La Vie ne me fait pas peur

La Vie ne me fait pas peur
Maya Angelou – Géraldine Alibeu
Seghers jeunesse bilingue 2018

Résister et surmonter ses peurs

Par Michel Driol

Maya Angelou est peu connue en France dans les grandes figures de l’émancipation des femmes afro-américaines. Née dans une famille très pauvre du Missouri, élevée par sa grand-mère, elle parvient à entrer à l’université puis à devenir chanteuse et danseuse, poétesse et conteuse qui se bat aux côtés de Malcolm X et de Martin Luther King. Elle est décédée en 2014.

Revient, comme un refrain, le vers qui donne son titre à l’ouvrage, essentiellement en fin de tercets dont les deux premiers vers sont des évocations de choses qui pourraient faire peur. Peurs enfantines pour l’essentiel : liées à des choses concrètes comme les ombres, les bruits, les chiens, ceux qui tirent sur [sa] tignasse,  ou à des choses plus imaginaires comme les dragons, Mère l’Oie, les spectres. D’autres strophes  sortent de cette liste pour évoquer la résistance de l’enfant : rire, sourire, faire bouh, mettre un sort de magie dans sa manche. S’il y a bien des peurs, elles ne sont qu’en rêves. Le poème délivre alors une leçon de vie dans laquelle courage, rêve et imaginaire deviennent ainsi des armes pour lutter contre les terreurs.

L’album présente le poème de Maya Angelou en le découpant soit par vers, soit par strophes, cette adaptation imposant au lecteur un certain rythme de lecture et de respiration. Les illustrations envahissent les doubles pages, et donnent à voir une petite fille afro-américaine – à l’image de l’auteure. Les couleurs passent du gris et du sombre, au début,  aux couleurs  plus éclatantes de la fin. Elles accompagnent le texte, quitte peut-être à trop le commenter, ou à rajouter des détails (la petite fille qui danse, ou qui est montée sur des échasses). Certes, ces détails respectent le ton et l’intention du texte, mais imposent peut-être trop une certaine vision d’un monde relativement édulcoré aux lecteurs. On pourra les opposer aux illustrations proposées par Basquiat pour une édition américaine, dans un style beaucoup plus expressionniste, contemporain et violent

L’édition bilingue associe bien sûr le texte original à sa traduction et permettra d’évoquer la figure de l’auteure, dont la biographie est heureusement présente en fin d’ouvrage. Cet ouvrage fait partie de la sélection 2018-2019 pour le Prix de la Poésie Lire et Faire Lire.

Poèmes pour affronter le beau temps & profiter du mauvais

Poèmes pour affronter le beau temps & profiter du mauvais
Pierre Soletti Clothilde Staës
Le port a jauni  2017

Avec le temps…

Par Michel Driol

En quatre temps, le recueil évoque du temps qui passe, à la fois temps météorologique et temps chronologique. Quatre temps, comme les quatre saisons, ce qui pourrait fournir une clef de lecture au recueil parmi d’autres. Quatre temps articulés autour de quatre sujets – à la fois grammaticaux et thématiques : un « je » qui s’adresse à un « tu » dans le premier, le frigo dans le deuxième, l’automne dans le troisième, les arbres dans le dernier. C’est dire à la fois la variété formelle et l’originalité de ce recueil qui ne se laisse pas saisir facilement tant il semble jouer sur les variations et la combinatoire à partir de quelques mots pour mieux emporter le lecteur dans un tourbillon verbal où les sonorités comptent autant que le sens :

J’ai coincé pour toi / un bout de pluie / dans le vent
J’ai coincé pour toi / un bout de vent / dans la pluie
J’ai coincé pour toi / un bout de temps / dans le vent

Quatre moments pour affronter le temps qui passe, le temps qui s’étire, le temps perdu, ou le temps qu’on voudrait bien remonter avec une machine bricolée à partir de trois bouts de ficelle. Quatre moments qui invitent à être sensible à la nature : à la brume ou au soleil, au chahut des grenouilles…  Quatre moments qui questionnent aussi sur la place de l’homme au monde : maitre de temps d’abord, dans une relation quasi protectrice visant à arrêter le temps, il disparait ensuite complètement au profit d‘objets : le frigo dans une maison abandonnée,  l’automne qui se faufile partout dans la maison vide,  (on ne peut que songer à l’Hiver, dans la série Hulul d’Arnold Lobel), les arbres qui tentent de retenir les oiseaux.

On a évoqué les sonorités : reste à évoquer aussi une poésie visuelle dans laquelle les mots prennent la forme de ce dont ils parlent : les deux n du tunnel, l’allongement  du verbe s’allongent miment par leur forme leur référent et renforcent le coté jeu et humoristique du recueil qui, à partir d’un vocabulaire d’une grande simplicité, par le biais des associations, des métaphores ou des comparaisons recrée un monde d’une étrange familiarité.

Le texte est traduit en arabe, présenté en version bilingue, et illustré d’encres rehaussées de couleur qui invitent aussi à voir différemment le monde qui nous entoure. Cet ouvrage fait partie de la sélection 2018-2019 pour le Prix de la Poésie Lire et Faire Lire.

Le sous-marin de papier

Le sous-marin de papier
Werner Lambersy – Aude Léonard
Møtus 2017

Le temps des bateaux

Par Michel Driol

Voici le premier recueil de poèmes de Werner Lambersy écrit à destination des enfants. Chaque double page associe un poème – d’une longueur de 8 ou 9 vers, adressé à un « tu » dont on devine qu’il est un enfant  – et une photo en noir et blanc qui l’illustre. Le recueil dessine ainsi un parcours au travers d’une série une série d’instantanés qui sont autant de tranches de vies minuscules, instants à la fois d’une grande banalité et précieux, interrogations ou émerveillements : le coquillage qu’on porte à l’oreille pour écouter la mer, les jeux, les activités comme le bricolage. L’imaginaire trouve sa source dans le quotidien.

Le sous-marin de papier du poème invite à un voyage, à une navigation non pas en surface, mais en profondeur, au cœur même des choses, au cœur même de nous-mêmes à travers l’enfant dont ces instantanés constituent le portrait en action. Les figures du voyage et du départ sont omniprésentes : bateaux, vélos, automobiles, évasion par la musique et s’opposent à d’autres figures de l’immobilité : la tortue qu’on épie, les cygnes qu’on regarde passer. Ce qui se dessine ainsi  – en particulier au travers de métaphores et des comparaisons – c’est une façon d’être au monde, de relier le microcosme du corps au macrocosme de l’univers qui se reflète dans les yeux – ce monde qui reste à explorer non pas seulement en parcourant les continents, mais en trouvant sa propre place, entre les désirs d’évasion,  les peurs ressenties dans la cour de récréation et la petite voix de la mère. Ce qui se dessine aussi, c’est l’univers enfantin, celui des bonhommes de neige et des châteaux de sable, celui des réveils qu’on démonte patiemment, celui des odeurs de gaufres. C’est aussi le temps des grandes questions : la mort, la guerre, juste évoquées en filigrane.

Les illustrations d’Aude Léonard figent le temps l’instant d’une photo,  qui, le plus souvent, suggère une vision du monde et des choses qui propose  un voyage dans un monde étrange : roues de réveil aussi grandes que l’enfant, enfant blotti dans un nuage.  On navigue ainsi – en magnifique et juste écho aux textes – entre réalisme poétique et fantastique.

Un recueil qui donne à voir et à retrouver une belle image de l’enfance. Il fait partie de la sélection 2018-2019 pour le Prix de la Poésie Lire et Faire Lire.

Si j’étais une souris

Si j’étais une souris
Mapi – Susumu Fujimoto
Grasset 2018

Bestiaire chinois

Par Michel Driol

L’album commence par une série de 12 portraits chinois – une formule d’ouverture « si j’étais », suivie d’un animal – qui reprennent avec bonheur les 12 signes de l’horoscope chinois. Puis une chute, avec  un animal qui n’appartient pas à cet horoscope : mais je suis un chat. Chaque double page comporte à la fois un court texte, évoquant les qualités et l’imaginaire liés à l’animal en question, et une illustration, dans un style dépouillé, simple et rétro. A noter le sens particulier de lecture de ce livre : format  à l’italienne qui se lit verticalement (texte en haut, illustration en bas).

Les textes – sous forme de comptines – évoquent les qualités des animaux : la discrétion de la souris, la fidélité du chien, la générosité de la chèvre…, mais aussi des associations étonnantes (le cochon poète, noble et distingué). Cet ouvrage renoue avec la tradition du bestiaire, qui vise à donner une valeur allégorique et symbolique aux animaux : on parcourt ainsi les grandes qualités humaines, dans des domaines variés (morale, comportement, savoir, transmission…), avant que la chute, avec l’intrus qu’est le chat, conduise à se contenter et à se satisfaire de sa condition (Et je me sens très bien comme ça). Les plus petits verront dans cet album une façon de parcourir les animaux, sauvages ou familiers, représentés tantôt au naturel, tantôt habillés et dotés d’accessoires (une mention spéciale pour le singe troubadour), tantôt dans les postures traditionnelles avec des humains.  Mais, bien sûr, les plus grands liront dans cet album la question de l’identité : Qui suis-je ? Qui rêverais-je d’être ? Quel totem pourrais-je choisir ? A quel animal m’identifier ?

Un ouvrage poétique proposant dans une langue simple une réflexion sur les différences entre les espèces et le rapport ancestral entre les animaux et nous.

 

L’Auberge entre les mondes : Embrouilles au menu !

L’Auberge entre les mondes : Embrouilles au menu !
Jean-Luc Marcastel
Flammarion Jeunesse 2018

Gastronomie et guerre des mondes

Par Michel Driol

Voici le tome 2 d’une série dont on avait apprécié le tome 1. On retrouve les mêmes personnages à l’auberge : Nathan, le héros adolescent, son ami Felix, et Monsieur Raymond. Cette fois, un conflit entre les Myrmicéens et les Vespaliens menace l’équilibre des mondes. Pour le régler, rien de mieux qu’un banquet de négociations. Oui, mais quand on découvre qu’un ingrédient fondamental a été volé, il faut que Nathan parte à sa recherche, et cette quête le conduira à plonger au plus profond de l’auberge, avant de découvrir la vérité : une histoire d’amour impossible (on songe bien sûr à Roméo et Juliette).

On est avec ce tome 2 dans un univers qui oscille entre le fantastique, la science-fiction et de fantasy : les êtres venus d’un autre monde n’ont rien d’humain, les deux cuisiniers sont dotés de multiples tentacules, et les talkies walkies sont des petits êtres vivants, les chuchoteurs. Et que dire des recettes proposées (on en trouve, à la fin du roman, des versions réalisables et comestibles pour des humains, heureusement !).  Le récit conduit le lecteur à explorer les  caves de l’auberge, tandis que le héros doit lutter contre de multiples dangers, selon les codes du genre et du roman populaire. Voici un roman fort divertissant, plein de rebondissements et de suspense, qui ne se départit jamais de son humour.

On attend donc la suite, car il reste à démasquer le traitre !

Fil de fer

Fil de fer
Martine Pouchain
Flammarion Jeunesse 2017

Sur les routes de l’exode

Par Michel Driol

Juin 40. Gabrielle, surnommée Fil de fer, 15 ans, doit quitter avec ses parents la ferme familiale, en Picardie, pour se réfugier en Bretagne. C’est le récit de ce périple, des attaques d’avions allemands, de la fatigue, des colonnes de réfugiés sur les routes qu’elle fait. En chemin, elle rencontre un jeune homme, seul survivant de sa famille, et tombe amoureux de lui. Puis c’est l’arrivée en Bretagne, la découverte d’autres personnes, et enfin le chemin du retour vers la Picardie. Récit historique dont l’auteur explique, en postface, que le point de départ est l’histoire vécue par sa propre mère, mais qu’elle a ensuite laissé la fiction prendre sa place.

Le récit est sobre, conduit du point de vue de l’adolescente contrainte de tout quitter. Perte des repères familiers, tandis que les parents tentent de maintenir la cellule familiale et son fonctionnement. En chemin, les classes sociales se mêlent, affrontent les mêmes dangers.  Le récit est conduit à hauteur d’adolescente, et n’évoque pas la situation politique de façon directe – aucun des adultes n’en parle. En revanche, le pacifisme de Giono est convoqué, à travers quelques extraits de Refus d’obéissance que l’héroïne lit. Il n’est pas question de collaboration, mais de rencontre avec des Allemands, jeunes aussi, que l’héroïne ne parvient pas à voir comme des ennemis qu’elle pourrait tuer. L’un d’eux, de façon prémonitoire, récite devant elle le Roi des Aulnes, de Goethe… De façon étonnante, la chute du livre bascule dans la fiction fantastique, façon peut-être de lier les vivants et les morts. Etait-ce nécessaire ?

Récit d’exode qui, aujourd’hui, ne peut qu’évoquer les récits de migrants et rappeler que cette situation-là, intolérable, des Français l’ont vécue il y a trois quarts de siècle.

Les Aventures rocambolesques de l’oncle Migrelin
Elzbieta
Rouergue 2016

L’Oncle, la mamie et le dragon…

Par Michel Driol

L’Oncle Migrelin et sa grand-mère ont vécu des aventures étranges. A travers coupures de journaux, extraits de correspondance, plans de villes, sms… son neveu permet au lecteur de retracer son parcours, entre France,  Ecosse et Chine. On y rencontre des animaux fantastiques (un dragon bisou, une barge rousse un kikilatondu d’Estonie…). Il y est question de trafics d’animaux, d’un ministère des affaires étranges, d’un medium et même du Prince de Galles… On le voit, « rocambolesques » est un terme que n’usurpe pas ce petit roman.

Ce petit roman, le premier d’Elzbieta, a de quoi surprendre. D’abord par ses thèmes : il surfe sur la vague de la magie, des animaux fantastiques. Ensuite par sa forme : le neveu propose au lecteur de reconstituer le parcours de son oncle, ce qui est parfois un peu déroutant.  Enfin parce qu’il se situe dans un genre : le récit d’aventures, à rebondissements, n’hésitant pas à faire appel au paranormal ou au surnaturel, le tout baigné dans un humour fort agréable.

Un récit loufoque et déjanté, pour ceux qui aiment les récits d’aventures peu ordinaires. Et qui fera découvrir un autre aspect de son auteure.

Je ne sais dessiner que des vers de terre
Will Mabbit
Père Castor 2018

Album à compter

Par Michel Driol

Dès le titre, tout est dit… L’auteur présente les vers de terre qui se succèdent dans l’histoire : peu de différences entre eux, des lunettes sur l’un, une couleur sur l’autre. Histoire minimale illustrée par des vers de terre (normal, l’auteur répète à l’envi qu’il ne sait dessiner rien d’autre), l’un chevauche une licorne (non dessinée, évidemment). Un horrible drame survient : l’un d’eux se fait couper en deux… Un autre part au petit coin. Et tous les dix se réunissent. Voici un album à compter, ou du moins à utiliser la comptine numérique car chaque vers de terre est désigné par son numéro, avant de les trouver réunis sur la dernière page (ce qui illustre le nombre 10). On est sensible à l’humour de l’album : modestie de l’auteur, qui dessine des vers de terre minimalistes, mais leur prête des sentiments, des aventures, ce qui bien sûr ne se voit pas. L’ensemble de l’album est conçu sur le mode de l’adresse au lecteur : un « je » s’adresse à un « vous », commente ses dessins, les explique par des considérations matérielles (la perte du feutre rose par exemple).

Suspense, exclamations, la narration joue des codes de l’histoire extraordinaire pour mettre en valeur une histoire au ras du sol… pour le plus grand plaisir du lecteur. Comme quoi même les vers de terre peuvent être des héros incroyables !

Lise et les hirondelles

Lise et les hirondelles
Sophie Adriansen
Nathan 2018

A la mémoire des enfants de juillet

Par Michel Driol

Juillet 1942 à Paris : Lise voit ses parents et ses frères emmenés par la police. Par culot, ou inconscience, elle va libérer ses deux jeunes frères, rôde autour du Vel d’Hiv, espérant la libération de ses parents. La fratrie, hébergée d’abord à Paris, puis dans le Nord, enfin à Paris, traverse toute la guerre, les rationnements, les dangers, les espoirs.

Voici un roman historique, écrit à la première personne, qui donne à entendre la voix singulière d’une fillette juive, d’origine polonaise, durant la seconde guerre mondiale. Il s’agit de montrer comment toute une vie simple, faite de relations familiales stables, peut  basculer dans l’horreur en un instant. Adolescente, Lise se retrouve en charge de ses deux jeunes frères, et raconte, avec des mots simples ce qu’elle voit, perçoit du monde, entre les privations à Paris et l’abondance relative de la nourriture du Nord, entre Français aux attitudes bien différentes, et Allemands parfois positifs. L’auteure multiplie les courtes scènes, comme autant d’éclairages sur la traversée de cette période, la construction d’une personnalité, et le respect de ses convictions (une scène, en particulier, très forte, où Lise doit choisir une fable à réciter en présence d’Allemands).  Traverse le roman la figure des hirondelles, qui fascinent l’héroïne, comme un leitmotiv quasi musical, comme une figure du destin qui peut se révéler moins sombre qu’on ne pourrait le croire.

Dans le silence qui s’installe, écrit l’auteure dans la postface, perce l’évidence que la fiction historique sera bientôt le seul moyen d’entretenir le souvenir des témoins. Le roman parvient tout à la fois à accomplir ce devoir de mémoire, tout en permettant de se rattacher et de s’identifier à une héroïne du quotidien, de l’âge du lectorat visé. Il  rend sensible l’horreur du nazisme, de l’antisémitisme, et la croyance en un futur plus heureux. Une photo finale, montant la vraie héroïne et ses parents sur une plage, avant la guerre, illustre ce rapport complexe entre vérité historique et roman, et montre que tout ceci n’est pas qu’une fiction.

Les Mutants de la mine noire

Les Aventures inter-sidérantes de l’Ourson Biloute – Les Mutants de la mine noire
Julien Delmaire- Reno Delmaire
Grasset 2017

Au Nord, y a pas qu’les corons…

Par Michel Driol

Voici le tome 2 des aventures de l’Ourson Biloute. Rappelons que dans le tome 1, Blast Ador, le chef des extraterrestres veut prendre le contrôle de la terre grâce à la sauce Z qui réduira l’humanité en esclavage. Dans ce nouvel épisode, Biloute, Papa, Maman et Kévin vont visiter le musée de la mine. Là, Biloute est enlevé par le guide qui le conduit dans le laboratoire où le docteur Veggaline fabrique la fameuse sauce Z…. Biloute va-t-il devoir la gouter ? Non, car arrive à temps Lady Sparadrap, alias Maman.

Déjanté, humoristique, cet album est un hommage réussi aux séries populaires pleines de rebondissement. Par le style, aux nombreuses phrases exclamatives, et aux jeux de mots (façon titres de série noire hors de portée des enfants – Mutins de la Mer Noire – mutants de la mine noire – l’étoile Molaire).  Par les personnages aussi : le guide, habillé de façon carnavalesque, représenté façon Johnny Depp dans le film Charlie et la Chocolaterie, le docteur maléfique, la superhéroïne… Par les lieux : la mine, les wagonnets façon Indiana Jones et le Temple maudit, le laboratoire sous-terrain façon Blake and Mortimer…  Par les enjeux : un ourson en peluche sauvant le monde d’une attaque d’extraterrestres. Sans compter les allusions à une musique très seventies (éclectique, de Magma à Motorhead, en passant par Bachelet…). Les illustrations, avec leur côté psychédélique, renforcent cet aspect !

Ajoutons à cela un arrière-plan familial à la fois familier et social : l’ourson, bien évidemment, déteste passer à la machine à laver, et pourtant cela va lui arriver deux fois. Mais aussi le chômage du père, dont l’usine de petits pois risque de fermer. On est donc de plain-pied dans une famille ouvrière ordinaire. L’un des autres attraits de la série est l’utilisation d’un lexique du Nord – expliqué dans un glossaire à la fin –  Ce lexique a le mérite de ne pas être envahissant, mais de rendre hommage à des mots d’une langue populaire.

A suivre, bien évidemment… Et on attend la prochaine livraison avec impatience.