Où va le racisme ?
Cécile Benoist – Elodie Perrotin
Editions du Ricochet 2026
S’aimer plutôt que s’hainer
Par Michel Driol
Publié dans la collection POCQQ (Pourquoi Où Comment Qui Quand), voici un documentaire à destination des adolescents – collégiens, lycéens – qui aborde avec clarté et précision la question du racisme. Il s’ouvre par deux citations, l’une du rappeur Dadju, l’autre de l’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie, puis par une introduction qui établit la présence du racisme dans la société, les discours, les médias et même certaines institutions. Un premier chapitre, à base de vrai/faux, s’interroge sur ce qu’est le racisme. Un deuxième chapitre aborde la question dans une perspective historique et géographique. Le troisième chapitre montre en quoi le racisme exclut toujours l’autre. Le chapitre suivant, des sociétés racistes ? Pose la question du caractère systémique du racisme en tant qu’il vise des groupes et produit des hiérarchies. Enfin, le dernier chapitre, en finir avec le racisme, évoque différentes attitudes contemporaines qui vont de la réécriture de certains textes au déboulonnage de statues, interrogeant sur la meilleure façon de lutter contre ce fléau. L’ouvrage se termine par une abondante filmographie, sitographie, filmographie pour aller plus loin.
L’ouvrage se veut à la fois engagé et éclairant. Engagé dans la lutte contre le racisme et toutes les formes de discrimination, il invite à réagir et à lutter, à sa mesure, à sa portée, contre les discours, les attitudes, les propos relevant du racisme. Eclairant, il est toujours minutieux, documenté, apportant des éléments scientifiques, historiques, politiques pour expliquer les phénomènes évoqués. Il ne cherche jamais à apporter des réponses toutes faites, mais montre, au contraire, que différentes voies sont possibles pour lutter contre les discriminations et construire une société plus juste et plus égalitaire. Au rebours des discours simplistes et simplificateurs, il montre la complexité du monde, de l’histoire, des attitudes et des réactions. Tout cela est abordé avec un grand souci du lecteur : explication des termes liés aux concepts abordés, bien sûr, mais surtout une écriture à la syntaxe sans complexité inutile, et le choix de la multiplication des questions traitées en une page synthétique, de façon à ne pas décourager les lecteurs. Ajoutons à cela une mise en page aérée, et des illustrations toujours adéquates pour rendre l’ouvrage accessible à tous.
Un ouvrage qui devrait avoir sa place dans tous les CDI de collège et de lycée, afin de débusquer avec les autrices ce qui se cache dans les non-dits de l’histoire et de certains discours, de façon à pouvoir les déconstruire, pour mieux vivre ensemble.





Dans cette adaptation théâtrale du roman éponyme, Karine Serres met en scène Ludovic, un enfant différent qui se fait souvent insulter par ses camarades de classe. Un jour ils le traitent de « mongol ». Le dictionnaire lui apprend qu’il s’agit d’un peuple d’Asie, et il n’a alors de cesse de trouver des informations sur ces hommes dont il découvre la culture. Il en apprend les expressions, la géographie, et rêve sur leurs noms de lieux. En s’identifiant à ces guerriers, et en tentant maladroitement d’en adopter les coutumes, il se singularise et génère l’incompréhension autour de lui. Seul le spectateur perçoit la logique de ses nouveaux comportements, ce qui fait ressortir l’inadaptation des réponses de l’entourage. Cependant Ludovic acquiert progressivement de l’assurance et parvient à tenir tête à ses persécuteurs. Les échanges sont nerveux et très percutants, mimétiques de la montée de la force intérieure du héros, dont nous partageons les conquêtes par le point de vue interne qui prend souvent la forme de monologues décoiffants où l’humour est souvent présent ainsi que la poésie. Une œuvre attachante, pleine d’humanité, qui sait toucher tout spectateur, quel que soit son âge. La découverte de l’altérité se fait avec une très grande justesse psychologique, sans misérabilisme, délivrant un message résolument optimiste.