Le Jour où j’ai abandonné mes parents
Agnès de Lestrade
Rouergue (DACODAC), 2011
Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes… et catholiques !
par Sophie Genin
La collection « Dacodac », petite soeur de « Doado » au Rouergue, se voit dotée d’un nouveau roman réaliste dans lequel Karla-Madeleine (en hommage à Karl Marx, du côté de son père, et en référence à la religion catholique de sa mère) part pour la première fois en vacances avec ses parents, très très différents l’un de l’autre, pour ne pas dire à l’opposé. Il faudra à la jeune fille rencontrer, par hasard et pour la première fois, sa tante et sa cousine ainsi que fuguer, l’espace de quelques minutes, pour connaître enfin les raisons de la rencontre complètement improbable de ses géniteurs : son père, « du chocolat fondu sur un chamallow », à l’intérieur, et sa mère, qui sait « qu’on ne se ballade pas en sandalettes sur un volcan en éruption » (le volcan en question étant son mari tentant vainement de ranger une tente « pop-up » !).
Le ton adopté par Agnès de Lestrade est juste et l’histoire fait mouche : la narratrice est touchante et pourrait faire penser à Josiane Balasko enfant dans Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, sachant que c’est encore plus délicat dans cette famille puisqu’il faut concilier les deux fois incompatibles de ses parents !
Des perles qui permettent de s’initier à l’art délicat de la politique à partir de 9 ans ponctuent le texte :
« Je savais bien que beaucoup de gens sur cette Terre portent des sacs de chagrin bien plus lourds que les miens. Quand on grandit avec un communiste et une catholique pratiquante, si on ne sait pas au moins ça, on est la championne des tartes. Mais j’avais treize ans et les chagrins de la Terre, je les avais tétés avec le sein de ma mère. J’avais droit à l’insouciance. Oui, l’insouciance. J’allais créer un syndicat de l’insouciance. » (p. 26)
Simon est sorti en Lutin Poche ! Il faut en profiter ! Certes, cet opus n’est pas au niveau de Caca Boudin, définitivement inégalable, mais c’est toujours un plaisir de retrouver ce héros grognon ! Cette fois-ci le lapin blanc refuse tout net d’aller à l’école : « ça va pas, non ! »
Parfois, on se pose des questions absurdes. Généralement, le soir, avant de s’endormir, dans la brume du premier sommeil. Voici un album qui va favoriser ce phénomène chez les tout jeunes enfants, en leur soumettant le problème suivant : « Comment les girafes font-elles pour dormir avec ce cou interminable planté sur leurs épaules ? ».
Simon, le célèbre lapin blanc de Stephanie Blake, a un petit frère, Gaspard, qui a hérité de la tête de cochon de son aîné : le difficile apprentissage de la propreté fait irruption dans sa vie sans crier gare, en pleine partie de billes fraternelle ! Simon s’écrie : « Pouah ! Beurk ! ça shnouf ! » en se bouchant le nez, ameutant toute la maisonnée ! Papa et maman font alors comprendre à leur petit dernier qu’il est temps pour lui « d’aller sur le pot ». Mais la route qui conduira Gaspard, le « bébé Cadum qui fait dans sa couche » (dixit son frère !), à devenir un grand garçon fier de montrer son pot à toute la famille à l’heure du petit déjeuner sera longue et semée d’aventures palpitantes, pour le plus grand plaisir du jeune lecteur hilare !
Voilà un mignon petit livre cartonné qui raconte ce qui peut bien se passer dans une baignoire. Au début, on pense que ce sera un album à compter comme les autres, sauf que dès la deuxième péripétie, ce sont deux animaux, et non pas un seul, qui se présentent pour faire trempette. Ensuite, on pense à Eléphant bleu, (Hirotaka Nakano, Flammarion, Père Castor) et puis … non. Et du coup, on se voit initié à la notion de « chute », mine de rien. Et puis, surtout, on rit ou on sourit, selon l’âge et c’est tout ce qui compte !
Pour s’initier au genre épistolaire, cet ouvrage est parfait : la variété des tons et des registres fait merveille.
À travers un court récit à la première personne, raconté par une enfant devenue grande, Fabrice Vigne aborde une question aussi essentielle que difficile : « le Père Noël existe-t-il ? »
Une lecture absolument recommandée pour la période qui s’ouvre ce mois-ci. Ajoutons que c’est drôle, profond et simple, et fort bien écrit comme tout ce que fait Fabrice Vigne (auteur de TS, superbe roman pour adolescents, de Jean 1er le posthume et Jean II le bon, écrits pour de plus jeunes lecteurs) et d’une belle protestation contre des déclarations anti-littérature de jeunesse comme on en lit encore trop souvent.
Voici réunis en un volume les trois volets du journal d’Aurore, intitulés « jamais contente », « toujours fâchée » et « rien ne va plus », parus entre 2006 et 2009. Aurore est le prototype de l’ado insupportable, version « fille », bien sûr.
Avertissons le lecteur : ce livre n’est pas pour les enfants. Il a été publié par le même éditeur que