque et insistent  aussi sur le fait que les petits soldats comme Pierre sont de pauvres hommes pris dans un engrenage qui  dépasse tout, y compris la hiérarchie. Les cadrages et les détails comme la poussière de neige savent recréer les atmosphères de froid, d’attente, de solitude ou de camaraderie.

Un pari réussi pour mettre en lumière l’absurdité de combattre son frère, et donner de cette guerre  épouvantable un versant plein d’humanité et de réalisme, loin de la célébration de la violence.

Le caillou, Les fourmis, La feuille

Le Caillou, Les Fourmis, La Feuille
Julia Billet & Hélène Humbert
 Editions du Pourquoi pas?, 2017

 Trois découvertes de Mi et Ma

Par Chantal Magne-Ville

Une séduisante  trilogie destinée aux enfants de 3 ans, qui propose les aventures de deux curieux bonshommes, Mi et Ma,  constitués  de formes de couleurs vives,  portant  une esquisse de nez et  parfois  des jambes. Ma, la fille, patatoïde et jaune, arbore fièrement un nœud papillon et des patins à roulettes, tandis que Mi, rose et tout rond, porte un chapeau pointu.

Dans Le caillou, Mi réussit à surmonter un gros obstacle qui lui barre le passage, grâce à l’inventivité de Ma, qui propose toutes sortes de solutions et finit par dessiner  une échelle puis un toboggan. L’obstacle surmonté, ils  enjolivent le paysage avec le même pinceau. Le texte est à la fois très  minimaliste mais travaillé par un jeu d’assonances  tel que « le roc bouche en bloc tout le chemin». L’image  faite d’empreintes sur fond blanc  joue sur la taille des lettres, le format carré donne une force particulière aux cadrages qui impulsent un dynamisme contagieux.

La feuille raconte que Mi et Ma,  couchés dans le jardin, suivent des yeux une feuille morte qui ne se laisse pas apprivoiser.  Le texte se fait quasiment poétique, ose quelques rimes  pour défendre la liberté de la feuille, et mime ses envolées  avec des mises en espace très réussies, pour conclure que la nature a ses propres exigences qu’il convient de respecter.

Dans Les fourmis, cette fois ils observent les insectes joliment stylisés par trois petits points, mais voilà que les fourmis noires fuient devant la grosse fourmi rouge, si pareille et si différente. Là encore, le texte illustre la ressemblance entre les deux fourmis en grossissant les doubles consonnes, et en décrivant les conduites parallèles des fourmis tenues par Mi et Ma que l’amitié réunit à la fin.

Trois albums pleins de charme qui font découvrir les valeurs essentielles de tolérance et de liberté de façon légère et joyeuse.

Séries

Séries
Revue Hors Cadre[s] n° 23 (avril 2018)
Le Poisson soluble

De la sérialité comme un art

Par Anne-Marie Mercier

La revue Hors cadre, « observatoire de l’album et des littératures graphiques » est l’une des trop rares publications en littérature de jeunesse qui accordent une importance aux images et les traitent avec sérieux. Les articles de ce numéro explorent avec précision et rigueur différents univers graphiques : ceux de Mélanie Rutten, Tomi Ungerer, Domitille de Pressensé, Emilie Vast, Malika Doray, Ian Falconet (Olivia), Anaïs Vaugelade (Zuza, les Quichon), Olivier Douzou et Frédérique Bertrand (comptines en continu), Bruno Heitz (Un privé à la cambrousse, etc.), Trondheim (Lapinot). On y a ajouté pour des raisons différentes Aurélien Débat (Cabanes, Les Grandes Personnes, 2017) et sa Stampville (Princeton Architectural Press, 2017), proposition de création de ville avec des tampons.

Si l’on parle aujourd’hui beaucoup des séries télévisuelles, des romans en trilogies, tétralogie, etc., ou des BD à héros récurrents, le temps n’est pas si lointain où, comme le rappelle Yann Fastier, les « prescripteurs » les voyaient d’un mauvais œil. Aujourd’hui, elles triomphent dans tous les domaines, y compris dans les arts consacrés, dans une longue continuité dont Monet, avec ses meules de foin (S. Van der Linden) est l’un des précurseurs et Jochen Gerner, qui allie bande dessinée et art contemporain, l’un des récents représentants (il est ici étudié aussi par S. Van der Linden).

Qu’est-ce qu’une série ? La réponse semble simple mais ce numéro qui montre les différentes façons de faire série, les succès et les échecs prouve qu’un peu de réflexion s’impose : le héros récurrent n’est pas le seul élément à prendre en compte ; l’univers, le titre, le format, la typographie, tout joue un rôle.

Qu’est-ce qui fait le succès d’une série ? différentes réponses sont également possibles, liées à la qualité de la variation et au degré de répétition, au rythme de publication, etc. D’après Yann Fastier, c’est « moins le caractère captivant de ses péripéties que l’habitabilité de son univers et son pouvoir d’adhésion. Temps, lieux, personnages… Tout ce qui contribue au contexte en fait un monde habitable, au sens propre parfois ». Ce sont donc autant de  questions que de réponses stimulantes.

La suite de la revue évoque les productions québécoises (avec l’étonnant Aux toilettes de A. Marois et P. Pratt (Druide, 2015), remarqué à Montreuil, ou Peter Le Chat debout de Nadine Robert et Jean Jullien (Comme des géants, 2017; Little Urban 2018), tout récemment chroniqué sur lietje par Christine Moulin).

les autres numéros de la revue (publiée par L’Atelier du Poisson soluble, dont le site mérite une – ou de nombreuses – visites, sont tous très intéressants !

Retrouve-moi !

Retrouve-moi !
Anthony Browne
Kaléidoscope, 2017

Dans la forêt… toujours profonde

Par Anne-Marie Mercier

Deux enfants qui s’ennuient depuis que leur chien a disparu vont jouer à cache-cache dans la forêt… Le petit garçon est trop bien caché, sa sœur ne le trouve pas ; il s’inquiète, elle panique ; le chien réapparaît et tous rentrent, contents, dans leur maison. L’argument serait bien faible s’il ne s’agissait que de cela.
Anthony Browne propose aux lecteurs un parcours dans lequel une inquiétude, légère au début, augmente page après page. En utilisant le procédé d’inscription dans le paysage, et surtout dans les troncs d’arbres, de figures (monstres, animaux, sorcières, ogres, mais aussi simples visages stylisés, comme dans son album célèbre Le Tunnel), il introduit une dimension inquiétante tout en forçant le lecteur à chercher dans l’image tous les détails, comme la petite fille qui cherche à trouver des indices de la présence de son frère.

La forêt bien rangée se couvre de troncs d’arbres morts, l’ombre gagne, les enfants apparaissent, par différents procédés de mise en page, de cadrage ou d’angle de vue, perdus. Mais à la fin la lumière revient, et les couleurs, éclatantes.

La dernière page montre, dans une belle lumière d’après-midi d’été, les enfants courant vers leur maison, un petit mobil-home coquet, avec des fleurs à la fenêtre et de petits rideaux à fleurs, évocation lointaine des intérieurs des albums précédents : image d’une précarisation, ou camping de luxe ?

Zombies zarbis, t. 1 : Panique au cimetière !

Zombies zarbis, t. 1 : Panique au cimetière !
Marie Pavlenko, Carole Trebor
Illustré par Marc Lizano
Flammarion jeunesse, 2018

Les zombies ont des soucis

Par Fanny Lignon

Chez les adolescents et les jeunes adultes, le zombie, depuis quelques années, est à la mode. Il se décline en bande dessinée, en film, en série télévisée, en jeu vidéo, lorsqu’il ne déferle pas, en chair, en os et en horde, dans les rues de nos villes à l’occasion d’une zombie walk post-apocalyptique.
Un soir qu’il rentre chez lui à vélo, Romain fait la rencontre de Léo, une fille presque comme les autres mais pas tout à fait. Léo est une jeune zombie et vit dans le cimetière du village de Noirsant avec les siens. Les deux enfants sympathisent et Léo fait part à Romain des inquiétudes de sa communauté : le cimetière doit être déplacé et les morts-vivants craignent pour leur avenir. Les deux enfants échafaudent alors un plan de bataille pour empêcher le chantier de progresser…
Ce petit roman offre aux 10-13 ans la possibilité d’entrer en douceur dans des univers destinés ordinairement à des plus grands qu’eux et qui les attirent et les effraient tout à la fois. Ici, les zombies sont débarrassés de leurs oripeaux horrifiques. Point de chair en décomposition, point de râles inhumains, point de scènes de dévoration ou d’agression. Si les corps sont un peu déglingués et doivent être régulièrement rafistolés, leurs mésaventures – un os de la mâchoire qui se décroche et qu’il faut aller repêcher au fond d’une cage thoracique – sont plus amusantes que terrifiantes (*). Les morts-vivants parlent entre eux, se réunissent, débattent, se demandent ce qu’ils pourraient faire pour éviter d’être expulsés de leur logement. Leur problème est social ; leur façon de s’y confronter résolument humaine. Ces zombies-là, somme toute, quand bien même ils sont un peu différents de nous, ne sont pas si zarbis que ça…
Parce qu’il présente les points de vues de deux communautés qui s’opposent, cet ouvrage peut aider les jeunes à développer leur empathie, voire leur conscience politique, en leur apprenant à se mettre à la place des autres et à écouter leurs arguments. Mais avant de commencer à lire, il faut être averti. Comme souvent lorsqu’il est question de zombies, l’histoire racontée dans le volume 1 n’a pas de fin. Un tome 2 a été publié, le 3 est en préparation. A suivre, donc…

(*) On retrouve-là le principe du jeu de l’épouvantard qui permet aux jeunes sorciers de Poudlard d’apprendre à maîtriser leurs peurs en usant d’un sort spécifique et qui porte un nom explicite : Riddikulus.

 

 

 

 

 

 

 

Billie H.

Billie H.
Louis Atangana
Rouergue, 2014

L’enfance du Jazz

Par Anne-Marie Mercier

Billie H. c’est Eleanora Holiday, pas encore devenue la Billie Holiday que l’on connait ; elle ne le devient qu’à la fin du livre, repérée dans un club par celui qui lui fait enregistrer son premier disque pour la Columbia, John Hammond. Le récit de Louis Atanga, fondé sur des biographies de la chanteuse retrace l’enfance d’une adolescente noire et pauvre, à Baltimore, puis New York, en lui donnant un fil conducteur classique en littérature de jeunesse, la quête du père : musicien, il les a abandonnées et a « refait » sa vie après avoir goûté à la liberté à Paris, pendant la guerre de 14-18.

C’est aussi – et c’est un aspect  plus intéressant du récit–, le portrait de nombreux destins noirs dans l’Amérique de la ségrégation. Les filles sont les plus mal loties et Billie subit tout, avec amertume et révolte : c’est un portrait d’héroïne malmenée par la vie mais digne et fière. De nombreux thèmes présents dans ses chansons sont ainsi esquissés. La narration passe rapidement sur les moments sombres (prostitution, prison…) pour s’attarder sur les rencontres de Billie avec le jazz, dans la rue, dans les clubs, dans sa voix.

La voix de Billie Holiday, sa manière de chanter, l’« âge » de sa voix (elle semble avoir 30 ans dans sa voix alors qu’elle n’en a que 18 quand sa carrière débute) sont évoqués avec précision, attention, musicalité enfin. Le récit, rédigé en une forme syncopée, avec de nombreuses phrases nominales, reprises, ellipses, imite le rythme de la chanson jazz, et garde un bon tempo qui donne envie de réentendre la « Lady Day » de cette époque ou de plus tard.