Cahier d’activités Ortograf/phe

Cahier d’activités Ortograf/phe
Les linguistes attérées
Editions de l’Atelier 2026

L’orthographe dans tous ses états

Par Michel Driol

En cette période de vacances, quoi de mieux qu’un cahier d’activités ludiques signé des linguistes atterrées ? 80 pages de jeux sur la langue française. On explorera d’abord le lien entre le son et la lettre, puis on s’intéressera à une histoire de l’orthographe. Après un détour par les orthographes créatrices de certains écrivains, on se plonge dans l’écriture à l’heure des sms. Bien sûr, un chapitre est consacré à la sacrosainte dictée, sport national français… Et un dernier chapitre invite à réfléchir à l’orthographe, dans le futur, car, comme  tout phénomène linguistique, l’orthographe ne va pas cesser d’évoluer.

Mais en quoi ce cahier se différencie-t-il des cahiers de vacances ? Avant tout par son approche, à la fois très linguistique et décomplexante. Linguistique, il ne juge pas des formes, mais les met en contexte, les commente, les analyse au vu des variations historiques, géographiques et sociologiques, sans le moindre pédantisme.  Bien sûr, on y trouvera des termes familiers aux linguistes, phonème, graphème, homophone, ou plus rares comme logogrammes ou textismes, mais ces termes sont expliqués et mis au service d’une analyse, d’une réflexion sur les usages de la langue écrite. Le tout au travers d’activités ludiques et variées, qui font souvent appel à la sagacité, à la réflexion, mais aussi à la créativité du joueur. Si certaines  peuvent être pratiquées para des enfants, c’est surtout à des adolescents ou à des adultes que s’adresse l’ouvrage qui ne manque pas d’humour, dans certaines propositions, dans certaines réflexions. Un humour engagé au service d’une vision de la langue à démocratiser, à rendre accessible à toutes et tous, une langue dont l’histoire mériterait d’être connue pour ne pas être imposée comme un corps étranger. On apprécie en particulier les sauts dans le temps, et la façon de rapprocher les abréviations de l’écriture sms de celles utilisées par les romains ou les moines copistes, ou d’autres faits de langue au travers des siècles.  Il s’agit bien ici d’instruire, de démocratiser par le jeu des analyses précises, mais aussi de conduire une réflexion sur la maitrise de la langue écrite à travers les siècles. Le niveau baisse, entend-on régulièrement. Il faut revaloriser l’orthographe et pour cela, faire plus de dictées. A l’issue des jeux proposés par ce cahier, des statistiques  aussi auxquels il confronte les lectrices et les lecteurs, on mesure à quel point ces deux affirmations méritent d’être discutées, nuancées, relativisées. On mesure aussi à quel point une simplification raisonnable de notre orthographe devrait être un chantier prioritaire.

En plus du collectif des linguistes atterrées, l’ouvrage a recours aux analyses et données fournies par Nina Catach ou André Chervel, à des textes tirés de Riad Sattouf ou de Raymond Queneau de façon à montrer différents usages de la langue écrite, à en décomplexer les utilisateurs. Décidemment, la langue est bien un extraordinaire terrain de jeu, pour peu qu’on  autorise les locuteurs et les scripteurs à jouer, et pas seulement les écrivains, ce qui inclut forcément une réflexion sur les règles du jeu, les règles d’usage dans leur contingence et leur côté parfois aléatoire,  les normes et les variantes.

Un ouvrage ludique et précieux, dont on ne saurait que trop conseiller la lecture à tous les collégiens et lycéens, à leurs enseignants, mais aussi aux ministres de l’éducation nationale !

Village

Village
Julia Safirstein
Editions du livre, 2025

Petite merveille

Par Anne-Marie Mercier

Curieux objet que ce tout petit… livre ?
Allongé, cartonné, il présente à chaque page des formes colorées géométriques qui évoquent des architectures, on passe d’une page à l’autre, perplexe. On est intrigué par l’épaisseur de ces pages doublées… Arrive un enfant à qui on présente cet objet.
Surprise ! en trois secondes l’enfant a trouvé le système : chaque page peut se déplier de l’intérieur. L’objet, une fois totalement ouvert, présente toute une série de cloisons qui s’articulent entre elles en étoile. Cela forme un ensemble coloré de maison de styles et d’inspirations géographiques variées. Tout un monde dans un petit livre.

L’histoire est véridique et je remercie la petite fille de six ans qui m’a ouvert ce trésor. Il plaira à tout âge – à condition de trouver le secret…
On peut le voir déplié sur le site de l’autrice

Je suis là pour toi

Je suis là pour toi
Parapaboom [Vanessa Branchi]
Amaterra, 2026

Tout ira bien

Par Anne-Marie Mercier

Dans cet album cartonné pour les tout petits, toutes sortes de personnages se font du souci : un robot en panne, une femme en retard pour prendre son train, un marin perdu dans la nuit, un fantôme dans un grenier trop poussiéreux…Il suffit de relever la demi page qui forme rabat pour trouver la résolution de chacun des problèmes : arrive un réparateur, un chauffeur, la lune, des nettoyeurs… Chacun apporte assistance, en répétant la formule du titre. Dans les dernières pages c’est un l’enfant qui a peur du noir et qui voit ses deux parents se pencher au-dessus de son lit avec la même formule, revue : « nous serons toujours là pour toi ».
C’est répétitif et sans doute rassurant, simple en tout cas. Avec le dispositif de rabat, les illustrations font l’originalité de l’ouvrage. Très colorées, elles associent des formes géométriques faisant penser à un univers de playmobil et sont représentatives du style de Paraboom, tel que le décrit Ricochet:« Inspiré par le mouvement artistique futuriste du début du XXe siècle et imprégné d’une esthétique publicitaire vintage, le monde coloré de Vanessa est fait de formes géométriques et de couleurs riches, rempli de personnages joyeux. Ces illustrations sont ludiques et rythmées. »

Chez les 3 ours

Chez les 3 ours
Claire Brun
Gallimard jeunesse, 2025

Mais où est Boucle d’or ?

Par Anne-Marie Mercier

Dans ce joli objet en carton souple, coloré, où des images stylisées évoquent une maison et, comme il se doit, trois personnages de tailles différentes, on parcourt l’espace en soulevant des rabats, des « flaps », en actionnant des tirettes.  On parcourt d’abord la forêt, puis la maison elle-même : fenêtres, cuisine, salon, escalier, chambres de grand et moyen ours et de petit ours…
Toutes sortes d’objets qui meublent nos vies sont évoquées par le texte : on peut essayer de les nommer et de les retrouver à l’image, ou simplement savourer l’évocation de cet univers idéal, aux couleurs douces, bien organisé.
Mais à chaque étape se pose la question de savoir où est Boucle d’or : on la trouvera finalement, mais pas sous la forme qu’on croyait. Décidément, cette Boucle d’or est bien envahissante : chassez-la, elle reviendra… et remplira nos étagères encore et encore, pour notre grand plaisir.

 

Pierre Lapin

Pierre Lapin ou Le Monde de Pierre Lapin : l’histoire originale + la peluche
Beatrix Potter
Traduit (anglais) par ? (non mentionné)
Gallimard, jeunesse, 2025

Des origines en peluche

Par Anne-Marie Mercier

Noël approche : la publication de jolis coffrets est une opportunité, même si l’on tente de résister contre ce qu’on appelle les « produits dérivés », pour faire découvrir aux jeunes enfants des classiques de la littérature de jeunesse.
Ce premier volume de la série des aventures de Pierre lapin reprend le texte de 1902, mais, nous dit-on en 2e de couverture, « corrigé » en 2002. On ne sait en quoi ni comment, mais tout de même, que veut dire ici ‘histoire originale » ? à l’origine d’une série? On y trouve aussi les reproductions des illustrations « originales » par l’auteur, c’est le moins qu’on puisse faire : Beatrix Potter est une merveilleuse illustratrice ;  ses textes sont de beaux exemples d’esprit d’enfance.
On ne reviendra pas sur les démêlés de Pierre avec Monsieur McGregor dans lesquels il perd sa jolie veste bleue à boutons dorés. De multiples éditions et dessins animés les ont rendus assez célèbres. On se réjouit que cette fameuse veste bleue se retrouve sur la peluche qui accompagne le livre dans la boîte coffret ; le couvercle transparent permet de les découvrir ensemble.

 

Attention ! Ouvrir doucement. Ce livre a des dents !

Attention ! Ouvrir doucement. Ce livre a des dents !
Nick Bromley, Nicola O’Byrne
Traduit (anglais) par Rose-Marie Vassallo
Flammarion (Père Castor), 2024

Action ! (1)

Par Anne-Marie Mercier

La version en format poche de cet album, paru en 2013 et novateur à l’époque, est la bienvenue (même si le grand format permettait davantage de jeu) : l’auteur feint de vouloir nous raconter l’histoire du « Vilain petit canard » quand un crocodile vient s’introduire dans son histoire. Le lecteur doit être sur ses gardes car l’animal est affamé. Mais en réalité celui-ci mange le livre lui-même, les lettres, les phrases, les pages.
Le lecteur doit intervenir. On lui propose d’endormir l’animal en le berçant et en bougeant le livre, de le crayonner, de le secouer… Il finira par sortir à la manière de l’Histoire de la Petite souris qui était enfermée dans un livre (1980) de Monique Félix.
C’est un bel exemple de livre qui cherche à faire agir son lecteur et anime pages et mots. Depuis, Hervé Tullet a fait plus, Ramadier et Bourgeau aussi.
Après avoir inspiré ce livre à Nick Bromley, l’illustratrice a repris son crocodile dans Qu’y a-t-il derrière cette porte?: Ouvre-la pour voir! (2018), chroniqué sur lietje.

 

Qu’y a-t-il derrière cette porte ?

 

Le Livre Jaloux

Le Livre Jaloux
Ramadier et Bourgeau
L’école des loisirs, 2024

Le livre en thérapie

Par Anne-Marie Mercier

Après Le Livre qui a bobo et Le Livre coquin, voici un nouvel opus du duo Ramadier et Bourgeau, qui explore sentiments et émotions à travers un personnage récurrent et étonnant : le livre lui-même. Le lecteur se doit d’être actif et il lui faut aider le livre à surmonter sa difficulté. Pour commencer, on explore le sentiment à travers le symptômes puis le diagnostic. Ici, la jalousie se voit à travers la bouderie. La petite souris interlocutrice devine l’origine de la contrariété : elle a un petit livre dans la main et celui-ci est, d’après le livre, « petit, mignon, tout le monde a envie de le câliner. » On devine qu’il s’agit ici de proposer un miroir à un enfant qui sans doute vient d’avoir un petit frère ou une petite sœur. Le lecteur, cet enfant, va devoir traiter ce livre tout en se soignant lui-même, bel emboitement de soins : il faut le rassurer, le faire rire, et lui donner envie d’aller à la rencontre de ce petit autrui.

 

 

Reine de l’ouest

Reine de l’ouest
H. Lenoir
Sarbacane (« Roman Sarbacane »), 2024

Attention : explosif !

Par Anne-Marie Mercier

Quelle surprise ! Ce roman est un véritable feu d’artifice d’étonnements, de vivacité et d’insolence. On est prévenu dès le début, si on se donne la peine de tout lire : il est tout d’abord dédié « à tou.tes les neuroqueers qui aiment les pirates, les vampires et les cow-boys », lit-on avant le titre. La page suivante donne un « Avertissement »:

« Cet ouvrage contient des métaphores parfaitement ridicules ainsi que des scènes explicites. Parfois les deux en même temps. Le lecteur ou la lectrice est considéré.e comme averti.e. Toute ressemblance avec des personnages préexistants ne sera que le fruit d’une surabondance de clichés ».

Humour, autodérision, clichés, érotisme et déviances en tous genres sont parfaitement assumés. La page de titre donne comme sous-titre « un western dont vous êtes l’héroïne » : voilà pour le genre (littéraire) de base et la forme : c’est un livre contenant de nombreux parcours et chemins aléatoires. Il y a de multiples fins possibles aussi : dans l’une des séries, l’héroïne se marie après quelques petites péripéties et coule une vie tranquille dans les bois, ou bien… Personnellement j’ai fait un premier parcours de ce type, charmant mais donnant l’impression de passer à côté d’autres choses : il faut donc tirer plusieurs fils pour saisir toute la gamme des possibles. Mais quel plaisir qu’un livre qu’on peut reprendre encore et encore en étant toujours surpris.e et amusé.e.
L’autrice ayant décidé que, oui, la lecture est un jeu (Picard et Jouve, bonjour !), elle joue avec les genres aussi bien littéraires (western, roman d’éducation ou de formation, roman érotique, roman d’aventure…) qu’avec le genre : l’héroïne que « vous » êtes a des idées affirmées sur ce que c’est que d’être une femme, sur ce qu’elle peut, doit, veut, peut vouloir, être, etc., et elle fait un usage tantôt prudent tantôt débridé (pour ne pas dire déchainé) de sa liberté. On retrouve le goût de l’auteure pour les genres populaires. Elle avait dynamité magnifiquement le genre de la science-fiction avec Félicratie suivi de Battlestar botanica, une petite merveille, plus sage que celui-ci.
Tout commence comme un pastiche de roman pour jeune fille : ça se passe en Amérique, au XIXe siècle, « vous » avez laissé le chat de votre tante s’échapper et celle-ci, ne sachant plus quoi faire de cette orpheline encombrante, décide de la marier au plus vite ou de l’envoyer gagner sa vie comme institutrice à Cottonwood dans le Nebraska (ou infirmière dans le Montana, où il y a des ours et des trappeurs).
C’est le prologue (8 pages). Dès la fin du premier chapitre qui vous met dans le train (1 page et demie), vous devez choisir soit de parler à un charmant gentleman et alors d’aller vers le chapitre 12, soit de l’ignorer en jeune fille bien élevée et de vous rendre au chapitre 23. La suite dépend de vous : il y a mille possibilités et vous pouvez, selon vos choix – jeune fille bien élevée ou demoiselle audacieuse –, devenir institutrice et vous marier ou vivre une aventure torride avec le shérif, tomber amoureuse de la fille du maire, être enlevée par des hors la loi, devenir infirmière et épouser le docteur (ou pas), rencontrer des chercheurs d’or, frayer avec une tenancière de bordel, jouer (et gagner) au poker, etc.  C’est vif (les chapitres sont très courts et on saute vite d’une situation à une autre), drôle, tendre et coquin. L’héroïne que vous êtes se tire de toutes les situations tout en accumulant les bourdes. On jongle avec les clichés du western et on s’amuse beaucoup !

Reste la question de « l’explicite » en littérature de jeunesse. Certains diront «pornographie», d’autres diront que l’explicite n’est pas la pornographie et que de toute façon les jeunes sont de plus en plus tôt exposés à des images véritablement pornographiques, alors autant faire des contrefeux : dans les quelques scènes  effectivement explicites du roman, le sexe y est toujours joyeux, consenti, respectueux et cela n’a rien à voir avec l’atmosphère glauque des « New Romances » engluées dans les clichés d’une culture du viol. Mais rappelons-nous la polémique pour le gentil Tous à poil ! de Claire Franek et Marc Daniau (Editions du Rouergue, 2011) et le sérieux Bien trop petit de Manu Causse (Thierry Magnier, 2023), interdit à la vente aux mineurs par le ministre de l’intérieur. Ce livre, bien sûr n’affiche pas la mention de la loi de 1949 pour les publications pour la jeunesse, mais il a été sélectionné dans la liste des nominés pour le prix Vendredi. La question reste donc posée. Empoignades en perspective…

Pour creuser la question, c’est le moment de lire ou relire le livre tonique, instructif et utile de L’Aventure politique du livre jeunesse, par  Christian Bruel.

ABC du mot image

ABC du mot image
Jean Alexxandrini
(Les Grandes Personnes) 2024

Le mot est la chose

Par Michel Driol

C’est un abécédaire d’un genre particulier que propose Jean Alexandrini, à la fois typographe, écrivain et illustrateur. D’Architecture à Zigoto, en passant par Hélicoptère et Navire, les mots s’affichent en pleine page, les lettres du mot se mêlant à d’autres éléments graphiques pour représenter la chose. Le tout est en noir et blanc, de façon à laisser aux enfants le soin de colorier le dessin.

C’est un livre à contempler, plein d’inventivité et d’imagination, de précision aussi dans la façon de représenter les choses. Il faut regarder dans le détail comment les lettres s’inscrivent dans l’objet, et comment des détails s’inscrivent dans les vides des lettres. Si certains sont faciles à identifier, d’autre demanderont un peu plus de connaissances du lexique, de perspicacité dans la lecture (de haut en bas, les lettres emmêlées…), on s’aidera du mot dont on a l’initiale et le nombre de lettres, et, au pire, on ira chercher la solution en dernière page. L’ouvrage donne à voir une certaine poésie graphique qui met les mots à l’honneur, à travers des gravures qui ont un certain côté rétro. L’appareil photo date d’avant le numérique, on imagine les chromes de l’auto à trois roues, le garage et sa station-service évoquent les jouets d’autrefois… Ce voyage à travers les mots est aussi un voyage à travers les moyens de transport, un voyage où l’on côtoie des animaux réels ou imaginaires, et de drôles de personnages.

Un livre dans lequel les mots sont presque traités comme des idéogrammes complexes pour mieux les donner à voir.

 

Dans les poches de l’astronaute, du plombier, de l’apiculteur et des autres métiers…

Dans les poches de l’astronaute, du plombier, de l’apiculteur et des autres métiers…
isabelle Simler
Éditions courtes et longues, 2023

C’est à qui ?

Par Anne-Marie Mercier

Après avoir exploré les poches des personnages de fiction, Isabelle Simler nous propose un jeu du même type : il s’agit d’observer une double page sur laquelle, sur fond blanc apparaissent plusieurs objets. Ils sont représentés de manière réaliste, juxtaposés sans ordre apparent. Parfois il est facile de deviner à qui ils appartiennent ; certains métiers sont familiers aux enfants : chirurgienne, instituteur, apicultrice, policière… (on voit que l’auteure a songé à féminiser de nombreux noms, même si quasi rien dans les images ne suggère le genre du ou de la professionnel/le). D’autres sont moins connus (roboticienne, agent immobilier, océanologue…) ou moins faciles à deviner : pour le luthier, des objets et outils étranges, pour le chef d’orchestre, juste une baguette.
Les traits crayonnés laissent parfois la place à des représentations proches de l’hyperréalisme. C’est joli comme un trompe l’œil de collection d’objets (le musée de Lille en a un bel exemple, de Boilly, de la fin du 19e s., un autre du 17e s., de Le Motte, se trouve dans dans celui de Saint-Omer.
Tout cela présente une grande et belle variété de couleurs et de formes ; et que de jolis mots inconnus à découvrir dans la liste des outils !