Bruit blanc
David A. Carter
Gallimard jeunesse, 2010
L’Art du Pop Up
Par Anne-Marie Mercier
Sous une couverture cartonnée sobre, rouge, couverte en partie par des découpes blanches de carton ondulé, se cache une explosion de couleurs et de formes. Ce livre est un Pop up tout à fait particulier et maîtrisé, l’art du Pop Up.
Au lieu de raconter une histoire et de proposer des constructions reconnaissables et plus ou moins réalistes, il joue librement sur les formes, les couleurs… et les sons. Car Bruit blanc est un livre qui émet des sons, non pas de ces vilains bruits enregistrés qu’on trouve ici ou là (du type « appuyez sur la touche », et voici un bruit de vache ou de moteur), mais de vrais bruits émis par des matériaux claqués, frottés, dépliés, ceux que font des languettes de papier lorsqu’on tourne des pages, actionne des leviers de carton, gratte des calques…
Chaque ouverture de page fait naître une structure proche du mobile de Calder par sa justesse et son côté aérien ou de la sculpture de Tinguely par sa fantaisie et ses couleurs. Sur les fonds monochromes de couleurs primaires ou blancs ou noirs s’élèvent des architectures dans lesquelles on reconnaît (ou croit reconnaître ?) des structures multicolores (toujours des couleurs primaires, ou noir et blanc), comme ici un chevalet, là une lettre… ou des formes de cônes, de cylindres… ou des empilements joyeux et aériens, des bulles d’arc en ciel. Au dos de l’album, une dédicace à Kerouac et Monk ouvre sur d’autres arts et y ajoute le nom de Massahiro Chatani, créateur d’« origamic architectures » (http://www.evermore.com/oa/exit.php3).
Un sommet de l’art du Pop Up.
On trouve sur le site de D. A. Carter toute une série de ressources pour créer ses propres pop up, de l’élément papier à imprimer et découper, au film indiquant la méthode de collage et de fabrication : http://www.popupbooks.com/surprise.html
L’édition française de ce pop-up justement qualifié de « spectaculaire » en quatrième de couverture a été rapide puisqu’il a été publié la même année en Grande-Bretagne, et c’est tant mieux. On a rarement vu un pop-up aussi généreux, à tous points de vue : l’inventivité des montages la variété des papiers, l’humour, la présence d’images annexes dans les marges, cachés sous des rabats et enfin la quantité et la qualité des textes.
Un livre gris… et magique !
Réédition de l’album de 2009 (Circonflexe), lui-même repris de l’édition du même titre de 1924 (Garnier), cet album est une anthologie de textes et d’images tirés du Buffon de Benjamin Rabier commandé au dessinateur par la maison Garnier et paru en 1913.
L’estomac, cet être étrange, n’aura plus de secrets pour nous : à quoi il sert, ce qui en sort (scato rieur), ses différentes formes, combien il y en a dans un ventre de girafe, comment il fonctionne ou dysfonctionne (superbe jeu du labyrinthe faisant passer par différents aliments pour provoquer diarrhée, constipation ou bonne santé…).
Simon est sorti en Lutin Poche ! Il faut en profiter ! Certes, cet opus n’est pas au niveau de Caca Boudin, définitivement inégalable, mais c’est toujours un plaisir de retrouver ce héros grognon ! Cette fois-ci le lapin blanc refuse tout net d’aller à l’école : « ça va pas, non ! »
Parfois, on se pose des questions absurdes. Généralement, le soir, avant de s’endormir, dans la brume du premier sommeil. Voici un album qui va favoriser ce phénomène chez les tout jeunes enfants, en leur soumettant le problème suivant : « Comment les girafes font-elles pour dormir avec ce cou interminable planté sur leurs épaules ? ».
Simon, le célèbre lapin blanc de Stephanie Blake, a un petit frère, Gaspard, qui a hérité de la tête de cochon de son aîné : le difficile apprentissage de la propreté fait irruption dans sa vie sans crier gare, en pleine partie de billes fraternelle ! Simon s’écrie : « Pouah ! Beurk ! ça shnouf ! » en se bouchant le nez, ameutant toute la maisonnée ! Papa et maman font alors comprendre à leur petit dernier qu’il est temps pour lui « d’aller sur le pot ». Mais la route qui conduira Gaspard, le « bébé Cadum qui fait dans sa couche » (dixit son frère !), à devenir un grand garçon fier de montrer son pot à toute la famille à l’heure du petit déjeuner sera longue et semée d’aventures palpitantes, pour le plus grand plaisir du jeune lecteur hilare !
Voilà un mignon petit livre cartonné qui raconte ce qui peut bien se passer dans une baignoire. Au début, on pense que ce sera un album à compter comme les autres, sauf que dès la deuxième péripétie, ce sont deux animaux, et non pas un seul, qui se présentent pour faire trempette. Ensuite, on pense à Eléphant bleu, (Hirotaka Nakano, Flammarion, Père Castor) et puis … non. Et du coup, on se voit initié à la notion de « chute », mine de rien. Et puis, surtout, on rit ou on sourit, selon l’âge et c’est tout ce qui compte !
Librement adapté » du conte d’Andersen « la reine des neiges », lit-on en page de titre. On se demande quel besoin s’est fait sentir : le texte est certes un peu plus long que celui des autres contes (est-ce pour cette raison qu’il figure rarement dans le anthologies ? ou bien l’histoire de la fille du roi des brigands fait-elle peur ?).