Le Petit Chaperon bleu

Le Petit Chaperon bleu
Guia Risari (texte) – Clémence Pollet (illustration)
Le Baron perché

Toute ressemblance avec une histoire connue ne serait que pure coïncidence

Par Michel Driol

pcbUne nouvelle réécriture du Petit Chaperon Rouge… et autres histoires, car on y retrouvera aussi les Trois petits cochons, Cendrillon et la Belle au bois dormant.

Voici un album qui offre une version moderne (le décor est urbain, contemporain) et décalée des contes, car cette fois, ce sont les deux enfants héros de cette histoire qui jouent à interpréter les personnages des contes. La petite fille, espiègle, malicieuse, ne se laisse pas impressionner et domine le garçon déguisé en loup, vêtu de rouge… Cette inversion des stéréotypes de genre modifie profondément la signification du conte, pour en faire une rencontre amoureuse dans laquelle c’est la fillette qui prend les initiatives, le loup n’étant plus le danger absolu, mais un partenaire de jeu consentant et séduit. Dès lors les deux enfants – complices – peuvent réinterpréter les histoires du monde entier : l’album invitant alors, à la fin, à cette réinvention des significations, indiquant tout à la fois que les enfants ont besoin de contes pour grandir, mais aussi qu’ils doivent s’approprier ces contes comme espace de jeu nourrissant leur imaginaire. Quel enfant n’a pas joué à « Si j’étais, tu serais.. » ?

Cet album se prête donc à différents niveaux de lecture, d’abord physiquement, puisque, comme dans les thèses les plus savantes, des notes nourries de bas de page l’accompagnent. Notes toujours pleines d’humour,  tantôt sérieuses comme la notice sur les « dents de lion »,  tantôt mathématiques comme la composition et le poids du panier,  médicales (la liste des maladies de la grand-mère)… Les uns y retrouveront l’histoire du Petit Chaperon Rouge, et s’amuseront des variations qui n’ont rien de gratuit. Les autres y liront les relations femme – homme, adultes – enfants. D’autres apprécieront les relations texte – image (comment l’univers urbain et le jardin de jeux d’enfants prennent la place de l’univers du conte)…

Gageons que cet album fera date dans les réécritures du PCR*

* PCR : abréviation universitaire pour le Petit Chaperon Rouge

La Vraie Fausse Histoire du Minotaure

La Vraie Fausse Histoire du Minotaure
Frédéric Laurent
Rêves bleus

Thésée le taiseux

Par Michel Driol

Mise en page 1Tout le monde connait l’histoire de Thésée, du fil d’Ariane et du Minotaure. Frédéric Laurent la revisite avec humour. D’abord en faisant de Thésée un taiseux : ne parlant pas, on le prend pour un étranger, un fou, et on le chasse. A son arrivée en Crète, on lui propose de chasser le Minotaure, et il se tait. Heureusement, d’un seul regard, sans parler, Ariane et lui tombent amoureux, et la fille du roi lui donne une pelote de fil rouge et lui transmet un message écrit. Il rencontre enfin le Minotaure, qui se révèle un être amical, bavard. Il raconte son histoire : affublé d’une tête de taureau, il a été victime de quolibets, et a chargé la foule… De ce fait, on l’a condamné à vivre dans le labyrinthe. Thésée et lui reviennent  chez Minos. Lors du mariage, ils souhaitent que tout miroir soit interdit en Crète.

Voici donc la rencontre de deux antihéros, rejetés l’un comme l’autre par la société, l’un pour ne pas parler (il ne dit qu’un mot dans tout l’album), l’autre pour délit de sale gueule. Deux antihéros que tout semble opposer : le muet et le bavard, le chasseur et la proie, mais qui se révèlent tous deux prisonniers du même labyrinthe aux marges de la civilisation. Le Minotaure n’a plus rien de l’être cruel du mythe, il est devenu, par force, herbivore, et n’a dévoré aucun des prédécesseurs de Thésée. Frédéric Laurent inverse donc complètement la signification du mythe, ne gardant que l’amour et l’intelligence d’Ariane qui permet à Thésée de sortir du labyrinthe.

L’humour se manifeste tant dans le texte que dans l’illustration. Par exemple dans l’allitération qui ouvre l’album « Thésée était taiseux » ou dans le conseil prosaïque d’Ariane « Ne prends pas froid ». L’illustration joue des cadrages (tête de taureau chargeant pleine page) ou du pastiche (le repas de noces est une allusion explicite à la Cène).

Bien sûr à réserver à ceux qui connaissent la vraie ( ? )  histoire du Minotaure et qui pourront apprécier les décalages qu’introduit l’auteur !

Touït Touït

Touït Touït
Olivier Douzou
Editions du Rouergue

Le ver et l’oiseau

Par Michel Driol

touit_touit_mUn ver sort de terre, coiffé d’un haut de forme, et affublé d’un nez. Un oiseau arrive, menaçant,  gigantesque par rapport au ver, qui rentre dans son trou. Entre les deux commence un combat, ponctué de grr, de touït, de pfff… L’oiseau souffle dans le trou du ver, devenant de plus en plus gigantesque à mesure que ses poumons se gonflent. Mais il ne parvient qu’à gonfler encore plus le ver, comme un ballon de baudruche. Et, bien sûr, c’est le minuscule ver, devenu énorme, qui fera peur à l’oiseau et qui l’emportera.

Voici un nouvel album sans texte de la collection Flippe-books du Rouergue (voir Plouf Plouf, de José Parrondo), qui met en scène deux protagonistes qui ne tiennent pas à se dégonfler, au sens propre ici. On retrouve bien sûr, dans cette nouvelle version du combat de David contre Goliath, l’humour, l’absurde, les gags et la chute des comics et des films muets. L’illustration, traitée en bichromie orange et noir, accentue l’expressivité des deux personnages : surprise, colère, perplexité, résolution…

Un album, proche dans l’esprit de certaines fables de La Fontaine,  dont l’humour ne laissera pas indifférents petits et grands…

Cour des miracles

Cour des miracles
Henri Meunier (texte) – Jean-François Martin (Illustrations)
Rouergue

Freaks, ou Compère, qu’as-tu vu ?

Par Michel Driol

courmiraclesLe narrateur discute avec tous les personnages improbables qu’il rencontre Cour des Miracles. Deux angelots marron, un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’âme sœur, le sage cyclope de Catalogne, l’ornithorynque, une cartomancienne… Ceux-ci lui donnent des leçons de vie ou de sagesse, sa devise : « Pourquoi pas ? », des incitations « Essaye ! Sois touche à tout ». A la fin, le narrateur se retrouve sur le grand boulevard, dont on ne voit pas le bout, et s’y lance, content et rassuré.

Cour des Miracles, bien sûr, on ne rencontre que des monstres et des éclopés : un personnage qui porte sa tête dans son bras, un ours, un éléphant ou un ornithorynque humanisés, un cyclope chauve. Le narrateur lui-même perd dans les dernières pages sa rigidité pour s’onduler, comme une figure de papier. On part donc à l’exploration d’un univers imaginaire  mythique et inquiétant : les illustrations, aux dominantes marron et noir, renforcent ce côté sombre par la présence de nombreux murs en brique  qui enferment les personnages. Les vêtements – chapeau melon,  costumes noirs évoquent les années 20 : le dadaïsme ou le surréalisme.

Qu’est ce qui est beau ? Qu’est ce qui est normal ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Comme dans la monstrueuse parade de Tod Browning, les monstres révèlent leur humanité, leur drôlerie, leur sagesse, leur esthétique  ou leur philosophie.

Le texte, d’une façon très poétique, joue avec la langue « Passer, c’est leur gagne-pain béni, aux anges ! », l’étoile éteinte « m’a confié ses feux, tous intérieurs ». Et ce ne serait pas forcer le texte que d’y lire un art poétique.

A la croisée entre la leçon de sagesse et l’exploration des faces cachées de notre inconscient, l’album nous laisse sur une fin ouverte, à la fois rassurante et inquiétante car le personnage est devenu lui aussi quelque peu mou… et monstrueux, partant à la conquête de la vie.

Un bel album, qui nous interroge sur nos différences, sur nos apparences et qui nous invite à aller au-delà des préjugés et à voir la part d’humanité et de douceur présente en chacun de nous.

L’Heure des mamans

L’Heure des mamans
Yaël Hassan Sophie Rastégar
Utopique

La liste du raton-laveur

Par Michel Driol

couv_Heure_mamans_HDComme tous les jours, la maitresse dit que c’est bientôt l’heure des mamans… Ce qui fait bouillir intérieurement le petit raton-laveur,  héros et narrateur de cette histoire, parce que ce n’est jamais sa maman qui l’attend, car elle travaille. Et, au fil des pages et des jours, comme dans une comptine, il fait la liste de celles et ceux qui viennent le chercher à la sortie de l’école : baby-sitter, grand parents, oncle, père… ou qui parfois l’oublient … L’heure des mamans, pour le petit héros,  on la découvrira dans la  double page qui termine  l’album : c’est samedi et dimanche, l’heure des câlins dans un grand lit.

SI le décor est bien celui d’une ville, d’une école, d’un appartement aujourd’hui, les personnages sont des animaux illustrant la diversité des enfants de la classe : porc-épic, girafe, kangourou…, humanisés par leur posture sur deux pattes et un accessoire vestimentaire (bottes, gilet). On retrouve cette même diversité dans la représentation des adultes. L’illustration de Sophie Rastégar, pleine de tendresse,  fourmille de détails humoristiques : le parent kangourou tend sa poche à son enfant, un bébé chat vole une plume à une maman oiseau.

Yaël Hassan propose un texte léger et limpide, avec des mots simples, à hauteur d’un enfant qui s’interroge sur la pertinence du vocabulaire des adultes (l’heure des mamans). Voici un album qui pose la question des stéréotypes dont le langage de l’école est porteur. Il n’y a pas que les papas qui travaillent. Et bien des enfants sont attendus par quelqu’un d’autre que leur maman. Et pourtant, cela reste « l’heure des mamans ».

Un album plein de fantaisie et de poésie sur les rythmes de vie d’aujourd’hui, sur les modes de garde après l’école et sur les relations familiales, dans lequel se reconnaitront de nombreux enfants qui fréquentent l’école maternelle.

Mais quelle idée !

Mais quelle idée !
Pascal Brissy – Didier Jean & Zad
Utopique

En l’honneur de papi Charly !

Par Michel Driol

maisquelleTibelle, la petite écureuil, est inquiète. Son grand-père va bientôt mourir, lui dit son père qui lui explique que c’est comme la pomme de pin sur l’arbre, car, un jour ou l’autre, il faudra qu’elle tombe, qu’on le veuille ou non. Alors Tibelle accroche solidement la pomme de pin à l’arbre, pour conjurer le destin. Par une nuit de tempête de neige, elle monte même sur l’arbre pour retenir la pomme de pin. Mais la tempête est plus forte. Papi Charly lui demande alors un service, de planter une graine pour que pousse un nouvel arbre… tandis que Tibelle jette quelques noisettes à la tête du renard, en l’honneur de son grand père.

Comment parler de la mort aux enfants ? Voilà un nouveau livre qui aborde ce sujet délicat avec tendresse et humour, à hauteur d’imaginaire d’enfant qui peut s’imaginer qu’on peut échapper à la fatalité, empêcher la pomme de pin de tomber. Aux réponses embarrassées du père correspond le dernier câlin du grand-père à sa petite fille, la demande secrète, insistant sur la complicité des deux personnages. C’est une histoire d’amour et de transmission entre générations, vue exclusivement à travers le point de vue de l’enfant.

Les pastels et gouaches de l’illustration montrent des personnages très humanisés, facilitant encore plus l’identification du lecteur, avec leurs grands yeux, parfois perdus dans la forêt de la vie, comme dans les contes.

Un ouvrage qui deviendra sans doute un classique pour aborder la question de la mort avec les enfants.

Plouf plouf

Plou plouf
José Parrondo
Rouergue 2014

Histoire sans paroles

Par Michel Driol

ploufVoici un album sans texte, qui met aux prises un marin sur son bateau et une baleine bleue. Le marin perd sa casquette, tente de la rattraper, au gré des vagues et du mouvement du bateau. Mais voici que la casquette se retrouve coiffer une baleine bleue, qui rit… comme seule une baleine peut le faire. Devenu capitaine Achab, le marin tente d’harponner la baleine pour récupérer sa casquette. Mais au bout du compte, c’est le bateau et le marin qui serviront de couvre-chef à la baleine.

Un album sans paroles, comme du temps des films muets, à la grande époque du burlesque. Album en noir et blanc, à l’exception du bleu de la baleine et de certains éléments du bateau et du marin. Comme au temps du muet, les visages sont sur-expressifs (inquiétude, joie, colère).  Un flippe-book (sic), dans lequel l’image se reproduit, d’une double page à l’autre, presque à l’identique, avec une petite variation (de place de la casquette par rapport au bateau par exemple), ce  qui suffit à faire progresser l’intrigue vers son dénouement à travers gags et retournements de situation. Du marin ou de la baleine, qui sera le plus fort ? Qui aura le dernier mot ?

Un album minimaliste par sa forme, reposant sur des ressorts du comique bien établis, opposant l’agitation forcenée vaine et stérile du marin à la force tranquille et pleine d’humour de la baleine… Le rire n’est pas que le propre de l’homme !

La Valise

La Valise
Frédérique Bertrand
Rouergue

Colère noire !

par Michel Driol

valiseTous les enfants, un jour où l’autre,  ont fait une grosse colère, et pris la décision de faire leur valise, et de tout emporter. C’est ce que fait le petit personnage de cette histoire,   sans nom pour qu’on puisse plus facilement s’identifier à lui.

Au fil des pages de l’album, il fait le tour du logement et, pièce après pièce, remplit sa valise de tout ce dont il aura besoin… ou envie de garder avec lui. Tout y passe, des vêtements aux jouets, de la nourriture aux affaires de toilette… Tout, absolument tout,  contenu et contenant (armoire, frigo)…Jusqu’à prendre aussi Papa et Maman… Bien sûr, la valise noire minuscule au début prend la taille de la dernière page, entrainant l’inquiétante question finale : Mais qui va porter ma valise ?

Le texte, simple et efficace, associe phrases courtes et listes, liste des choses à emporter. L’image, très stylisée, montre la silhouette de ces objets, statiques ou dans leur vol vers la valise. Les couleurs accompagnent le changement de pièces (rouge pour la chambre, bleu pour la cuisine, vert pour la salle de bains), permettant des repérages faciles. Quant aux parents, ils sont systématiquement représentés sur un fond de page de cahier… à réglure Seyès, image de l’ordre et des repères auxquels le héros veut échapper.

Un album, en apparence simple, qui devrait plaire aux tout-petits et qui aborde, non sans humour, la question de ce dont a besoin pour être heureux et de la difficulté à se séparer de son univers familier.

Détectives de père en fils (Tome 1)

Détectives de père en fils (Tome 1)
Rohan Gavin
Gallimard Jeunesse 2014

Le retour de Sherlock, père et fils ?

Par Michel Driol

detectivesOù il est question d’un étrange livre, Le Code, qui produit d’inquiétants effets sur les lecteurs, les terrifiant par des hallucinations insupportables. Où il est question aussi d’une association criminelle, la Combinaison, force du mal responsable de tous les crimes.  Où il est enfin question d’un père détective, sortant à peine d’un coma hypnotique de 4 ans, et de son fils, petit génie aux facultés déductives extraordinaires. Et aussi d’un oncle Bill, membre éminent de Scotland Yard, d’un beau-père présentateur d’une émission consacrée à la voiture, d’un professeur de physique inventeur à ses moments perdus, d’une concierge – femme de charge roumaine…

Bref, voici un livre touffu et dense : dense par le nombre de pages (près de 400), touffu par les intrigues qui s’y croisent, relançant sans cesse le suspense dans une série de rebondissements qui vont conduire les héros jusqu’au cœur de Londres, dans un souterrain désaffecté. De la galerie de portraits un peu caricaturaux se détachent les deux détectives, le père et le fils, dont la relation est bien décrite par l’auteur, avec un mélange d’admiration et de déception de la part du fils.

L’humour –  britannique – enfin ajoute une dimension supplémentaire à ce roman.  Théorie du complot, livre aux pouvoirs étranges traversant les âges, passion pour les voitures et la technologie : on retrouve là  quelques-unes des caractéristiques de notre société.

Attendons le tome deux…

La nuit quand je dors

La Nuit quand je dors
Ronald Curchod
Editions du Rouergue, 2014

Rêve à interpréter ?

Par Michel Driol

lanuitUn album sans texte – mis à part quelques rares et minimalistes « hou hou » ou « tic tac » perdus dans les images, en apparence sans lien entre elles, si l’on exclut la présence récurrente d’un petit personnage, et la similitude de la première et de la dernière  image (une chambre où dort le personnage), en pleine nuit traitée en sépia au début, en couleurs à la fin, marquant le retour au jour.

C’est le dormeur dont on va suivre, tout au long de l’album, le rêve…  à moins qu’il ne s’agisse d’un cauchemar auquel il essaierait d’échapper, car, le plus souvent, on le voit courir d’une page à l’autre, d’une image à l’autre, à la rencontre des animaux ou des monstres échappés des contes ou de son inconscient : des animaux comme un renard de feu, un monstre poilu mangeur de poils, un oiseau à pattes et une sirène (femme oiseau), un ours blanc, des chats…

Le monde dépeint est inquiétant : il a perdu ses mesures, les radis ont la taille de la maison, qui semble réduite à une fournaise. Il a perdu son orientation (une maison est toit en bas), les hybrides s’y multiplient (vêtement en peau d’ours / pardessus à pieds…), parapluies accrochés à côté d’une chauvesouris à tête humaine.  Il a perdu ses repères géographiques : l’ours blanc porte des fleurs tropicales sur le front, et le pingouin côtoie les Africaines au milieu de plantes exotiques. D’une page à l’autre, les métamorphoses se multiplient : le volcan devient usine. Comme dans le rêve, on se déplace : on gravit une montagne, on en redescend accroché à un parapluie pour se retrouver près d’un gratte-ciel. Nature et culture, tout se mêle : les champignons ont d’étranges couleurs radioactives.  Petit à petit, un univers urbain prend la place de la nature.

A partir du milieu de l’album, c’est l’œil qui devient la figure inquiétante par excellence : l’œil du personnage, de plus en plus ouvert, démesuré, l’œil des personnages (la femme aux chats), l’œil du chat, l’œil de la grenouille, l’œil de la pieuvre, autant de regards fixés sur la proie qui fuit…

Graphiquement, l’album est magnifique, porté par un imaginaire que ne renieraient pas les surréalistes ou Magritte. On suivra y avec attention la logique – ou les logiques – qui font se succéder une page à une autre et qui créent – comme dans le rêve – des séquences qui ont leur cohérence propre. Et peut-être se prendra-t-on à jouer au psychanalyste ? Ou plus modestement à se laisser porter, en toute sécurité, par ce flot menaçant et continu d’images, d’hallucinations, mais bien enfermées dans les pages d’un album… De quoi rassurer finalement les jeunes lecteurs : ils ne sont pas les seuls à faire des cauchemars.