Le Petit Chaperon rouge

Le Petit Chaperon rouge
Charles Perrault et Dominique Lagraula
(Les Grandes Personnes), 2019

                       Chaperon pop !

Par Anne-Marie Mercier

Album pop-up, récit en images composées de formes géométriques, ce Petit Chaperon Rouge semble au premier abord sans texte, mais ce n’est pas le cas : celui-ci se trouve caché sous des rabats. C’est bien d’avoir le texte intégral de Perrault, mais il n’est pas indispensable ici : on devine que la meilleure lecture qu’on puisse en faire serait de le « lire » à voix haute avec un enfant, ou, mieux, de lui demander de nous le raconter.

Solide, beau, raffiné, c’est un très bel objet, assez solide même s’il vaut meiux le m mettre dans des mains respectueuses. Pour le voir déplié, cliquer !

 

Voyage au pays des contes

Voyage au pays des contes
Alexandra Garibal – Camille Garoche
Casterman 2019

100 fenêtres sur les contes

Par Michel Driol

Suivons le guide, Ferdinand Croquette, assistant du vieux bibliothécaire. Il nous emmène successivement devant un château, dans une galerie de portraits, dans le potager des fées, à la rencontre de créatures fantastiques ou diaboliques, dans le repaire de la sorcière, dans un village, dans la boutique des sorcières, et enfin dans une salle de bal. A chaque double page, on retrouve le même dispositif : quelques mots de Ferdinand Croquette, à la façon d’un guide touristique, et des fenêtres à ouvrir qu’il commente, où qui servent de prétexte à questionner le lecteur.

L’album se présente comme une véritable encyclopédie amusante des contes, suscitant par l’ouverture des fenêtres cachées ici ou là la participation du lecteur. On croise, au fil des pages, des accessoires, des personnages, des situations tirées de nombreux contes populaires (de Raiponce au Chat Botté…) sans oublier d’autres « contes » plus contemporains (Peter Pan ou Pinocchio). Le monde représenté ne manque pas d’humour, et les rabats cachent bien des surprises.

Le jeune lecteur est confronté à toute la magie merveilleuse des contes, à leur univers, et il peut  ainsi soit retrouver des héros dont il connait déjà l’histoire, soit en découvrir d’autres.

Hariki

Hariki
Lucie Félix
(Les Grandes personnes), 2019

Jeu-Leçon de chose pour tout petits

Par Anne-Marie Mercier

Les albums de Lucie Félix publiés depuis 2012 chez (Les Grandes personnes) offrent chaque année un délice nouveau. Après Coucou publié l’an dernier, Hariki surprend encore par son inventivité, sa drôlerie et sa perfection graphique.
Après un incipit invitant ( « J’avais trois Harikos, harikos chéris, mais ils se sont sauvés. Aide-moi à les retrouver »), les doubles pages présentent un, puis deux, puis trois (on a donc un album à compter) harikos de couleurs différentes (on a donc un album qui présente les couleurs) ; ils ne veulent pas dormir : comment faire ? (on a donc une situation miroir) Un autre arrive, de forme différente, « molle, bizarre » (observation de formes). L’intrus est chassé (idée de tolérance ?) ; il revient avec un autre encore différent pour former avec des harikos de nouvelles formes : image de la symbiose des cellules (c’est donc un livre sur le vivant).

Mais c’est surtout un livre jeu, un livre objet en carton épais et aux bords arrondis à manipuler : il y a  des reliefs à caresser, des formes à faire glisser le long de rails, un texte drôle et rapide, des couleurs éclatantes.

Bernie c’est mon ours

Bernie c’est mon ours
Janik Koat
Hélium, 2019

Un ours à l’infini

Par Anne-Marie Mercier

Six petits livrets dans un joli coffret, qui, posés à plat, forment un puzzle permettant de reconstituer la figure de… Bernie.
Il est partout, sur toutes les doubles pages, en pleine page, seul sur les cinq premières, tantôt jouant à différents jeux (ballon, toboggan…) , tantôt se déplaçant de différentes façons (en vélo, en trottinette, en avion… tantôt se cachant, changeant de couleur, comptant jusqu’à cinq… la sixième double pagede chaque volume le montre avec son ami, celui qui peut dire « c’est mon ours ».
Magnifique graphisme, « pépite » sur les ours, avec un ours imperturbable (et pour cause), quelle que soit la situation où son ami le met.

Un petit bijou à mettre sur l’étagère des beaux albums sur les (noun-)ours, par exemple avec Nours de Christian Bruel et Nicole Claveloux.

Mécanique générale

Mécanique générale
Philippe Ug
(Les Grandes Personnes) 2019

Tu paraitras dans ta superbe auto…

Par Michel Driol

Ce livre pop-up explore différents véhicules,  « bien à l’abri dans mon garage » : la dépanneuse, le bolide, la vieille guimbarde, le minibus, le tout-terrain, l’engin électrique jusqu’au véhicule préféré, « le carrosse de mes parents ». A chaque véhicule est associée une petite proposition, sa finalité, ses caractéristiques qui dessinent en creux le portrait d’un enfant amoureux des voitures.

L’album fait en quelque sorte un inventaire des véhicules hauts en couleur : power flower pour le minibus, blanc immaculé pour le véhicule électrique. Invitation au voyage, l’album décline des destinations de rêve, des chemins de traverse, le tour du monde, et il ouvre vers les possibles, parfois de façon étonnante (le bolide pour faire ses courses aux marché). Les pop-up ingénieux, qui ne cherchent pas à tout prix le réalisme, font émerger des véhicules que l’on se plait à détailler et à admirer.

Un album qui montre que l’attrait pour les voitures n’est pas passé de mode…

Coucou

Coucou
Lucie Félix
Les Grandes personnes, 2018

Pépite!

Coucou est un album qui marque les esprits et qui fera sans doute date dans l’histoire du livre pour enfants par sa simplicité et son ingéniosité : c’est un livre-jeu, un album Leporello aux pages cartonnées évidées de formes différentes (ronds, carrés, parallélépipèdes divers, uniques ou pluriels) et couverts par des feuilles transparentes elles-mêmes couvertes de formes colorées diverses. Couleurs et lignes multiples permettent un jeu infini avec l’enfant : on peut lui faire « coucou » à travers le livre, il peut regarder à travers les pages, jouer avec les formes, superposer des pages…

C’est beau, doux, inventif, infini, et ça recommence toujours, comme un jeu de coucou/ caché dont on ne se lasse pas (et dont l’adulte risquera moins de se masser avant l’enfant).

Dans ma maison de poupée

Dans ma maison de poupée
Olivia Sage, Lucile Placin
De la Martinière jeunesse, 2017

Lire et jouer, jouer et lire

Par Anne-Marie Mercier

Quelle belle idée ! Dans un même emballage on a :

  • Un livre de contes intitulé « Mes Contes de poupées », qui réunit quatre histoires, « Vassilissa la belle », « Le prince et la poupée », Yaci et sa poupée de maïs » et La poupée qui mord ».
  • Des éléments cartonnés et prédécoupés qui permettent de créer une maison de poupée et de jouer les histoires
  • Des personnages, eux aussi en carton, qui permettent de leur faire jouer leur rôle dans la maison.

Les histoires mettent en scène diverses sortes de poupées : poupée magique, poupée de bois que des fées animent, poupée de maïs, poupée qui crache de l’or… ou qui mord, on trouve des échos de divers contes traditionnels et surtout la certitude qu’une poupée est indispensable pour se sortir de toutes les situations difficiles de la vie !

 

Qu’y a-t-il derrière cette porte ?

Qu’y a-t-il derrière cette porte ?
Nicola O’Byrne
Traduit anglais) par Rose-Marie Vassallo
Flammarion (Père Castor), 2018

Action !

Par Anne-Marie Mercier

Sur le modèle des livres interactifs de Hervé Tullet ou de Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau, cet album invite le lecteur à agir physiquement sur le livre pour faire avancer l’action, ou la faire dévier, l’orienter vers une étape plus satisfaisante…
A ce modèle, il ajoute un système de livre à découpes : celle de la couverture, en carton fort, inaugure la série ; les suivantes sont autant de portes que le lecteur aura « activées » dans la page précédente en traçant leur forme avec le doigt (carré, rond, losange, rectangle…). Chaque porte conduit le crocodile dans un milieu différent (mer, désert, neige…). De la sorte, le jeune lecteur peut aussi apprendre tout en s’amusant… beaucoup.

Pour feuilleter...

À l’intérieur des gentils (pas si gentils…)

À l’intérieur des gentils (pas si gentils…)
Clotilde Perrin
Seuil Jeunesse, 2017

Construction d’un personnage

Par Anne-Marie Mercier

Sur le même principe que l’album en très grand format intitulé « À l’intérieur des méchants » dans lequel Clotilde Perrin explorait l’âme (et les poches) du loup, de la sorcière et de l’ogre, on nous propose de creuser un peu les personnages du petit enfant, de la fée, du prince et de la princesse: chacun a droit à un portrait en pied, revêtu de tous ses attributs. Un système de rabats divers permet d’explorer ce qu’ils ont sous leurs vêtements, dans leur poche, derrière la tête… Chaque portrait est issu d’une bibliothèque de 5 ou 6 contes, ce qui permet de donner au personnage de multiples aspects tout en soulignant les traits récurrents.

Un conte est donné en entier (plus ou moins) pour chaque personnage : « les fées » de Perrault, « Le Roi Grenouille » des Grimm, et « Volétrouvé », des Grimm également, un joli conte moins connu qui mériterait de l’être davantage. Sous ses dehors faciles et joueurs, cet album est une bonne mini encyclopédie des contes.

 

Giselle

Giselle
D’après Théophile Gautier et J.H. de Saint-Georges
Illustrations de Charlotte Gastaut
Amaterra, 2017

 

Bal masqué

Par Anne-Marie Mercier

Représenté pour la première fois en 1841, le célèbre ballet de Giselle est l’un des plus connus de la période romantique. Romantique, il l’est avec son livret de Théophile Gautier, ses amours contrariées, ses spectres, son inspiration folklorique… Giselle aime un prince sans le savoir. Un rival éconduit le lui apprend et elle meurt de désespoir, sachant que jamais les princes n’épousent des villageoises. Mais selon une légende slave, les fantômes des jeunes filles mortes avant leurs noces reviennent sur leur tombe : ce sont les Wilis qui attirent les jeunes gens et les font mourir.

Après le Lac des cygnes, Charlotte Gastaut reprend le même format exceptionnel d’un grand album presque carré (29 x 32 cm.), composé de doubles pages comportant de nombreuses découpes, parfois des calques, produisant des effets de dentelle superbes. Les coloris, les formes simples imitent le folklore dont le conte s’inspire. Rien de morbide malgré le tème, tout cela est très dansant.

On peut consulter les premières pages sur le site de l’éditeur. Dans la même série des ballets illustrés, et avec la même illustratrice, on trouve également L’Oiseau de feu.