les beaux beaux jours des colloques

Les pages « actu » et « recherche » de notre site (maintenant bien vivantes, je vous encourage à les visiter régulièrement) étant un peu confidentielles, voici deux annonces qui concernent l’activité des membres de Li&je (ou plus largement PRALIJE), acteurs de ce blog :

compagnonsLittérature de jeunesse et enseignement de la littérature : Les compagnons de la Croix-­‐Rousse : qu’est-­‐ce qu’une série culte ?
Université Lyon 1, Espe, 14 & 15 juin 2016
En savoir plus : BONZON-COLLOQUE
voir le PLANNING_bonzonv2

 

 

Appel à communication : colloque des 17-18 mars 2017, à Lyon : « Des créateurs dans la classe. Faire vivre la littérature de jeunesse ».
Les propositions de communication (15 à 30 lignes) devront parvenir en word ou rtf avant le 10 avril 2016 à anne-marie.mercier@univ-lyon1.fr
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Anne-Marie Mercier, Université Lyon1 (Espé), UMR 5611 (LIRE), François Quet, Université Lyon1 (Espé), LITT&ARTS, Grenoble 3

Une Maison pour quatre

Une Maison pour quatre
Gilles Bizouerne, Elodie Balandras
Syros (paroles de conteurs), 2015

Conte peul

Par Anne-Marie Mercier

Une Maison pour quatreLes quatre associés de cette histoire tirée d’un conte peul sont assez improbables : tigre, éléphant, serpent, hibou. On en déduit que le conte vaut par sa morale : on ne peut s’associer que si on a assez en commun.

Cependant, l’entreprise est montrée comme joyeuse, réussie pour un temps assez bref mais précieux. Somme toute, elle n’échoue que par quelques détails de cohabitation difficiles à réprimer, tenant à la nature de chacun. Le rythme de la narration et ses moyens sont adaptés au racontage et maintiennent l’attention éveillée à chaque étape.

Le récit suit les vignettes d’un rêve d’enfant : construire une cabane, y dormir… Les animaux sont bellement croqués ; les couleurs sont franches, vert de la végétation, violet de la nuit, orange du tigre… et les animaux sont très expressifs.

Un nouveau site sur la LJ : Voie livres

 le site internet www.voielivres.ch est désormais en ligne!
voie livres
Vous y découvrirez régulièrement des chroniques sur la littérature de jeunesse, son enseignement, l’état de la recherche et les événements culturels, régionaux ou non.

Le site est né d’une envie d’échanger sur la littérature de jeunesse, d’élargir ces échanges au plan intercantonal et international, ainsi que de collaborer avec différentes Institutions et acteurs du monde du livre (Haute Ecole Pédagogique Vaud, Université de Genève, Haute Ecole Pédagogique Valais, Institut suisse Jeunesse et Médias, Editions Pure Crème, d’autres encore, prochainement?).

Sonya Florey, Carole-Anne Deschoux, Vanessa Depallens

Ma mère, le crabe et moi

Ma mère, le crabe et moi

Anne Percin

Editions du Rouergue, septembre 2015.

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Comment réagir quand on a quatorze ans et qu’on découvre que sa mère a un cancer ?Surtout lorsqu’on vit seule avec elle.

C’est la question à laquelle la jeune narratrice de ce roman drôle et bien écrit se trouve confrontée. Son père -qu’elle voit peu- est parti un beau jour, quatre ans plus tôt, pour une autre femme. Son frère aîné a quitté la maison. C’est donc seule aux côtés de cette mère, aide à domicile pour des personnes âgées et qui peuple sa solitude en enjolivant un peu sa vie sur son blog (« Lectures et confitures ») que la jeune fille doit faire face.

Si la lutte contre « le crabe » comme elles l’appellent va renforcer leurs liens, elle va surtout les conduire toutes deux à une véritable métamorphose… amenant l’une à se reconstruire de force, l’autre à forger sa personnalité.

Drôle, pudique et sans une once de pathos, ce roman qui se lit d’une traite pose cependant de vraies questions sans en avoir l’air sur la maladie, les rapports mère-fille, la construction de l’identité féminine, l’amitié (réelle ou « virtuelle »), l’amour et, surtout, le dépassement de soi.

Un beau roman émouvant (dès douze ans).

La Passe-miroir, 1 : Les fiancés de l’hiver

La Passe-miroir, livre 1: Les fiancés de l’hiver
Christelle Dabos
Gallimard jeunesse, 2013

Ebouriffant !

Par Anne-marie Mercier

la-passe-miroir,-livre-1Avec du retard, j’ai découvert la nouvelle série française, La Passe-miroir, qui a obtenu le prix du premier roman jeunesse en 2013 (prix organisé par Gallimard Télérama et RTL, ne pas confondre avec celui des incorruptibles qui récompense lui-aussi une première œuvre)., prix Elbakin, prix de l’Hérault, et j’en oublie sans doute. Ajoutons lui une sélection pour le prix lietje si on se décide à l’organiser cette année ! Et mon prix personnel du meilleur roman de fantasy de l’année.

Il est bien écrit, avec des personnages originaux et attachants, une intrigue complexe que l’on découvre progressivement, un zeste d’humour, beaucoup de suspens et de noirceur, et est surtout marqué par une Inventivité ébouriffante. Tout cela étant impossible à résumer, je renvoie au site de l’auteur qui propose une galerie des ses personnages, des résumés et surtout un blog avec lequel elle communique avec ses lecteurs.

Qu’est ce qui est le plus attachant dans ce premier volume ? Peut-être l’héroïne, Ophélie, maladroite, au physique ingrat, aux lunettes qui changent de couleur selon son humeur et se cassent facilement, la laissant dans le brouillard. Elle porte une écharpe vivante et encombrante, son « premier golem » : ainsi apprend-on que les personnes de son monde donnent vie à des objets comme on tricote chez nous – des écharpes informes pour commencer. Totalement dépassée par les événements, elle est détentrice d’un don rare, ou plutôt de deux : l’un fait d’elle une « liseuse » capable de solliciter la mémoire des objets qui lui révèlent l’état d’esprit de ceux qui les ont manipulés, l’autre lui permet de se déplacer d’un miroir à un autre, comme dans le film de Cocteau, Orphée.

Ou bien l’attrait du livre tient-t-il à l’univers dans lequel elle évolue ? Le monde terrestre a été fragmenté après un conflit apocalyptique, en « arches ». On se déplace de l’une à l’autre en dirigeable (curieux, cette mode du dirigeable en littérature pour la jeunesse : Vango, Le Château des étoiles…). Celle à laquelle Ophélie appartient, Anima, est une structure matriarcade et familiale – tous ses habitants sont apparentés –, assez débonnaire et futile (je pense au début à une parenté avec la très belle série La Maison sans-pareil d’Eliot Skell que j’avais élu aussi « meilleur roman de fantasy). Seul un grand-oncle archiviste et Ophélie, qui travaillent ensemble au musée, semblent avoir un peu de sérieux. Sur Anima, chacun a un don en rapport avec l’âme des objets. On se marie entre soi (Ophélie a déjà refusé deux proposition de mariage avec des cousins). Une ancêtre et un conseil des doyennes règnent sur ce monde.

Pour des raisons mystérieuses, alors que l’endogamie est la règle, on a décidé de la fiancer à un étranger, un homme du pôle, austère et froid, qui l’emmène dans son monde sans rien lui dire de ce qu’on attend d’elle et du monde qu’elle va découvrir. Avec une vieille tante pour chaperon, elle découvre au Pôle une citadelle glacée habillée d’illusions trompeuses, un labyrinthe où l’espace de distend ou se raccourcit sans cesse, où d’étranges ascenseurs vous emmènent dans des lieux réservés. Ce labyrinthe n’est pas plus complexe que celui de la cour où elle évolue, pleine de faux semblants, de menaces bien réelles, où il ne faut faire confiance à personne, surtout pas à sa famille.

J’ai retrouvé le charme de La Maison sans-pareil, autant dans la vaste cousinade d’Anima où chacun cultive son petit talent sans trop de poser de questions que dans la ville labyrinthique du pôle. Elle évoque aussi la maison infinie de L’autre de Pierre Botero, mais tout cela de manière très originale. Comme dans L’autre d’ailleurs, on trouve des familles humaines dotées de pouvoirs particuliers. S’il n’y en a qu’une sur Anima (les Animistes), au pôle plusieurs se déchirent pour avoir la faveur de l’ancêtre : « Dragon » agressif (le fiancé en fait partie, et l’on retrouve des éléments de La Belle et la Bête), « Mirage » capable de créer des illusions, « Trame », dont les membres sont reliés psychiquement entre eux et incapables de dissimulation… Le contexte social est celui d’une cour qui semble en fête perpétuelle et qui se jalouse et se déchire, y compris au sein d’une même famille : assassinats et tromperies sont le quotidien des nantis, tandis que tout un peuple de valets et femmes de chambre trime jusqu’à l’épuisement, contrôlé par une police redoutable. Ophélie, issue d’un monde relativement égalitaire sinon démocratique, découvre ces mondes, tantôt en tant que fiancée cachée, tantôt sous le déguisement d’un valet.

Quant à l’intrigue amoureuse qui devrait être centrale, puisque l’héroïne est fiancée et que le titre du volume porte ce nom, mais elle est à la fois centrale et marginale. Elle se rapproche d’une trame bien connue du roman sentimental : la jeune fille, terne et sans intérêt, rencontre un homme puissant – pas forcément beau, et c’est même tout le contraire ici. Cet homme impressionnant s’avère fragile et incompris, sa dureté est un masque, l’héroïne arrive à le percer à jour. Elle lui devient indispensable car elle est la seule à savoir qui il est vraiment… Mais ce modèle très courant dans les collection Harlequin etc., est subverti dans de nombreux points : l’intrigue principale tient à la question de savoir pourquoi on cherche à marier Ophélie avec Thorn, et qui manipule qui. Elle le découvre peu à peu et passe vis-à-vis de son fiancé de l’indifférence à la confiance, puis à l’hostilité – le sentiment de n’être qu’une chose dans ce jeu dont elle ignore les règles et dans lequel elle n’a aucun choix demeurant permanent. La place marginale de la question sentimentale nous épargne les atermoiements et dialogues exploratoires de la planète sentimentale qui bien souvent plombent le roman pour adolescents (et en font un roman pour adolescentes).

Enfin, une cruauté rampante et constante en font aussi un roman noir : les séductions des mondes imaginaires sont un masque séduisant qui couvre les pires crimes. A la fin du roman, beaucoup sont morts, y compris des innocents, et la gueule d’ange d’un enfant est celle du pire monstre de cet univers… Tout un programme !

La suite bientôt ! je vais lire d’urgence le tome 2 et le 3 est en préparation…

La Roche qui voulait voyager

La Roche qui voulait voyager
Nono Granero, Géraldine ALibeu
HongFei, 2015

Ecouter le minéral

Par Anne-Marie Mercier

La Roche qui voulait voyagerQui dit que les pierres n’ont pas de cœur ? Celle-ci en a un, et des rêves, et de la volonté à revendre. Celui qui devrait le mieux la comprendre et l’aimer, un géologue, ne veut rien entendre ni comprendre, surtout pas son envie de voyager. Pour la faire taire, il la réduit en morceaux qui tous crient le même désir, jusqu’à ce qu’ils fassent enfin silence : la roche réduite en poussières s’en est allée avec le vent.

Faut-il voir un sens caché à cette histoire ? Pas forcément, mais on peut.

Ce qui est obligé, absolument, c’est d’être dans un premier temps intéressé par cette pierre, que Géralidine Alibeu rend touchante et amusante, expressive avec ses petits bras et son petit sourire, puis émerveillé par les paysages créés à grands crayonnés de couleur ou de noirs, d’estompages, superpositions de papiers découpés : tout un voyage…

On se fâche, Ce sera une fille, On dort

On se fâche, Ce sera une fille, On dort
Malika Doray

L’école des loisirs, « Loulou et compagnie », 2011

Des livres marionnettes

Par Sophie Genin

9782211207591_1_mUn crocodile aux sourcils froncés, une sorte de chat blanc qui regarde son ventre sur lequel on peut lire « ce sera une fille » et un ourson les yeux fermés au recto, tous de dos au verso, trois petits livres cartonnés proposent très courts récits à chute.

On reconnaît immédiatement les illustrations de Malika Doray matérialisées par des personnages-animaux cartonnés, comme des marionnettes, faciles à manipuler pour de très jeunes enfants. L’auteure illustratrice a réussi à trouver des chutes qui feront sourire les parents puis, petit à petit, les enfants, grâce à des fins surprenantes !

Encore une belle création de cette auteure prolixe et si efficace avec de très jeunes lecteurs !

A la poursuite du grand chien noir

A la poursuite du grand chien noir
Roddy Doyle
Traduit (anglais/Irlande) par Marie Hermet
Flammarion jeunesse, 2015

« Brillant ! », Un remède à la dépression/récession

Par Anne-Marie Mercier

grand chien noir« Brilliant« , tel était le titre original et tel est le qualificatif qu’on aimerait donner à ce livre qui a eu un grand succès en Irlande : ce mot, dans ce pays est un terme qu’on emploie à tout propos et qu’on pourrait traduire par « super », « génial » ou par une autre formule encore plus actuelle. C’est le mot magique, celui qui dit l’enthousiasme et l’élan, et qui fait rebondir quand on est à terre. L’enthousiasme ici est le propre de l’enfance, représentée par les deux héros, frère et sœur, Simon et Gloria, et par les autres enfants qu’ils rencontrent. Simon est l’aîné, mais il a peur du noir; Gloria, non.

Il est étonnant de voir que l’économie peut être au centre d’un roman pour enfants. L’histoire se passe pendant la crise dite des « subprimes« , ou de la « bulle immobilière » qui a frappé le monde financier et par contrecoup tous les secteurs entre 2007 et 2011. Cette crise a touché de plein fouet l’Irlande, qui est passée d’une période de croissance extraordinaire (à tous les sens du terme) à une très forte récession : faillites de banques et d’entreprises, chantiers de construction arrêtés, expulsion de propriétaires ne pouvant plus rembourser leurs emprunts…

La crise est vue à hauteur d’enfant : Simon et Gloria qui avaient chacun leur chambre apprennent qu’ils vont devoir partager une même chambre car leur oncle Ben, qui est dans une passe difficile, va venir vivre chez eux. Pas de problème : ils l’adorent ; leur père, frère de Ben, est ravi, leur mère pas mécontente (sa propre mère est toujours fourrée chez eux même si elle a un appartement indépendant). Il y a un beau portrait de famille, détendue, solidaire, aimante, mais pas mièvre, parfois à cran dans ces situations. Tout va à peu près, avec de beaux moments d’humour, jusqu’à ce que le « grand chien noir » pose ses pattes sur les épaules de Ben, rendant l’atmosphère irrespirable.

Dans l’ancien folklore, le chien noir est associé à la mort (voir Cerbère, ou Le Chien des Baskerville de Sherlock Holmes). Il est devenu aussi la métaphore de la tristesse et de la dépression (depuis – d’après Wikipedia – Samuel Johnson, le fameux « Dr Johnson). Comme cela est dit dans le prologue dialogué, personne n’y peut rien, ou presque : « seuls les enfants de la ville pouvaient faire quelque chose » ; c’est la conclusion de deux chiens du voisinage qui ont vu avant tout le monde l’arrivée du monstre.

Après avoir surpris une conversation d’adultes parlant de ce chien noir, les deux enfants partent dans la nuit et le voient, en « vrai » ; la métaphore des adulte prend corps dans les yeux des enfants. Ils le suivent dans une course éperdue à travers la ville, en partant de l’ouest. Ils suivant la rivière Liffey jusqu’à la mer, passant par Phoenix Park et le zoo, et rencontrent d’autres enfants qui ont comme eux un proche tyrannisé par un « chien noir ». Frissons, moments de désespoir (ce chien est très proche des détraqueurs de J.K. Rowlings) et enthousiasme alternent avec des temps de poésie. La nuit et ses bruits, la ville vide, les animaux qui les regardent passer et les encouragent, les amitiés qui se nouent, la « chute » – si l’on peut dire – surprenante avec Ernie et sa cape de vampire et son papa… tout cela est une belle démonstration du fait que oui, dans certaines situations, seule la jeunesse peut nous sauver, tant qu’elle sait s’exclamer à tout propos : « brilliant » !

depressionPour prolonger la liaison chien noir/dépression, voir la vidéo très pédagogique de Matthew Johnstone, en lien  avec l’OMS sur plusieurs blogs, tirée de son livre illustré.

Roddy Doyle est un auteur de romans, célèbre en Irlande, notamment pour Paddy Clarke ha ha ah! Il est connu en France surtout pour sa trilogie (The Commitments, The Snapper, The Van), qui a inspiré des adaptations cinématographiques.

L’oiseau sur la branche

L’Oiseau sur la branche
Anne Crausaz
MeMo, 2014

Une belle et bonne année à plumes

Par Anne-Marie Mercier

LOiseau_ActuaLi&je a choisi de vous souhiater une bonne année 2016 avec un superbe album paru il y a déjà quelques temps, chez MeMo qui est vraiment l’un des meilleurs éditeurs quant à la qualité d’impression des livres.Celui-ci ne déroge pas à la règle, au contraire.

Une même branche au fil des pages, de jour, de nuit, sous le gel, la pluie, le soleil, le chaud et le froid, autant dire suivant le rythme des saisons. Sur ce décor minimal et stable malgré ces variations, des oiseaux se posent, un différent à chaque page. Chardonneret, grive musicienne, grimpereau des jardins, Bergeronnette, engoulevent, roitelets à triple bandeau… Ils sont cinquante deux, un pour LOiseau_Actua2chaque semaine de l’année.

La beauté des dessins et des couleurs, la subtilité des teintes et la qualité de l’impression font de cet album un chef-d’œuvre à déguster page après page, tout au long de l’année… en commençant par le 1er janvier.

Les Sauvages de Mélanie Rutten, publié chez MeMo en 2015, a été primé dans la catégorie Album par une mention spéciale « Librairies sorcières », attribuée par l’Association des Librairies Spécialisées Jeunesse (ALSJ) parmi la sélection des Pépites du Salon du livre et de la presse jeunesse 2015

 

 

L’Histoire de France en BD : 14-18… la grande guerre !

L’Histoire de France en BD : 14-18… la grande guerre !
Dominique Joly, Bruno Heitz

Casterman, 2014

La guerre en vignettes

Par Anne-Marie Mercier

La BD aL’Histoire de France en BD - 14-18 l’avantage (et l’inconvénient) de proposer des instants. Ici, la guerre est découpée dans toutes ses étapes : ses causes immédiates ou lointaines, les événements, les réactions des gouvernants et des populations… Elle permet aussi de comprendre avec des cartes, des plans, des schémas. Tandis que le texte du narrateur donne les faits, les bulles transmettent l’avis des poilus, des petites gens lisant leur journal, ou schématisent les situations (« La Fayette nous voilà », dit le soldat américain en posant le pied en France).

Rien n’est oublié : ni la vie à l’arrière, ni les conditions de vie dans les tranchées, les mutineries de 17, la révolution russe… Si le dessin garde une distance et a parfois un ton humoristique, le texte rappelle la gravité des événements. Enfin, l’album se clôt sur des pages plus directement documentaires : généraux célèbres, gueules cassées, femmes dans la guerre, cimetières et monuments, lieux à visiter…

En somme, si on a des doutes sur le pouvoir de la BD pour dire et faire comprendre l’histoire, ces doutes devraient être levés, même si cette histoire reste schématique et factuelle, l’âge des lecteurs et le volume de l’ouvrage y obligeant.