Génial, il a neigé ! (série Marco et Zélie)
Arnaud Alméras et Robin
amaterra, 2013
Temps clair
Par Anne-Marie Mercier
Pas d’actualité, certes, vu la douceur de la météo et le moment. Pas récent non plus, car cet ouvrage date de 2013. Mais c’est une série que nous en connaissions pas et il était grand temps.
Question de temps, dans tous les sens donc : comme le dit le titre, « il a neigé », et depuis il fait beau, le temps d’une promenade en famille dans le parc, avant la prochaine chute qui se produira une fois que tout le monde sera rentré ! Dans ce monde parfait, la famille est à l’unisson : les deux enfants, fille et garçon – ou plutôt renardeau femelle et renardeau mâle –, sont en harmonie, les parents renards aussi et les plaisirs de l’hiver sont déclinés : beauté du paysage, bonhomme de neige, luge, gaufre…
Cette perfection est rompue par l’intervention de deux « garnements » (des chiens alors que la famille est renarde) qui cassent par plaisir le bonhomme de neige. Le désir de vengeance de Marco est modéré par son père qui propose plutôt de reconstruire et de protéger leur œuvre : petite leçon de vie…
Cette série comporte 6 titres, publiés la même année. On ne les trouve plus sur le catalogue d’Amaterra: le temps de l’édition jeunesse est en accéléré…
Dès le titre, tout est dit… L’auteur présente les vers de terre qui se succèdent dans l’histoire : peu de différences entre eux, des lunettes sur l’un, une couleur sur l’autre. Histoire minimale illustrée par des vers de terre (normal, l’auteur répète à l’envi qu’il ne sait dessiner rien d’autre), l’un chevauche une licorne (non dessinée, évidemment). Un horrible drame survient : l’un d’eux se fait couper en deux… Un autre part au petit coin. Et tous les dix se réunissent. Voici un album à compter, ou du moins à utiliser la comptine numérique car chaque vers de terre est désigné par son numéro, avant de les trouver réunis sur la dernière page (ce qui illustre le nombre 10). On est sensible à l’humour de l’album : modestie de l’auteur, qui dessine des vers de terre minimalistes, mais leur prête des sentiments, des aventures, ce qui bien sûr ne se voit pas. L’ensemble de l’album est conçu sur le mode de l’adresse au lecteur : un « je » s’adresse à un « vous », commente ses dessins, les explique par des considérations matérielles (la perte du feutre rose par exemple).






