Ouvrage sur Christian Bruel

 Notre ouvrage sur Christian Bruel vient de paraître: Christian Bruel auteur-éditeur, une politique de l’album, Dominique Perrin et Anne-Marie Mercier-Faivre (dir.), Electre-Ed. du Cercle de la Librairie, novembre 2014.

Une étude c1deCouv_Bruel_mediumollective menée sur plusieurs années par le groupe PRALIJE, qui propose une introduction à l’oeuvre éditoriale et littéraire de C. Bruel, du Sourire qui mord à Être éditions, avec des notices sur chacune de ses oeuvres, le tout accompagné de nombreuses images, merci Au Cercle de la Librairie pour ce beau travail.

Pépites à Montreuil

Pepites2014Les Pépites brillent au Salon de Montreuil  : 7 prix littéraires attribués pour célébrer et récompenser la qualité et la richesse de l’édition européenne de la littérature jeunesse.

Un jury, présidé par Marie Desplechin, écrivain et Gilles Bachelet, auteur-illustrateurs les 2 parrains des Pépites 2014, a sélectionné les 7 lauréats parmi 6000 nouveautés.

Les lauréats des Pépites du Salon 2014

Pépite de l’ALBUM
La Vie rêvée
de Michel Galvin, Le Rouergue

Pépite du ROMAN ADO EUROPÉEN
Le Livre de Perle
de Timothée de Fombelle, Gallimard jeunesse

Pépite PETITE ENFANCE
La Boîte à images
de Emmanuelle Houdart, Thierry Magnier

 Pépites de la BANDE DESSINÉE / MANGA

Hilda et le Chien noir de Luke Pearson, Traduction Basile Béguérie (anglais R-U) Casterman
Pelote dans la fumée, vol.1 L’Été / L’Automne de Miroslav Sekulic-Struja

Pépite du LIVRE D’ART
Tous les Ponts sont dans la nature
de Didier Cornille, hélium

Pépite du DOCUMENTAIRE
Chine, scènes de la vie quotidienne
de Nicolas Jolivot, HongFei

Pépite de la CRÉATION NUMÉRIQUE
Botanicula,
concept, design et animation : Jaromír Plachỳ, éditeur : Amanita Design Studio (République tchèque)

Voir la préselection

Le Jury des Pépites du Salon 2014

Marie Desplechin, Écrivain
Gilles Bachelet, Auteur-Illustrateur
Parrains des Pépites 2014

Avec
Cécile Hauser, Chef du Bureau du Livre et de la Lecture publique, Direction de la Culture, du Patrimoine, du Sport et des Loisirs du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
Joseph Jacquet, Responsable R&D animation, Direction des programmes Jeunesse France Télévisions
Samiha Lafif, Libraire, Librairie Envie de lire, Ivry-sur-Seine
Céline Lavallée, Libraire, Librairie Folies d’encre, Gagny
Florence Noiville, journaliste, Le Monde
Jean-Marie Ozanne, Libraire, Librairie Folies d’encre, Montreuil
Sylvie Vassallo, Directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse

 

L’Année du Mistouflon

L’Année du Mistouflon
Anne-Marie Chapouton

Flammarion, Castor poche (romans) 2014

La « Bête » de Lourmarin

Par Anne-Marie.Mercier

lAnnée du MistouflonParu en 1975, ce Mistouflon avait fait bien des heureux, tant la fantaisie accompagnait la peinture d’un village (Lourmarin dans le Lubéron), de son école, des enfants et de leur famille. Irrévérencieux, amateur de Picole (recette jointe dans le livre) et mangeur de tabac, le Mistouflon sème la panique, tantôt adoré, tantôt détesté par les habitants, jusqu’au jour où l’on découvre l’existence de la Mistouflette…

Ce grand classique des lectures de l’école primaire réparait après avoir une première parution en Castor poche en 1982. Les illustrations de Gérad Franquin sont… du Franquin : parfaites pour accompagner ce récit loufoque.

Quant au petit dossier ajouté au volume, s’il comporte quelques éléments intéressants, on conseille d’oublier les exercices de grammaire et d’orthographe, très opposés à l’esprit-misouflonesque !

Charlotte et Mona

Charlotte et Mona
Florence Seyvos

L’école des loisirs, 2014

Petits aménagements

Par Anne-Marie.Mercier

Trois Charlotte et Monacourts récits, aux illustrations un peu désuètes mais d’une belle candeur enfantine, voilà le menu de ce petit livre qui propose les « aventures » de deux sœurs : l’installation de leurs chambre après un déménagement, un jeu autour de la radio, une peur… le quotidien devient source d’émerveillements – et d’ailleurs, merveille : les peluches sont vivantes parfois, et parlent !

Le Miroir brisé

Le Miroir brisé
Jonathan Coe

Traduit (anglais) par Josée Kamoun
Gallimard Jeunesse, 2013 (2012)

Roman-pâtisserie

Par Matthieu Freyheit

C_Le-miroir-brise_633Claire, huit ans, découvre un fragment de miroir dans une décharge. On s’en doute, le déchet recèle un vrai trésor philosophique (on pense à La Poubelle d’Ali Baba, de Lorris Murail). De fait, la jeune fille se rend bientôt compte que le miroir ne reflète pas la réalité qui l’entoure. Le quotidien, nécessairement triste, est métamorphosé par le pouvoir déformant du miroir. Dans son reflet, les images se multiplient : la grisaille du ciel est un bleu insolent, la tapisserie des murs s’éveille au mouvement des baleines et des serpents de mer, la petite maison de banlieue s’élance en château somptueux, et une licorne apparaît à l’orée d’un bois qu’on imagine enchanté. Excessif ? C’est peu dire.

Dans ce roman-pâtisserie, l’auteur multiplie les images sucrées et indigestes, encore appuyées par des illustrations au kitsch rare. Certes, la fable cherche à bien faire : Claire apprend à regarder le monde d’un œil nouveau, jusqu’à espérer et agir pour que le reflet déborde des cadres du miroir, pour que la beauté colonise son monde. Mais enfin le message reste simpliste, et le discours s’articule autour de scènes convenues : la découverte de l’injustice, celle du désir sécuritaire des méchants riches qui méprisent les autres, celle du propre visage de Claire, débarrassé de son acné, celle des conflits déséquilibrés entre les bien lotis et les sans-abris, etc. J’en passe. On attend une plus grande complexité qui n’arrive pas au terme d’un récit dans lequel Claire, longtemps esseulée, finit par trouver ses semblables, porteurs de miroirs comme d’autres furent porteurs de lanterne. Sans toute la poésie d’un Stevenson, malheureusement.

Petite panne

clef-molettePetite panne
Certains l’auront remarqué… notre site a été bloqué pendant quelques jours, non par une subite panne d’inspiration due à l’été, mais bien par un incident technique, résolu grâce à notre fée habituelle (merci Julie!) et à un nouveau magicien (merci Alexandre).

Merci de votre patience !

Le Pêcheur et les revenants

Le Pêcheur et les revenants
Max Estes

Traduit (anglais) par Génia Catala
La Joie de Lire, 2013

Des pirates en noir et blanc

Par Matthieu Freyheit

Noir etLe-pecheur-et-les-revenants blanc. Comme les non-couleurs du Jolly Roger, ce drapeau en forme de Vanité promenée sur les mers par les pirates en guise de menace autant que de rébellion devant l’ordre du monde, mais aussi devant la vie et la mort elles-mêmes.

C’est bien de vie et de mort qu’il s’agit ici pour ce pêcheur nocturne qui croise la route d’un navire pirate peu commun. C’est peu dire : son équipage est constitué de revenants représentés par des squelettes ou, le plus souvent, de simples têtes de mort. L’insomnie du pêcheur joue-t-elle en défaveur de sa raison ? La légende du Hollandais Volant n’est guère loin, maintes fois reprise en fiction jusqu’à devenir un topos de la fiction maritime et de piraterie, de Mac Orlan aux plus récents Pirates des Caraïbes. Ce que veulent ces revenants ? Une âme fraîche pour s’en repaître, car il faut bien que les fantômes se nourrissent. Celle du pauvre pêcheur, vieil homme sans marlin au bout de la ligne (mais le vaisseau pirate est peut-être la plus grosse prise de son imaginaire), ferait parfaitement l’affaire. Se sauvera-t-il des griffes invisibles de ces pirates aussi immatériels qu’affamés ?

Tout le livre joue précisément sur le visible et l’invisible, sur ce que montre l’alternance du noir et du blanc, mais aussi sur la part du possible et de l’impossible dans cette fiction onirique, insaisissable, dont il vous reste à découvrir la fin.

Au Pays des lignes

Au Pays des lignes
Victor Hussenot

La Joie de lire (Somnanbule), 2014

Aventures linéaires

Par Anne-Marie Mercier

aupaysdeslignesUn garçon bleu, une fille rouge, un monstre jaune qui s’avère être un garçon jaune… Tous ces personnages évoluent dans un décor de lignes rouges et bleues, tantôt courbes et tantôt droites, tantôt géométriques, tantôt imitant la nature. Ces décors deviennent monochromes lorsqu’après bien des aventures chacun rentre chez soi, retrouve ses parents : on songe à Petit Bleu et petit jaune de Léo Lionni. Entretemps, ils auront vécu des aventures, des amours, des séparations, tout un roman.

Cet album au graphisme très original (uniquement des lignes tracées au crayon à bille sur fond blanc, quelques cases à certaines étapes) reste inclassable : ni roman graphique ni BD, c’est un album sans texte dans lequel l’espace de la page se prête à de multiples traitements qui suggèrent mouvements et durées de façon très efficace.

Un Jardin sur le bout de la langue

Un Jardin sur le bout de la langue
Constantin Kaïtéris, Joanna Boillat

Motus (Pommes Pirates Papillons), 2014

Greffes langagières

Par Anne-Marie Mercier

UnJardinsurleboutdelalangueComme les autres albums de cette collection, ce recueil de poèmes joue avec les choses comme avec les mots. Ici, il s’agit de légumes, ceux que l’on plante, ceux que l’on mange, mais surtout ceux que l’on regarde.

Les jeux sur les mots et les lettres n’est jamais gratuit mais invite à voir autrement : c’est une invitation à mieux les considérer dans leur forme, texture, couleur, croissance, comme à mieux prendre en compte les mots qui les désigne. Comment la cerise et la fraise en se décomposant finissent par revenir au même, comment le poireau et la pomme se rejoignent… Les illustrations crayonnées donnent aux végétaux formes et sentiments humains et l’on peut méditer sur la mélancolie du champignon ou la légèreté des navets.

Les Bruits chez qui j’habite

Les Bruits chez qui j’habite
Claire Cantais, Séverine Vidal

L’édune, 2014

Tic, tac

Par Anne-Marie Mercier

LesBruitschezquijhabiteLes bruits d’une journée, ceux des différents espaces de la maison, ceux des saisons, ceux qu’on imagine au loin… tout cela forme la bande son d’une enfance, pour s’en souvenir quand elle sera enfuie, à l’image de cette horloge venue d’une maison de vacances qui a été vendue.

Ce bel album propose au jeune lecteur un personnage qui lui ressemble et vit des événements ordinaires auxquels il accorde toute son attention. C’est une invitation à saisir les moindres détails du quotidien pour en jouir et s’en souvenir ensuite, comme de précieux éléments arrachés au temps. Les images mêlent de très beaux crayonnés (pour les personnages) à des papiers découpés et des géométries qui suggèrent la relative permanence des choses et la fluidité des mouvements et des moments.