TIP TAP

Tip Tap
Anouck Boisrobert,  Louis Rigaud
Hélium, 2011

Comment enrichir son vocabulaire à l’aide de l’ordinateur ?

Par Françoise Poyet

Comment enrichir son vocabulaire à l’aide de l’ordinateur ?

C’est le pari réussi d’Anouck Boisrobert et  Louis Rigaud . En faisant « TIP TAP » avec le clavier, l’enfant apprend à reconnaître les mots et leur orthographe.

Sur le livre, des images et des mots sont regroupés par onglet thématique : du plus grand au plus petit, la maison, dans le jardin, les petites bêtes, les saisons, à chaque couleur sa fleur, de jour/de nuit, à la ferme, au bord de l’eau, les transports, les contraires et tant d’autres… La mise en forme des images et des textes est simple, claire et gaie. Une idée intéressante permettant d’utiliser l’ordinateur et le livre au service du même objectif.


Le Petit Livre de Londres

Le Petit Livre de Londres
Rosie Dickins

Usborne (livres avec liens internet), 2011

Voyager du papier au web et retour

Par Anne-Marie Mercier

Si l’esthétique du livre le rapproche beaucoup des nouveaux guides touristiques des éditions Gallimard (collection « découverte »), le concept est original : il s’agit de proposer aux jeunes lecteurs un petit guide de ville qui associe textes, images et liens Internet. Quelques conseils de sécurité sur l’usage du Web sont fournis et le site des éditions propose toute une série de liens conduisant à des sites officiels (musées, institutions,…) pour visiter en détail, connaître le contexte historique, regarder des plans, etc.

Une belle idée pour faire préparer un voyage à un enfant… ou à un adulte qui ne lirait plus que sur écran. Sur le site, très facile à utiliser, on trouve également des liens pour des livres traitant de la géographie, musique, corps, arts… un belle réserve de textes et d’images.

1001 manières de sentir

1001 manières de sentir
Véronique Gaspaillard, Françoise de Guibert

Gulf stream, coll. La vie tous azimuts, 2011

1001 manières d’être vivant

Par Dominique Perrin

 Se nourrir, naître – se reproduire – sentir : trois albums documentaires explorent successivement ces grandes fonctions transversales à l’univers du vivant, qu’il soit végétal ou animal – avec à chaque fois une interrogation conclusive subtilement espiègle : « et l’humain dans tout ça ? ». L’explication, synthétique et précise, est organisée en chapitres et paragraphes alertes, illustrés sur un mode alternativement plaisant et sérieux ; elle invite le lecteur à se positionner, « tout simplement », en scientifique : Véronique Gaspaillard, professeure de lycée passionnée de biologie, et Françoise de Guibert, spécialiste de l’écriture documentaire à destination de la jeunesse, relèvent ici avec rigueur et allant le défi toujours renouvelé du partage du savoir scientifique et de la curiosité insatiable qui le sous-tend.

Tout sur l’automne

Tout sur l’automne
Charline Picard, Clémentine Sourdais

Seuil jeunesse, 2011

Pour entrer dans la danse des saisons

Par Dominique Perrin

« Viens te promener au fil de l’automne », telle est l’invitation efficace lancée à la jeunesse par Charline Picard et Clémentine Sourdais avec ce livre documentaire idéal – tonifiant, polyvalent, précis et humoristique, doux aux doigts et aux yeux. C’est tout une saison de la Terre, du monde végétal et du monde animal qui est ici subtilement et savamment, avec une fraîcheur et une sobriété rares, mise en récit, légendes, chansons, poèmes et recettes, et en dessins, vignettes, photographies et aquarelles … De tels projets documentaires sont pour les lecteurs de tous les âges une fête sensible et intellectuelle, où le bal commence à la simple lecture du sommaire. On serait heureux de voir les deux auteures évoquer le rendez-vous avec d’autres saisons.

Le Jeu des sept cailloux

Le Jeu des sept cailloux
Dominique Sampiero

Illustré par Zaü
Grasset jeunesse (lampe de poche), 2010


Un refuge aux réfugiés

par Anne-Marie Mercier

 Un tout petit livre en apparence, mais un récit lourd comme les sept cailloux. Nous suivons Larissa qui erre dans les rues de Rouen et semble parler seule. À son enfant à naître, elle raconte la vie d’avant, en Tchétchénie : son enfance comment elle a rencontré son mari, la guerre, les hommes comme des loups.

La vie depuis : l’exil en France, à la recherche d’un toit, de papiers et d’espoir, est évoqué sans pathos mais avec précision. Cette histoire est une histoire vraie, comme beaucoup d’autres. Elle a été publiée avec une postface du Collectif solidarité antiraciste et pour l’égalité des droits et par le Réseau Education Sans Frontières de Rouen et des environs.

Le texte, porté par une belle écriture, est sobre  et pudique. Il évoque aussi bien la vie de tous les jours que les pires moments. Il s’attache aussi à de petites choses, des coutumes, des plats, un jeu. Les illustrations montrent les souvenirs du pays en encadré et la marche de Larissa en pleine page, les uns en tonalités de vert, l’autre en ocre. Dominent les images du visage et des bottes de Larisa qui cherche un lieu où s’arrêter, si proche et si lointaine.

 

 

 

 

Anthony Browne, déclinaisons du jeu des formes

Anthony Browne, déclinaisons du jeu des formes
Anthony Browne et Joe  Browne
Kaléidoscope, 2011

Browne, par lui-même ?

par Anne-Marie Mercier

Le titre un peu énigmatique est éclairé par un sous-titre en page de couverture, sans doute ironique, mais assez juste : « mon métier, mon œuvre, et moi ». Il s’agit en effet d’une biographie de Browne issue d’entretiens avec son fils. Elle est présentée sous forme autobiographique, écrite à la première personne et c’est peut-être le point qui pose problème. En effet, on peine à trouver un véritable ton à ce texte, souvent écrit de manière factuelle, parfois lourde. Effet de diction, de transcription ou de traduction ?

 

La partie biographique surprendra ceux qui lui imaginent une enfance difficile à cause de la présence fréquente dans son œuvre d’enfants et de familles malheureux. Il affirme qu’il ne faut notamment pas interpréter les images négatives de pères de ses albums comme des reflets de son propre père et nous présente une image idyllique de sa famille, trop idyllique ?

 

La partie consacrée à son œuvre est beaucoup plus intéressante et éclairante. Il indique sa formation, son goût pour le surréalisme (Magritte) et pour Francis Bacon, ses hésitations entre graphisme et art, ses premiers travaux. Bien souvent, il montre que certaines images ont été réalisées sans intention consciente de signification, davantage pour leur force intrinsèque. Ainsi, la part symbolique et métaphorique de son travail s’est construite peu à peu et cela fait que certaines interprétations proposées par des enfants lui semblent aussi vraies que celles qu’il peut donner, qu’il n’a construites qu’après coup. La réception par les enfants de ces albums est extrêmement intéressante, comme ce qu’il décrit du processus de création de ses principaux ouvrages. Un chapitre consacré à son travail d’illustration de textes d’autres auteurs (Carroll, McEwan…) est lui aussi très éclairant. Enfin c’est un ouvrage qui n’apportera peut-être que peu d’éléments nouveaux à ceux qui connaissent bien Anthony Browne, mais qui propose un parcours complet accompagné de nombreuses images fort bien choisies et reproduites et qui donne des informations intéressantes sur la genèse et la réception de ses œuvres. Pour les autres, ce sera une belle découverte et une clé pour entrer dans l’univers complexe de cet auteur.

 

La bande dessinée

La Bande dessinée
Christophe Quillien
Gallimard jeunesse (tothème), 2011

Encyclopédie sommaire

Par Anne-Marie Mercier

Soixante étapes, pour autant de doubles pages ou pages simples consacrées chacune à un aspect, un auteur, une époque de la BD, voilà de quoi a priori nourrir l’intérêt. Certes, on trouve un peu de tout dans cette mini encyclopédie, mais on reste beaucoup sur sa faim. Il faut attendre les dernières pages pour avoir des informations précises sur la réalisation d’une bande dessinée.

Si le texte est aéré, en contrepartie il est sommaire. Enfin tout participe de l’idée qu’un jeune lecteur serait forcément un lecteur naïf et paresseux ; il faudrait par exemple lui faire croire que c’est un héros qui lui parle pour l’intéresser à la biographie des auteurs de BD.

Pour finir le gros reproche qu’on fera à cet ouvrage est qu’il montre peu de « bandes dessinées » et préfère montrer des couvertures d’album, des produits dérivés plutôt que des enchaînements d’images. Pourtant l’auteur insiste bien, avec raison, sur le dynamisme de cet art, sa capacité à suggérer le temps, l’espace et le mouvement. Toutes choses qui sont difficiles à voir dans une image unique.

 

 

 

C’est la fête

C’est la fête
Sophie de Mullenheim
Gallimard jeunesse (ne plus jamais s’ennuyer,) 2011

Fête, mode d’emploi…


par Anne-Marie Mercier

Comment préparer une fête d’anniversaire ? Voilà les enfants initiés à « l’événementiel », à la condition qu’ils aient la patience d’aller jusqu’à la dernière page qui leur propose un planning d’organisation. Jusque-là, on leur propose des thèmes : pirates, jeux olympiques, enquête policière…, des jeux et des recettes assorties. Ce n’est sans doute pas l’ouvrage le plus inventif de la série, mais il a le mérite de répondre à un besoin sinon quotidien, du moins régulier.

 

 

Je cherche un livre pour un enfant. Le guide des livres pour les 8/16 ans

Je cherche un livre pour un enfant. Le guide des livres pour les 8/16 ans
Toni di Mascio
Gallimard jeunesse, 2011

Qui cherche trouve

par Anne-Marie Mercier

Je cherche un livre pour un enfant 8_16 ans .gifDans la même collection que le livre précédent consacré à la tranche des zéro-sept ans, cet ouvrage propose de nombreux titres pour les pré-adolescents et adolescents accompagnés de synthèse sur différents sujets (les séries, la science-fiction, les enfants et la lecture). Un premier chapitre donne des idées de lecture en fonction du niveau du lecteur et non de son âge (il y a une bonne mise au point sur cette question de l’âge, p. 13). Un deuxième chapitre est organisé par genres : fantasy, policier, fantastique et science-fiction. Le suivant donne des titres d’ouvrages classés par thèmes : récit de vie, aventure, humour, amour, histoire, monde contemporain. Une dernière partie propose des repères : historique, lieux de lecture, éditeurs, sites… Et une bibliographie qui propose d’autres recueils du même genre mais aussi des titres d’ouvrages sur les moyens d’inciter les enfants à lire.

 Le grand mérite de cet ouvrage, comme le précédent est de s’appuyer sur le goût des enfants et adolescents, de mêler classique et contemporain, « grands » et « petits » éditeurs et de proposer de nombreuses ouvertures, regards critiques, réflexions et conseils ; par exemple celui-ci : « les adultes que nous sommes devraient éviter de juger une lecture d’enfant (trop) à l’aune de leur regard de lecteur qui a déjà un parcours littéraire (et de vie) derrière lui », accompagné d’un conseil judicieux : relire un ouvrage qui nous a beaucoup plu, enfant ou adolescent, et se demander si on en a été décervelé, ou bien?

 

Atlas illustré

Atlas illustré
Maquette Helen Lee
Rédaction Jane Chishol
Spécialiste des Atlas Roger Trend
Pour l’Edition française Traduction de Muriel de Grey Rédaction Renée Chaspoul et Charlotte Blann
Usborne, 2010

Un livre à rabats foisonnant…

par Frédérique MATTES

 

Atlas.gifLa première page explique ce qu’est un atlas, les suivantes présentent à tour de rôle chaque continent.

C’est foisonnant de détails iconographiques et de petits textes, mais lisible. C’est aussi ludique, il y a plein de rabats à soulever, pour découvrir mille et une choses. Un documentaire que les lecteurs qui s’intéressent au monde prendront sans doute plaisir à explorer, à lire et relire.