U4. Koridwen

U4. Koridwen
Yves Grevet
Nathan / Syros, 2015

U4- la filière bretonne

Par Anne-Marie Mercier

koridwenVoir un article précédent sur le projet U4.

Dans le volume d’Yves Grevet qui commence dans une ferme bretonne, les parents sont morts, leur fille Koridwen les a enterrés elle-même ; elle continue les travaux de la ferme, surveille le vêlage d’une vache, trait les autres… jusqu’à l’irruption de jeunes gens de son âge, des pillards, qu’elle arrive à chasser provisoirement. Pour répondre à l’appel de Khronos tout autant que pour fuir les représailles qui ne manqueraient pas de s’abattre sur elle, elle part pour Paris avec le tracteur de son père tirant une bétaillère dans laquelle elle a entreposé tout le matériel de survie nécessaire : nourriture, duvets, vêtements, gasoil, outils, fusil et cartouches… Il y a du Robinson dans ces héros. On retrouve les thématiques de survie post catastrophe telles qu’on a pu les lire dans La Route de C. Mc Carthy ou, plus tôt, Malevil de R. Merle.

Avant son départ, elle a lu une lettre que sa grand-mère lui avait écrite avant de mourir et que ses parents avaient cachée sans oser la détruire, refusant de lui transmettre cet héritage de sorcellerie bretonne. Elle embarque avec elle les carnets de la grand-mère et son coffre de guérisseuse ; elle a aussi, dans la tête, une comptine druidique, « Ar Rannou », qui rythme l’histoire au point de donner l’impression de dicter les événements, comptant des séries de un à douze. De « Pas de série pour le nombre un, […] le Trépas, Père de la douleur » à « Douze mois et douze signes ; l’avant-dernier, le Sagittaire, décoche sa flèche armée d’un dard », « Ar Rannou » met l’aventure de Koridwen sous le signe de la nécessité et du destin. Le trajet jusqu’à Paris est semé d’embûches, le séjour aussi, d’autant plus qu’elle a emmené avec elle son cousin, Max, plus que simple d’esprit, qui lui apporte davantage  d’ennuis que d’aide.

Paris est vu comme un lieu d’extrême chaos, un lieu de guerre et de destruction, où la banlieue est le lieu de repli de ceux qui ne veulent pas être enfermé dans les camps de refuge installés par l’armée (les derniers adultes, vus de très loin, vêtus de combinaisons protectrices et de masques). On se déplace en évitant les snipers et les drones, les chiens errants, devenus sauvages, regroupés en meutes, en empruntant les galeries du métro et les égouts…

Koridwen s’affirme progressivement comme une solitaire, silencieuse, capable d’être sans pitié, parfois brutale, facilement méprisante, même à l’égard de ses anciens « amis » de jeux qui la déçoivent un peu… Est-ce pour souligner ce caractère brut et cette sécheresse que Yves Grevet a écrit toute son histoire à la première personne, en phrases très brèves (une demi ligne à deux lignes pas plus, en moyenne) et juxtaposées ? C’est dommage : ce style ou cette absence de style en rend la lecture un peu pesante. Heureusement, la mythologie de Koridwen, la comptine « Ar Rannou », les recettes de sa grand-mère et la foi en son destin donnent du charme à son récit. Quant à la fin (qu’on ne racontera pas…), elle est très habile, et clôt le récit tout en le laissant ouvert, de manière parfaite.

( à suivre… prochainement, Jules, par Carole Trebor)

 

 

 

U4

U4
collectif U4 : Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor, Vincent Villeminot
Nathan / Syros, 2015

Phénoménal… et contagieux

Par Anne-Marie Mercier

u4Le projet de U4 est étonnant par sa nouveauté et son ambition : il s’est agi de faire écrire la même histoire par quatre auteurs différents qui se sont focalisés chacun sur l’un des protagonistes. Ce sont en fait quatre histoires différentes, car si des nœuds et des étapes cruciales les réunissent, tantôt par paires, tantôt tous ensemble, les héros sont séparés la plupart du temps. Chaque volume est écrit au présent et à la première personne et commence par le même prologue, daté du 1er novembre (veille du jour des morts) :

« cela fait dix jours que le filovirus méningé U4 (pour « Utrecht », la ville des Pays-Bas où il est apparu, et 4e génération) accomplit ses ravages. […] il tue quasiment sans exception et en quarante heures ceux qu’il infecte : état fébrile, migraines, asthénie, paralysies, suivies d’hémorragies brutales, toujours mortelles. Plus de 90% de la population mondiale ont été décimés. Les seuls survivants sont les adolescents. La nourriture et l’eau potable commencent à manquer, Internet est instable. L’électricité et les réseaux de communication menacent de s’éteindre. »

Les adeptes d’un jeu en ligne, Warriors of Time (WOT), ont reçu un message du maître de jeu, Khronos : « ensemble nous pouvons éviter la catastrophe en réécrivant le passé. Croyez en moi, croyez en vous et nous gagnerons contre notre ennemi le plus puissant : le virus. Rendez-vous le 24 décembre à minuit à Paris sous la plus vieille horloge de Paris ». Les quatre héros sont des « Experts » du jeu et leur rencontre dans la vie « réelle » de la fiction a le piquant de la surprise : ils se sont bien connus sous les traits d’avatars de super-héros et se voient alors tels qu’ils sont. Mais le réalisme s’arrête là : héros dans le jeu ils sont, héros dans la vie ils demeurent : petite démagogie auctoriale à l’adresse du public adolescent : on poursuit l’illusion, de l’identification du jeu aux livres.

Allez donc voir le trailer, qui rime avec Thriller…

Une vidéo très intéressante pour savoir comment les auteurs ont travaillé : https://www.facebook.com/LireEnLive/videos/vb.184559568289367/949623048449678/?type=2&theater

Et le 3 novembre dernier a paru Contagion, recueil de nouvelles écrites par les quatre auteurs, de 2 BD (de Marc Lizano, sur un scénario de Carole Trébor ; et de Pierre-Yves Cezard sur un scénario de Lylian) et 4 fan fictions par Claire Juge, De La Rauses, Clara Suchère, Sylvain Chaton, issues du concours de fan fiction lancé par les éditeurs.

Donc, le phénomène est contagieux, il se répand d’un livre à l’autre, d’un medium à l’autre…

L’Arbre et le fruit

L’Arbre et le fruit
Jean-François Chabas
Gallimard (Scripto), 2016

Violences familiales : lutter contre le silence

Par Anne-marie Mercier

«  Les victimes ont honte et se terrent. C’est ainsi que les bourreaux prospèrent »

« Quand on partage la vie de ce genre de personne, on n’est pas seulement touché par le mal qui nous est fait directement. C’est le côtoiement constant de l’infamie qui ronge. On respire un gaz mortel, celui qui a tué maman. »

larbre-et-le-fruitLe lecteur n’est pas pris par surprise : le livre est sombre, porteur de sujets graves, l’image de la couverture le lui dit clairement sans être explicite (bravo à Cécile Boyer) : folie de la mère, violence du père, solitude des enfants, naufrage collectif d’une petite famille que tout le monde croit ordinaire pendant longtemps, puis où seule la mère est présentée comme fautive.

On entre tout doucement dans le sujet, d’abord avec le journal de la mère, Grace, internée en soins psychiatrique et persuadée qu’elle va sortir bientôt, que ce n’était qu’une crise passagère due à l’attitude de son mari, méprisant et violent – on le découvrira plus loin raciste (les parents de Grace ont survécu à Mathausen, leurs enfants ont vécu dans le silence) et pervers… On poursuit avec le journal de l’enfant, tétanisée, incapable comme sa mère de se confier à qui que ce soit, paralysé par la honte et la crainte de ne pas être cru… Et les deux voix continuent tout au long du roman à se croiser, la mère rechutant perpétuellement, de plus en plus incapable de réagir aussi bien chez elle qu’à l’hôpital, où ne l’écoute pas lorsqu’elle finit par confier, tardivement, l’origine de son trouble.

Le texte est poignant, le personnage du père accablant, celui de la mère pathétique. Mais on retient surtout celui de la jeune Jewel, lucide, qui essaie de convaincre sa mère de la nécessité d’une révolte, révolte qu’elle mène seule, devenant selon les mots du père la « chienne » de sa mère. La belle leçon de ce livre, portée par le titre, est qu’il n’y a pas de fatalité à être l’enfant d’un homme odieux et à vivre une enfance terrible : Jewel n’a pas hérité des préjugés de son père. Petit à petit elle arrivera à aller la rencontre des autres, et à se battre, à tous les sens du terme (magnifique portrait de boxeur), et gagnera.

Un livre beau, poignant, captivant, utile, vrai, nécessaire.

Mais qui cela peut-il être?

Mais qui cela peut-il être?
Shawn Mahoney, Thomas Baas
Seuil jeunesse, 2016

mais-qui-cela-peut-il-e%cc%82treDans cet album, construit sur le modèle du célèbre Toc, toc, qui est là d’Anthony Browne, un enfant dans son lit détaille, page après page, les bruits qu’il entend comme autant d’indices indiquant qui peut bien gravir l’escalier menant à sa chambre : pas feutrés, pattes griffues, dents pointues… Ce n’est pas l’un de ses jouets, ni son hamster, mais ce peut être chacun des êtres qui font peur… Et surtout un loup.

Quand l’enfant est un petit loup, la chute imaginée antérieurement par Browne prend un ton doublement humoristique.

Sur fond noir, les hypothèses vues tantôt de manière fragmentaire tantôt en plan large, défilent, gravissant chacune l’escalier rouge. Le texte, simple, proche d’une comptine, joue entre questions et réponses, jouant une peur légère.

Enigma. Tome 1 : Prédictions

Enigma. Tome 1 : Prédictions
Johan Heliot

Rageot Thriller, 2014

Performativité du futur

Par Matthieu Freyheit

enigma1Véra et Théo, deux jumeaux privés de leur mère et élevés par un père auteur de science-fiction, font l’étrange découverte d’un tout aussi étrange objet : un Smartphone qui n’en est pas un. Appelé Oracle, l’objet interroge le futur d’un individu ou d’une situation à partir d’une analyse de toutes les données disponibles à son sujet. Une manière de rappeler, avec Robert Metcalfe et William Gibson, que le futur est déjà là, éclaté : en attente d’être assemblé et, surtout, réalisé. Le premier tome d’Enigma interroge ainsi le pouvoir des données non seulement comme savoir, comme connaissance, mais comme support à réalisation, à élaboration du réel – sorte de construction de la réalité sociale (Searle).

La science-fiction s’inscrit ici dans une tradition classique d’extrapolation d’une réalité sous-jacente, d’un état en formation tacite : représenter notre monde, tel qu’il pourrait être entrepris, saisi.

De façon désormais traditionnelle, ces éléments de science-fiction se mêlent à des motifs d’enquête, de course-poursuite, d’espionnage, entrecroisant les récits et les enjeux sans encore nous livrer la clef du mystère qui fait des jumeaux Luck une proie si prisée.

L’Oracle, objet quasi divinatoire, rapproche le roman de la science-fantasy que l’auteur Johan Heliot, explorait déjà en 2003 dans Faerie Hackers notamment. Par ailleurs, Heliot revient sur la figure, devenue incontournable dans les représentations de notre abordage technologique, du hacker, que l’on trouve également chez Laurent Queyssi (publié aussi chez Rageot). Avec, bien entendu, les motifs que cette figure implique : liens avec le gouvernement, culture du secret et du complot, multinationales, luttes et alliances, mais aussi culture fictionnelle ici représentée par la figure intéressante du père écrivain.

Théo et Véra se retrouvent dans deux autres tomes d’Enigma : Connexions et Machinations.

De l’autre côté du ciel

De l’autre côté du ciel
Evelyne Brisou-Pellen
Gallimard (folio junior), 2002, 2016

Roman des origines

Par Anne-Marie Mercier

de-lautre-co%cc%82te-du-cielOn trouve dans ce roman de nombreux éclairages sur les hypothèses que l’on peut forger sur la naissance de la civilisation et sur ce que l’on sait de l’histoire des premiers hommes. Tout cela est entrelacé avec ce que l’on sait de tribus dites « primitives », pour décrire à la fois les mœurs de la tribu des deux héros, l’un fils de chef, l’autre fils de sorcier, partis en quête loin de chez eux, et celles de ceux qu’ils rencontrent dans leur voyage : les idées religieuses, le statut divers des femmes, les techniques pour s’orienter, faire du feu et le maintenir, cuire les aliments…, comme les débuts supposées de l’agriculture et de l’élevage, la naissance de la pensée scientifique…

Que la quête soit un échec et que celui-ci soit parfaitement assumé par le héros est une des originalités de ce très beau livre, bien mené, passionnant, aux personnages attachants.

D’où viens-tu Petit sabre ? / Qui es-tu Morille ?

D’où viens-tu Petit sabre ? / Qui es-tu Morille ?
Hélène Vignal
Rouergue (« Boomerang »), 2016

Jeux de lecture

Par Clara Adrados

dou-viens-tu-petit-sabreLe jeu suit le même principe que les autres ouvrages de cette collection : deux histoires, une par personnage, chacune suivant un point de vue, et quelques points de rencontres entre elles ou seulement dans l’imaginaire du lecteur. A cela s’ajoute pour ce livre, le choix du titre, une question que l’on peut facilement imaginer posée par le personnage principal de l’histoire, et s’adressant au héros de l’histoire parallèle. Le lecteur est donc directement confronté à la rencontre avec l’autre : l’histoire de la Princesse Loba commence par l’interrogation « D’où viens-tu Petit-Sabre ? »

Dans la première histoire, il s’agit de Princesse Loba qui s’ennuie dans son domaine. Elle n’est pas une princesse comme les autres : elle a une magnifique et abondante chevelure… grise ; elle aime s’asseoir par terre sur l’herbe ou dans la terre, elle préfère les morilles aux fleurs, au grand désespoir de sa mère qui la voudrait gracieuse. « Si tu ne souris pas, tu (…) ressemblera [à une morille] » prévient sa mère. Soit, la princesse a trouvé qui elle était : une morille. Elle fait alors la rencontre de Petit-Sabre, qui trouve ses cheveux blancs très beaux. Mais une princesse ne parle pas avec un jardinier. Si elle ne peut devenir une princesse gracieuse, on en fera une travailleuse : elle est dès lors recluse dans la cuisine.

Qui est Petit-Sabre ? Il est l’enfant d’une pirate morte en couche. Il va apprendre à devenir pirate et à n’avoir peur de rien sauf des sirènes. Lors d’une attaque, il se retrouve fait « prisonnier » par des prêtres… ll apprend alors à travailler comme jardinier et est engagé chez la Princesse Loba. Son bateau et la mer lui manquent. Lorsqu’il rencontre Loba, il prend peur : serait-ce une sirène ? Non, c’est une fille farfelue comme lui. Mais les jardiniers ne l’entendent pas comme cela : il doit rester à sa place et repartir pour la mer.

La « contrainte » formelle imposée par la collection – deux personnages qui sont à tour de rôle, selon le sens dans lequel le lecteur décide de lire le livre, le héros ou le personnage secondaire de l’histoire – laisse au lecteur tout le loisir de réinventer l’histoire au gré des choix de lecture qu’il fait : Connaître l’histoire de Petit-Sabre avant celle de Morille ? Relire les deux histoires dans le sens inverse ? Le lecteur imagine les blancs suivant la lecture de la nouvelle histoire et cela donne une place à l’étonnement, et permet surtout de revisiter la première lecture que l’on a faite d’une histoire au vu de la nouvelle histoire lue, du nouveau point de vue montré. Plus qu’une place à l’imaginaire, cela donne place à une remise en cause des impressions premières, une distance sur nos impressions d’un évènement, d’une personne, toujours soumises à notre subjectivité.

Northanger Abbey

Northanger Abbey
Jane Austen
Traduit (anglais) par Michel Laporte
Flammarion jeunesse, 2015

Pour s’initier à l’art de Jane Austen

Par Anne-Marie Mercier

northanger-abbey« Qui aurait connu Catherine Morland enfant n’aurait jamais pu supposer qu’elle était née pour être une héroïne. Sa position dans la société, la personnalité de ses père et mère, sa propre personne et ses dispositions, tout était unanimement en sa défaveur. »

Mais qui connaît un peu l’univers de Jane Austen devine que ce terme d’« héroïne » doit être vu avec l’humour subtil qui est le sien : les aventures de cette jeune fille seront tantôt bien réelles, lorsqu’elle sera aux prises avec les conventions sociales et l’hypocrisie de ceux qu’elle croit être ses amis et surtout ses amies, tantôt parfaitement imaginaires lorsqu’elle verra le monde à travers le prisme des romans gothiques qu’elle affectionne. C’est un texte court, sensible, drôle, un petit bijou « austenien ».

La publication de ce roman dans une collection pour adolescents (ou plutôt adolescentes, le graphisme étant assez parlant ; mais on suppose que des garçons pourraient aimer Jan Austen) est une excellente initiative. L’illustration de couverture par Charlotte Gastaut et les fleurettes qui décorent les têtes de chapitres et bas de pages en font un joli objet.

Mauve

Mauve
Marie Desplechin
L’école des loisirs (neuf), 2014

Après Verte et Pome, sombre Mauve

Par Anne-Marie Mercier

 

« Je regarde autour de moi, je ne vois que du noir, des nuages qui s’amoncellent. […] Les catastrophes anciennes n’ont rien changé. Personne n’a rien appris. Le mal va revenir, je le vois, il avance ».

mauveAprès Verte et Pome, deux charmantes petites sorcières, filles de sorcières, petites-filles de sorcières… voici Mauve. Rien à voir : Mauve est aussi glaçantes que les autres filles sont vivantes ; elle a un père mais pas de mère (les mères et grand-mères jusqu’ici prenaient de la place) ; enfin, autre changement majuer, Mauve et son père sont vêtus impeccablement et fort classiquement, ils cultivent le conformisme et ne sont guère aimables.

Ici, Marie Desplechin utilise à fond la veine fantastique : les héros, Verte et son ami Soufi, s’affrontent au Mal, aux Ténèbres… Mais la veine réaliste ne disparaît pas pour autant : le système de chapitres en points de vue alternés que l’auteur utilise à nouveau donne la parole à de parfaits ignorants en matière de sorcellerie comme le brave Ray, grand-père paternel de Verte et amoureux de sa grand-mère maternelle (l’extraordinaire Anastabote que l’on retrouve avec plaisir), policier à la retraite, sympathique mais un peu dépassé.

Enfin, Marie Desplechin tire le fantastique du côté de la fable : le déchaînement du voisinage contre une famille qui ne se comporte pas tout à fait comme la plupart d’entre eux, le harcèlement dont les filles sont victimes au collège sont en relation avec des événements bien réels et toujours contemporains. L’ancêtre de Verte résume une histoire de l’humanité faite de persécutions – contre les sorcières mais on devine que le propos va plus loin :

« « Il n’y a pas eu un temps sans camps, gibets, tortures, bûchers et victimes pour les alimenter. Et pourtant nous avons gardé l’espoir. Pourquoi ? Parce que le Mal ne revient jamais seul. Il est toujours suivi d’une petite gourde aventureuse, armée d’une hache et d’une sarbacane. Elle a porté de nombreux noms au cours de l’Histoire. Aujourd’hui, pour moi, elle s’appelle Verte. »

C’était un discours terriblement solennel même si « bécasse » n’était pas exactement l’épithète sublime dont j’aurais rêvé. J’ai pris ma hache à deux mains […]. Physiquement, je ne me sentais pas très soutenue. Mais moralement, j’étais gonflée à bloc. Mon peuple était en haillons. Mais mon peuple était là. »

Frontières et circulations : une littérature de jeunesse européenne au XXIe siècle ?

Prolongation de l’appel à communication de Frontières et circulations :
une littérature de jeunesse européenne au XXIe siècle ? (jusqu’au 30 nov>. 2016)
Les biennales de la Littérature de jeunesse. Deuxième colloque international.
Site universitaire de Gennevilliers, 7 et 8 juin 2017
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Avec le soutien des unités de recherche AGORA, EMA, LLA CREATIS et Textes et Cultures