Drôle de bazar

Drôle de bazar
Emma Clocet
Little Urban 2026

Grosse colère

Par Michel Driol

Lu vit avec son père, Céléron, dans une maison où rien n’est rangé. Céléron n’arrête pas de grogner. Lu s’échappe au jardin, où elle retrouve ses amis les animaux. Or, après un gros orage, elle les recueille dans le cabanon de son père, ce qui suscite une énorme colère de ce dernier. Une petite souris et quelques autres animaux sauront faire retrouver à Céléron la voie de la réconciliation et de l’apaisement.

On est d’abord séduit par les illustrations, par la douceur des tonalités (aquarelle et gouache diluée), mais aussi par la représentation des deux protagonistes. Une fillette en short ou salopette, montrée pleine de vie, confrontée à un énorme père–ours aux épaules voutées. Tout autant que le texte les illustrations donnent à voir l’opposition formelle entre ces deux personnages.

C’est, traitée avec beaucoup de finesse et un vrai sens du montré-caché, la question de la dépression qui sous-tend cet album. On saisit les deux personnages dans un ici et maintenant, tandis que le texte ouvre des brèches sur le passé. Avec la récurrence du verbe « arrêter », d’abord : Céléron a arrêté de ranger, de rire, de sourire… Ce qui implique bien sûr qu’avant il n’était pas comme cela.  Avec les négations, évoquant aussi le passé : il n’a pas toujours été en colère… Avec la métaphore du nuage dans sa tête. Avec la récurrence du verbe « continuer », qui indique bien cet engrenage dans lequel il s’enferme, continuer de grommeler, continuer de laisser s’entasser les choses. Dès lors, le lecteur ne peut que s’interroger : que s’est-il passé ? Pourquoi est-il seul avec sa fille ? Quel accident de la vie lui est arrivé pour qu’il sombre dans cet état dépressif ? L’intérêt de l’album est de laisser percevoir ces choses-là sans s’y appesantir, car il s’agit avant tout de montrer comment la fillette s’accommode de cet état de fait, sans rien perdre de sa jovialité (voir son jeu avec les spaghettis),fillette que l’illustration montre d’abord seule, derrière la table, ou en train de lire, comme enfermée par la porte qui l’encadre. Ce qui rompt cette solitude, ce sont les animaux, dans la relation qu’elle entretient avec eux. Cet épisode conduit petit à petit au merveilleux : c’est une petite souris qui fait prendre conscience à Céléron de son attitude, de son injustice, ce sont les animaux qui vont aider Céléron à prendre le dessus. Passage au merveilleux donc pour assurer à l’album une fin heureuse, un retour à l’ordre (au sens propre) et à la prise de conscience de Céléron.  On trouvera cela peut-être peu réaliste, la guérison trop rapide… mais le passage par le merveilleux et l’imaginaire permet cette évolution du personnage.

Lisant cet album, on ne peut s’empêcher de penser à l’univers de Gabriel Vincent. Par l’ours, bien sûr. Par la relation entre ce gros ours et cette petite fille, par l’utilisation des souris,  par l’atmosphère générale pleine de poésie du quotidien qui s’en dégage, mais aussi, et peut-être surtout, par une façon de montrer l’amour et l’affection en actes.

Un premier album plein de tendresse qui dit que les adultes aussi peuvent être injustes, fatigués, en pleine dépression, mais dont la fin heureuse montre toute l’affection d’un père pour sa fille.

La Colère de Banshee

La Colère de Banshee
Jean-François Chabas, David Sala
Casterman (2010), 2024

Colère noire en or

Par Anne-Marie Mercier

S’il faut absolument se faire peur avec la progression de la nuit, marquée par l’étape de Halloween, avant le solstice d’hiver (Noël, donc), autant le faire en beauté. Loin des récits stéréotypés de sorcières noires, c’est un conte doré que propose David Sala. Ses images montrent une banshee (sorcière irlandaise) à la chevelure d’or et à la robe lumineuse comme un soleil. Cela ne la rend pas aimable pour autant ; elle promène sa colère dans un petit bois (merveilleux bouleaux sur fond d’aurore rose) sur la grève (pauvres rochers qui subissent sa rage), elle déchaine l’océan et le vent (pauvres oiseaux, malheureux poissons), elle hurle enfin, d’un « hurlement si incroyable qu’il se rit du vent et des vagues, qu’il file au-dessus des flots, comme une flèche stridente ». Le monde va exploser. Jean-François Chabas sait convoquer la démesure, il l’a explorée dans ses romans où il faisait vire des sorcières irlandaises (Les filles de Cuchulain, Les sorcières de Skelleftestad), et avec David Sala, Le Coffre enchanté qui s’inspirait déjà de Klimt, Féroce
Comme c’est un album, et qu’il est destiné à de plus jeunes lecteurs, qu’il faut rassurer et à qui il faut dire que toute colère peut et même doit être calmée, on découvre enfin que la banshee est juste une petite fille qui a perdu sa poupée. Sa mère arrive, elle a trouvé la raison du désespoir de sa fille (sa poupée perdue), elle répare le mal, aussi bien celui de son enfant que celui qu’elle a infligé au monde. Tout se calme, dans une lumière d’or, avec un constat tellement simple qu’il surprend : « je trouve que tu exagères un peu. Tu n’as pas très bon caractère… ». Le conte mythique se replie en petite leçon aimante, l’or et la lumière envahissent encore une fois la page. C’est superbe.

Chacun mon tour

Chacun mon tour
Didier Jean & Zad
Utopique 2023

Apprendre à  partager

Par Michel Driol

Une cour d’école maternelle et un seul vélo pour tous les enfants. L’héroïne attend son tour, pleure auprès de la maitresse, et quand son tour arrive, elle trouve que cela va trop vite. De dépit, elle jette le vélo par terre. Se sentant mal, elle va demander pardon à Luis, le suivant.

Apprendre à partager, c’est prendre en compte l’autre, et, quelque part, aller contre les tendances naturelles de l’enfant, qui veut tout pour lui, tout de suite. Mais c’est un enjeu important pour vivre en société. La situation présentée dans cet album, est de celles que l’on rencontre souvent avec les enfants. Le lieu, la cour de récréation, le contexte, moins de vélos que d’enfants, sont présentés ici avec réalisme et une certaine simplification (un seul vélo, des illustrations, un scénario et un texte sachant aller à l’essentiel) pour que l’album soit compris par les plus jeunes auxquels il s’adresse. Les auteurs font le choix d’un personnage de petite fille, narratrice, déterminée, et dont le langage est bien celui d’une enfant (c’est pas rigolo). Zad représente de façon expressive les divers sentiments qui la traversent (envie, plaisir, colère, honte). Tout est fait pour que le lecteur se reconnaisse et s’identifie à elle. Le seconde partie de l’album ne manque pas d’intérêt dans la façon de passer par l’exagération (exagération de l’illustration représentant le visage colérique de l’enfant) et la poésie. Ce sont les mains de l’enfant qui prennent l’initiative de devenir papillons pour aller se poser sur les épaules de Luis, belle façon de dédramatiser la honte et le pardon, parfois difficile à demander.

Malgré la simplicité de leur ligne claire, les illustrations présentent en second plan des enfants dans la cour, accrochés aux mains de la maitresse, en petit couple surmonté d’un cœur… dans des couleurs très lumineuses, rendant compte aussi de la diversité de ce qui se passe pendant une récréation.

Un album qui, avec humour, dans la bonne humeur, se veut éducatif, pour apprendre à partager, à sortir d’une situation de conflit, pour développer ce qui est essentiel à travailler dès le plus jeune âge : les compétences sociales.

 

Couleur Colère

Couleur Colère
Emmanuel Trédez, Amandine Piu
Flammarion, Père Castor, 2023

Explosions

Par Anne-Marie Mercier

La colère est rouge, c’est bien connu ou du moins c’est ce que l’on trouve très habituellement dans les albums (voir Le Livre en colère, Nina en colère, Rouge de colère, etc.)  qui évoquent cette émotion (et même en BD (par exemple dans la série « Largo Winch » (t. 18, Colère rouge, 2012).
On voit aussi apparaitre dans cet album (paru la première fois en 2018) certains traits que l’on retrouve dans Grosse Colère (L’école des loisirs, 2000) de Mireille d’Allancé,  montrant la colère comme un monstre qui sort de l’enfant et sème la destruction dans sa chambre, sans épargner ses jouets préférés. L’originalité de Rouge Colère tient en partie au fait que l’enfant est une fille, chose assez rare dans ce domaine, la colère ayant été le plus souvent représentée sous des traits masculins (quand la tristesse était conjuguée au féminin… voir dans La Nouvelle Robe de Bill (Bill’s new Frock, 1989, L’école des loisirs (neuf), 1997)).
La liste des effets (rougeur, traits déformés, étouffement) et des bruits (cris, hurlements, mots durs) déclinent les temps de colère et ses effets sur le corps, les objets et l’entourage. La référence aux animaux allège un peu le propos en créant des effets comiques qui revitalisent des comparaisons usées grâce aux images (le caractère de cochon, par exemple). Si les illustrations montrant la petite fille sont remarquablement dynamiques, celles qui représentent les parents, en arrière-plan, sont au contraire statiques : Ils apparaissent désemparés et incapables de faire quoi que ce soit.
La chute montre une enfant honteuse et repentante. Le rouge passe au bleu, retour au calme, jusqu’à la prochaine fois (verte). Il n’y a pas de solution proposée, mais c’est une description dans laquelle certains et certaines se reconnaitront.
Le thème des émotions est bien rebattu, souvent sans grande originalité depuis quelques années, notamment depuis la parution du livre animé d’Anna Llenas, La Couleur des émotions (Glénat, 2014), et de son entrée dans les écoles maternelles qui en ont fait un ouvrage repère et l’ont exploité jusqu’à la corde. L’éditeur a suivi et l’on a vu se succéder album, cahier de coloriage, peluches…, les produit dérivés et ouvrages annexes se sont multipliés.
Signalons la parution chez Amaterra, de l’original  Rue de la peur, par la même illustratrice, Amandine Piu, avec un scénario de Gilles Baum, chroniqué sur lietje par Michel Driol. Le même duo avait réalisé Tout noir, (encore une chronique de Michel Driol sur Lietje). Et, on peut revoir sur la colère Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait de Véronique Seydouxet Hélène Georges (Rouergue, 2022) ou l’Abécédaire de la colère d’Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 2008).

 

 

La Pyramide de Nola

La Pyramide de Nola
Marie Barguirdjian – Claude K. Dubois
D’eux 2023

L’incomprise

Par Michel Driol

Nola construit une pyramide de sable sur la plage avec Max son ours en peluche. Puis elle y creuse un tunnel. Mais voilà son frère, puis son père qui veulent l’aider, et consolider ce qu’ils prennent pour un château. Nola commence alors plus loin une autre pyramide, que le père et le frère veulent intégrer à leur construction, au grand dam de Nola qui pleure, et Max a un bras arraché. Nola détruit le château, se réfugie sous le parasol. Le soir, au repas, c’est la crise…

Ce qui frappe d’abord dans cet album, c’est le côté sombre des illustrations. Qu’on soit sur la plage ou dans la maison, c’est une dominante de bleu et de gris. Le bleu de la mer, le jaune du sable n’ont rien d’éclatant : tout est à l’image de la souffrance de Nola, qui cherche à s’affirmer, mais aussi à être seule, à jouer seule. Les illustrations disent le drame qui se joue, la peine de Nola. Son besoin de solitude, que rencontrent les enfants, n’est pas compris par son frère et son père, qui s’avèrent intrusifs et ne respectent pas son projet, n’entendent pas ce qu’elle leur dit. C’est bien de communication dans la famille qu’il est question ici, à partir d’une situation simple de jeu sur la plage, à partir d’un frère peut-être peu trop donneur de leçons et sûr de lui, et d’un père qui cherche à faire quelque chose avec ses enfants. Famille sans histoire, ordinaire, aimante, mais qui n’a pas entendu le mot pyramide, et parle de château. C’est aussi ténu que cela, mais c’est sans doute l’épisode de trop, la goutte d’eau qui fait déborder le vase et entraine la crise de Nola le soir, au point qu’on l’envoie dans sa chambre. Lorsque dans la chambre de Nola, sa mère parle de pyramide, la fillette se remet à sourire : elle a enfin été comprise et tout rentre dans l’ordre de l’amour familial, illustré par les deux bras tendus et le sourire de Nola. Tout est vu du point de vue de Nola, et tout est fait pour qu’on se sente en empathie avec elle. Nola minuscule sur la plage, serrant contre elle son nounours, comme un signe de la fragilité et de la détermination de l’enfance. Nola qui de fait se sent exclue de sa famille – Nola ayant peut-être du mal à accepter le nouveau bébé (rien dans l’album ne le dit, mais rien n’interdit de le penser…) – Nola qui se réfugie dans sa relation avec son nounours.

Un album juste sur une fillette aimée, mais pourtant en souffrance, une fillette que l’on n’entend pas, pour dire à quel point l’enfance est un moment fragile, aussi fragile que les pyramides de sable, pour dire aussi à quel point aussi un enfant peut avoir besoin de jouer seul, et d’explorer seul son propre imaginaire. Un album touchant et réussi par la qualité de ses illustrations et de son texte.

Le Grand Grrrrr

Le Grand Grrrrr
Marie-Sabine Roger  – Illustrations de Marjolaine Leray
Seuil Jeunesse 2022

Une impatience sans mesure

Par Michel Driol

Lundi matin, le Grand Grrrrr a un petit paquet à livrer. Il sonne à la porte d’une petite maison, personne n’ouvre. Il attend, La pluie commence à tomber et le Grand Grrrrr  commence à s’impatienter, s’impatienter, s’impatienter au point de détruire la maison en voulant ouvrir de force la porte. Arrive alors la destinataire du paquet, une mamie très ancienne, qui le remercie pour sa patience, qualité rare de nos jours. Emu et touché par tant de gentillesse, le Grand Grrrrr se résout à reconstruire la maison, tandis que la mamie profite du cadeau de ses petits-enfants.

La colère, on le sait, n’est pas bonne conseillère… Celle qui est dépeinte dans cet album plein de drôlerie est plus proche de celle de Picrochole, de celles de Louis de Funès, ou de celle du bouillant Achille, version Offenbach, pour le plus grand plaisir du lecteur. Elle est injustifiée, elle enfle de plus en plus à la démesure de l’impatience de ce personnage, si bien nommé, que Marjolaine Leray caricature comme un monstre crayonné en noir, brouillon, brouillonnant ! Qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas un album de plus sur les émotions mettant en garde contre la colère, c’est à la fois une fable sur le pouvoir de la gentillesse et de la lenteur et une farce sur l’impatience maladive contemporaine qui fait de nous des êtres qui voulons tout, tout de suite ! Rien de plus jouissif que le texte de Marie-Sabine Roger, plein de farouches d’allitérations en gr, de jeux de mots et de néologismes savoureux. Rien de plus jouissif que cette colère qui gonfle au fur et à mesure que la pluie redouble d’intensité, une colère qui dévaste aussi bien le monde que l’individu. Rien de plus jouissif enfin que les contrastes entre le monstre qu’est le Grand Grrrr et son petit paquet à livrer, que l’opposition entre la petite mamie souriante et le Grand Grrrrr qui passe de l’extrême de la colère à l’extrême de la soumission et de la repentance.  Tout est représenté en deux couleurs expressives et très contrastées par l’illustratrice : le noir du Grand Grrrr, le rose fluo de la maison, du paquet, de la pluie, de la mamie.

Un album jubilatoire dans lequel on rit aux dépends d’un personnage incapable de se maitriser, avec la complicité d’une autrice pleine d’imagination et d’une illustratrice particulièrement inspirée !

Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait

Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait
Véronique Seydoux, Hélène Georges
Rouergue, 2022

Western enfantin

Par Anne-Marie Mercier

Malgré son nom imposant, Vicky Dillon Billlon est une petite fille et son histoire tient en quelques mots : elle a renversé son lait et sa mère l’a grondée. Rien de bien passionnant ?
Au contraire : la colère de la fillette l’emporte très loin, à cheval à travers les paysages de l’Ouest américain, accompagnée de toute une bande d’amis sauvages, accomplissant de multiples forfaits, passant de rodéo en bar, etc.
Page après page, on file dans l’imaginaire des westerns avec les aquarelles énergiques d’ Hélène Georges, dessinées à grands traits et peintes avec de grands à plats de couleurs vives (bleu et rouge) dans des décors stylisés. Tout se finira en douceur, la « grosse colère » une fois passée grâce à l’évocation d’un doux parfum.

Oscar le calamar

Oscar le calamar
Valérie Strullu
Motus, 2015

Encre sympathique ?

Par Christine Moulin

Ce qui dès l’abord amuse quand on ouvre cet album de la collection « Mouchoir de poche », c’est qu’il est accompagné d’un petit sac de véritable encre de seiche! Voilà une façon originale de donner envie de lire! La dédicace est également encourageante: « Aux libres penseurs »!

La suite laisse plus perplexe. L’histoire semble hésiter entre le récit de l’enfance de l’irascible Oscar, qui toujours broie du noir et le récit de sa vie d’adulte: on se dit que ses relations conflictuelles avec ses amis vont être développées: non… On s’imagine que le fait qu’il soit devenu riche grâce à l’encre qu’il produit abondamment va influer sur les événements: non… On pense alors que sa rencontre avec le faible bigorneau va faire évoluer les choses: non… On passe finalement à un épisode où le calamar, frappé de mégalomanie, annonce qu’il va « faire régner les ténèbres à jamais » et échoue. Mais le dénouement est, lui aussi, un peu rapide. On peut retenir toutefois le jeu sur le mot « encre » qui permet à cet album de faire l’apologie de l’art et de la gratuité, face à l’orgueil et à la cupidité. Bref, on a l’impression que l’auteure avait toutes sortes de bonnes idées, dont aucune n’a été pleinement réalisée.

La Valise

La Valise
Frédérique Bertrand
Rouergue

Colère noire !

par Michel Driol

valiseTous les enfants, un jour où l’autre,  ont fait une grosse colère, et pris la décision de faire leur valise, et de tout emporter. C’est ce que fait le petit personnage de cette histoire,   sans nom pour qu’on puisse plus facilement s’identifier à lui.

Au fil des pages de l’album, il fait le tour du logement et, pièce après pièce, remplit sa valise de tout ce dont il aura besoin… ou envie de garder avec lui. Tout y passe, des vêtements aux jouets, de la nourriture aux affaires de toilette… Tout, absolument tout,  contenu et contenant (armoire, frigo)…Jusqu’à prendre aussi Papa et Maman… Bien sûr, la valise noire minuscule au début prend la taille de la dernière page, entrainant l’inquiétante question finale : Mais qui va porter ma valise ?

Le texte, simple et efficace, associe phrases courtes et listes, liste des choses à emporter. L’image, très stylisée, montre la silhouette de ces objets, statiques ou dans leur vol vers la valise. Les couleurs accompagnent le changement de pièces (rouge pour la chambre, bleu pour la cuisine, vert pour la salle de bains), permettant des repérages faciles. Quant aux parents, ils sont systématiquement représentés sur un fond de page de cahier… à réglure Seyès, image de l’ordre et des repères auxquels le héros veut échapper.

Un album, en apparence simple, qui devrait plaire aux tout-petits et qui aborde, non sans humour, la question de ce dont a besoin pour être heureux et de la difficulté à se séparer de son univers familier.